Élections de mi-mandat : Trump vers un rebond ou vers la fin ?
À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, l’étude dresse le bilan des deux premières années du second mandat de Donald Trump et décrypte les forces en présence. Le modèle du Millénaire donne aux démocrates 72,8 % de chances de reprendre la Chambre des représentants, mais seulement 30,2 % au Sénat.
Le constat
À l’approche des midterms du 3 novembre 2026, la cote de popularité de Donald Trump est tombée à 37 % et les électeurs préfèrent désormais les démocrates sur l’économie.
La cause
Croissance ralentie, prix de l’essence, guerre en Iran et méthodes de l’ICE fracturent la coalition qui l’avait porté au pouvoir en 2024.
La conséquence
Le modèle du Millénaire donne aux démocrates 72,8 % de chances de reprendre la Chambre, mais seulement 30,2 % au Sénat, ce qui rend probable un Congrès divisé.
Avant-propos
« You gotta win the midterms, ’cause if we don’t win the midterms, it’s just going to be, I mean, they’ll find a reason to impeach me » (Donald Trump, 6 janvier 2026).
Comme l’illustrent les propos ci-dessus, le 47ème président américain est à tel point conscient de la dimension clivante de sa présidence qu’il avoue risquer l’impeachment, le terme qui désigne la procédure de mise en accusation d’un président prévue par la Constitution américaine (article I pour la procédure, article II, section 4, pour les motifs), si le Parti républicain perd les midterms (les élections de mi-mandat en français). Par ailleurs, cela ne serait pas la première fois, puisque Donald Trump est le premier président américain à avoir fait l’objet d’une procédure de destitution à deux reprises en 2019 pour abus de pouvoir et entrave au Congrès (dans l’affaire de l’appel téléphonique avec Volodymyr Zelensky), et en 2021 pour incitation à l’insurrection suite à l’attaque du Capitole par des militants MAGA le 6 janvier 2021. Il sera finalement acquitté dans les deux procédures de destitution, car les Démocrates n’ont jamais réussi à obtenir la majorité des deux tiers requise au Sénat pour le faire condamner.
Par conséquent, ces élections de mi-mandat vont être déterminantes pour la suite du deuxième mandat présidentiel de Donald Trump, qui prendra fin le 20 janvier 2029. Ces élections de midterms sont comparables aux élections législatives en France. Aux États-Unis d’Amérique, le Congrès constitue le pouvoir législatif et il est à ce jour composé de 435 membres de la Chambre des représentants (218 républicains, 214 démocrates, 1 indépendant et 2 sièges vacants) ainsi que de 100 sénateurs (53 républicains, 45 démocrates et 2 indépendants). Son rôle est d’exercer un contre-pouvoir face à l’exécutif (le président et le vice-président). Un changement dans la composition du Congrès, qui actuellement est à majorité républicaine, peut entraîner un basculement des rapports de force entre les pouvoirs, c’est ce qu’on appelle un divided government (gouvernement divisé). Concrètement, dans l’hypothèse d’une majorité démocrate au Congrès, les démocrates pourront bloquer l’agenda législatif ou initier des batailles budgétaires et donc compromettre le projet politique MAGA de Donald Trump. Précisons également que lors de ces élections de mi-mandat, 36 sièges de gouverneurs sont mis en jeu à travers le pays. Bien qu’il s’agisse d’élections locales qui auront une plus grande influence au niveau étatique que fédéral, le gouverneur reste une personnalité clé de la politique américaine dans la mesure où ce dernier incarne un vrai pouvoir exécutif au niveau local (qui varie en fonction de la Constitution des États mais globalement les gouverneurs supervisent les organismes locaux). Le gouverneur de l’Illinois Jay Robert Pritzker avait, par exemple, tenu tête à Donald Trump en octobre 2025 lorsque l’Illinois a saisi la justice fédérale pour bloquer le déploiement de la Garde nationale à Chicago.
Les élections de mi-mandat, historiquement difficiles pour le parti au pouvoir. À ce jour, Trump n’a pas toutes les chances de son côté, la guerre en Iran s’éternise, fracturant sa base électorale et pesant sur le moral des Américains. En effet, les voyants sont dans le rouge. En août 2026, les opinions favorables de Donald Trump sont à 37 % selon le New York Times et dans un sondage Reuters/Ipsos du même mois, pour la première fois en dix ans, les électeurs préfèrent les démocrates aux républicains sur le thème de l’économie : 37 % ont estimé que le Parti démocrate avait une meilleure approche de l’économie américaine, contre 36 % pour le Parti républicain. Le modèle prévisionnel du Millénaire donne ainsi aux démocrates, au 20 octobre 2026, 72,8 % de chances de remporter la majorité à la Chambre des représentants, mais seulement 30,2 % au Sénat.
L’objectif de ce rapport est de décrypter la dynamique des élections de mi-mandat pour comprendre les forces et les faiblesses des deux partis. Dans une première partie, nous aborderons le bilan des deux premières années du deuxième mandat de Donald Trump. Dans une deuxième partie, nous aborderons l’histoire des élections de mi-mandat. Dans une troisième partie, nous décrypterons les forces en présence et les dynamiques au sein des partis démocrate et républicain dans le contexte des élections de mi-mandat de 2026.
Un bilan intérieur conforme au Project 2025
Un programme largement appliqué. Selon le Center for Progressive Reform et Governing for Impact, 53 % des mesures du Project 2025 de la Heritage Foundation ont été lancées ou mises en œuvre 12 mois après l’investiture, soit 283 mesures sur 532. Le décret 14215 du 18 février 2025 soumet les agences indépendantes au contrôle de la Maison-Blanche. L’allocation des fonds fédéraux passe désormais par l’Office of Management and Budget, dirigé par Russell Vought, l’un des architectes du Project 2025.
Une loi budgétaire géante. Promulgué le 4 juillet 2025, le One Big Beautiful Bill Act pérennise les baisses d’impôts de 2017 et supprime l’impôt sur les pourboires et les heures supplémentaires. Il finance une hausse de 150 milliards de dollars des budgets de l’immigration et de la défense par des coupes dans Medicaid et l’aide alimentaire. L’administration a ensuite demandé au Congrès 1 500 milliards de dollars pour la défense nationale pour l’année fiscale 2027.
Le DOGE en deçà de ses ambitions. Elon Musk ambitionnait de couper 2 000 milliards de dollars de dépenses. Le site du DOGE revendique environ 215 milliards de dollars d’économies, un chiffre contesté par la société civile américaine. Selon l’OMB, plus de 260 000 fonctionnaires fédéraux ont quitté l’administration en 2025, des départs qui ne sont pas tous imputables au DOGE.
La fermeté migratoire. Le Congrès a alloué environ 240 milliards de dollars à la détention et à l’expulsion d’immigrés, et les effectifs de l’ICE sont passés de 10 000 à 22 000 agents. Selon le département de la Sécurité intérieure, plus de 2,5 millions d’immigrés clandestins auraient quitté le territoire fin 2025, départs dits volontaires compris. L’administration revendique un solde migratoire négatif, une première depuis au moins cinquante ans.
Le tournant douanier. Le « Liberation Day » du 2 avril 2025 instaure la plus vaste hausse des droits de douane américains depuis 1930 : une taxe universelle de 10 % et 25 % sur l’acier, l’aluminium et les voitures. Les droits visant la Chine ont atteint 145 % à leur apogée. Le 20 février 2026, la Cour suprême a invalidé les droits de douane universels, jugeant que le président avait outrepassé les pouvoirs que lui confère la loi de 1977.
Une diplomatie de la force
L’Amérique d’abord, pas l’isolationnisme. Selon les auteurs, Donald Trump promettait une politique étrangère interventionniste mais réaliste, fondée sur le « peace through strength ». Il entendait pousser les Européens à financer davantage l’OTAN pour se concentrer sur la menace chinoise. Il affirmait pouvoir mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures.
Le Golden Dome. Le futur programme de défense antimissile est évalué à 175 milliards de dollars. Il placerait pour la première fois des armes américaines dans l’espace d’ici janvier 2029.
Cartels et Venezuela. Dès le 20 janvier 2025, le décret 14157 désigne les cartels de la drogue et les gangs criminels comme des organisations terroristes. Le 3 janvier 2026, l’opération « Absolute Resolve » conduit à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores. Tous deux ont été exfiltrés vers les États-Unis pour y être jugés.
L’accord de paix pour Gaza. Parrainé par Washington, il a été cosigné au sommet de Charm el-Cheikh le 13 octobre 2025 par les États-Unis, l’Égypte, le Qatar et la Turquie. Un Conseil de Paix créé et présidé par Donald Trump supervise la reconstruction et la transition politique à Gaza.
Une guerre en Iran sans adhésion. En mars 2026, 41 % des Américains soutenaient la guerre contre l’Iran. Ils étaient 76 % à soutenir la guerre d’Irak en 2003 et 97 % l’entrée dans la Seconde Guerre mondiale. Selon les auteurs, seul Barack Obama, en Libye en 2011, avait lui aussi échoué à rallier l’opinion autour d’une intervention.
Une coalition fracturée
Des voyants au rouge. La cote de popularité de Donald Trump est à 37 % au 20 août 2026 selon le New York Times, et elle n’a pas dépassé 40 % depuis avril. À la même période avant les midterms de 2018, elle atteignait 41 % selon Gallup. George W. Bush était à 38 % avant le scrutin de 2006, qui avait donné les deux chambres aux démocrates.
L’économie ne protège plus. Pour la première fois en dix ans, les électeurs préfèrent les démocrates (37 %) aux républicains (36 %) sur l’économie, selon Reuters/Ipsos. Le Silver Bulletin mesure 33 % d’approbation de la politique économique de Trump au 19 août, contre un pic de 48 % en février 2025. La croissance est retombée à 1,8 % en rythme annualisé au premier semestre 2026, et le gallon d’essence a atteint 4,56 dollars le 21 mai.
Les jeunes décrochent. Trump avait recueilli 46 % des voix des moins de 30 ans en 2024, contre 36 % en 2020, selon AP VoteCast. Au printemps 2026, le Yale Youth Poll relève que 68 % des 18-22 ans et 72 % des 23-29 ans désapprouvent son action. Seuls 29 % et 28 % d’entre eux voteraient pour un candidat républicain.
La base MAGA se divise. Les partisans MAGA, environ la moitié des républicains, approuvent Trump à 95 %. Mais la guerre en Iran a dressé contre lui des voix comme Tucker Carlson, Joe Rogan ou Marjorie Taylor Greene. Chez les républicains de 18 à 44 ans, seuls 40 % jugent que l’attaque contre l’Iran était la bonne décision. Près d’un électeur trumpiste sur quatre estime la campagne d’expulsion trop agressive.
Le parti de l’élite. Selon un sondage New York Times/Siena de septembre 2026, 43 % des électeurs probables jugent les républicains « élitistes », contre 33 % pour les démocrates. Les deux partis étaient à quasi-égalité en 2022. Pour les auteurs, ce renversement fragilise un président qui s’est construit depuis 2016 sur un profil antisystème.
Les États-Unis avant les midterms du 3 novembre
Soutien initial aux interventions militaires américaines (%)
Lecture : en mars 2026, 41 % des Américains soutenaient la guerre contre l’Iran, contre 76 % pour la guerre d’Irak en 2003.
Popularité du président avant les midterms (%)
Lecture : au 20 août 2026, la cote de popularité de Donald Trump était de 37 %, contre 41 % à la même période en 2018.
Sujet que les électeurs veulent voir traité en priorité, juillet 2026 (%)
Lecture : 29 % des électeurs inscrits citent spontanément les enjeux économiques, dont 15 % le coût de la vie et le pouvoir d’achat.
Le vote des jeunes et Donald Trump (%)
Lecture : au printemps 2026, 72 % des électeurs de 23 à 29 ans désapprouvaient l’action de Donald Trump.
Les neuf familles politiques américaines selon le Pew Research Center (% des adultes)
Lecture : le groupe Order and Opportunity Left représente 18 % des adultes américains, le plus important des neuf.
Dire que l’Amérique est à la croisée des chemins serait excessif ; considérer qu’il s’agit de midterms comme les autres serait manquer de jugement.
Les midterms, l’épine dans le pied du parti présidentiel
Une règle presque constante. Depuis 1982 au moins, les midterms coûtent en moyenne 22 sièges à la Chambre et trois au Sénat au parti présidentiel. Celui-ci a perdu au moins une chambre sept fois lors des 11 derniers scrutins. L’opposition en est ressortie quatre fois avec l’intégralité du Congrès.
Un autre électorat. La participation chute sans élection présidentielle : 66,6 % en 2020, 46 % en 2022. En 2010, elle n’atteint que 45 % contre plus de 63 % en 2008, selon le Census Bureau. Les sièges conquis dans l’élan d’une présidentielle reviennent alors à leur équilibre antérieur.
Le prix d’un Sénat perdu. Face à un Sénat républicain, Barack Obama n’a pu faire confirmer Merrick Garland, dont la nomination a été bloquée près d’un an après la mort d’Antonin Scalia en 2016. Selon les auteurs, la Cour suprême compterait sinon un juge libéral de plus, et la majorité conservatrice serait réduite à 5 contre 4.
Des exceptions. En 2002, porté par l’effet drapeau après le 11 septembre, le GOP prend le Sénat et conserve la Chambre. En 1998, avec un Bill Clinton à 65 % de popularité, les démocrates gagnent cinq sièges à la Chambre. En 2022, ils ne perdent que neuf sièges et en gagnent un au Sénat.
L’indicateur à suivre. Pour les auteurs, la vraie mesure d’un midterm est la progression de l’opposition au Generic Congressional Ballot. Les démocrates avaient progressé de 9,5 points entre 2016 et 2018. Les républicains n’avaient gagné que 5,9 points en 2022, contre près de 8 entre 2012 et 2014.
Le gerrymandering, symptôme d’une démocratie charcutée
Un sous-produit du système. Le recensement décennal sert à redécouper des districts d’environ 760 000 habitants, et les États dessinent leur propre carte. En Caroline du Nord, les républicains ont obtenu près de 53 % des voix en 2024 et 10 des 14 sièges, soit 71 % de la délégation. En 2016, le GOP avait remporté quelque 241 sièges sur 435 avec un petit point d’avance.
La guerre des cartes. Le Texas a lancé en 2025 un redécoupage en l’absence de nouveau recensement. La Californie de Gavin Newsom a riposté en modifiant cinq sièges. Après une décision de la Cour suprême fragilisant le Voting Rights Act, la cascade s’est conclue à ce stade par un gain net de neuf sièges pour le GOP.
Deux méthodes. En Louisiane, le gouverneur Jeff Landry a suspendu les primaires pour la Chambre déjà engagées, rendant caducs quelque 42 000 bulletins par correspondance. En Virginie, la nouvelle carte adoptée par près de 52 % des votants a été annulée par la Cour suprême de l’État. Selon les auteurs, les républicains imposent leurs cartes quand les démocrates passent par le référendum.
Une démocratie qui doute d’elle-même. Selon une étude publiée en 2025 dans State Politics & Policy Quarterly, la probabilité de se dire satisfait de la démocratie n’est que de 25 % chez les plus insatisfaits du redécoupage, contre 85 % chez les plus satisfaits. Le nombre d’élus modérés au Congrès est passé de plus de 160 au début des années 1970 à environ deux douzaines. La police du Capitole a ouvert près de 15 000 enquêtes pour menaces contre des élus en 2025, contre 9 500 l’année précédente.
Le poids de l’argent. Un individu ne peut donner plus de 3 500 dollars par élection à un même candidat. Depuis l’arrêt Citizens United, les Super PAC peuvent pourtant lever et dépenser des sommes illimitées. MAGA Inc. dispose de plus de 400 millions de dollars, et 16 des 20 plus riches donateurs du pays se sont rangés derrière le GOP.
Une nation inquiète
L’économie d’abord. En juillet 2026, 29 % des électeurs inscrits citent spontanément l’économie comme priorité, dont 15 % le coût de la vie, selon le Pew Research Center. Viennent ensuite l’éthique publique et la réforme des institutions (9 %), puis l’immigration (7 %). Pour 2025, la Fed relève que 23 % des locataires ont été en retard de loyer au moins une fois, six points de plus qu’en 2021.
Le choc énergétique. Le gallon d’essence atteint 4,36 dollars en moyenne en septembre, environ 1,19 dollar de plus sur un an (+37,6 %). L’essence a représenté à elle seule plus du tiers de la hausse mensuelle des prix en août. Pour les auteurs, la guerre en Iran en est le facteur déterminant.
Les agriculteurs touchés. Les exportations de soja vers la Chine sont tombées de 26,8 millions de tonnes en 2024 à 7,2 millions en 2025, soit une chute de 73 %. En valeur, elles ont reculé de 12,6 à 3,1 milliards de dollars. L’Iowa, gagné par Trump avec plus de 10 points d’avance, est devenu compétitif.
L’immigration change de terrain. Les interpellations à la frontière sud-ouest sont tombées à près de 9 000 en août 2026, contre près de 250 000 en décembre 2023. Le débat porte désormais sur les méthodes : selon Human Rights Watch, 52 personnes sont mortes sous la garde de l’ICE dans les 500 premiers jours du mandat. En avril 2026, 54 % des électeurs inscrits désapprouvaient la gestion de l’immigration par l’administration.
Santé et intelligence artificielle. Selon le Congressional Budget Office, la loi budgétaire de 2025 laissera 10 millions de personnes supplémentaires sans assurance maladie d’ici 2034. Les data centers pourraient représenter jusqu’à 9 % de la consommation électrique du pays d’ici 2030. Les démocrates s’en saisissent pour réclamer un meilleur contrôle de l’IA.
de chances pour les démocrates de remporter la Chambre des représentants, mais seulement 30,2 % pour le Sénat, selon le modèle prévisionnel du Millénaire au 20 octobre 2026.
Les États clés et les stratégies des deux partis
Un Sénat difficile à conquérir. Les républicains détiennent 53 sièges et les démocrates doivent en gagner quatre, car en cas d’égalité la voix du vice-président JD Vance départagerait. Cinq des courses les plus disputées se jouent dans des États gagnés par Trump en 2024 avec un écart à deux chiffres : l’Alaska, l’Iowa, le Kansas, l’Ohio et le Texas.
Les ressorts des courses serrées. Les auteurs retiennent cinq facteurs : le redécoupage, le profil des candidats, la démographie, les effets de la politique de Trump et la dynamique démocrate. Le 8e district du Colorado compte près de 40 % d’Hispaniques. Au Kansas, le sénateur Roger Marshall a pris ses distances avec les menaces visant Bombardier, qui emploie plus de 1 200 personnes dans l’État.
La stratégie républicaine. Le GOP dépeint les démocrates en extrémistes et ressasse le mandat de Joe Biden, cité près de 900 fois par Trump depuis janvier 2026. MAGA Inc. affichait 415,8 millions de dollars de liquidités fin août, et Elon Musk avait injecté 276 millions de dollars dans les midterms au 12 octobre. Entre janvier et juin 2026, près de 300 publicités nationales républicaines portaient sur l’immigration.
Une promesse coûteuse. Lors de la convention de Dallas, la première convention de mi-mandat de l’histoire du parti, Trump a promis un dividende de 5 000 dollars à chaque adulte en cas de victoire républicaine dans les deux chambres. Pour 245 millions d’Américains majeurs, le coût atteindrait environ 1 200 milliards de dollars. Le budget fédéral avoisine 7 000 milliards de dollars.
Des démocrates recentrés. Le parti a remisé l’avortement et le progressisme culturel au profit du pouvoir d’achat : 35 % des électeurs lui font davantage confiance sur le coût de la vie, contre 24 % aux républicains. Huit des dix candidats au Sénat ayant recueilli le plus de dons sont démocrates, pour 347 millions de dollars. Le Senate Leadership Fund a suspendu 18 millions de dollars de dépenses prévues en Caroline du Nord et réservé 8,2 millions au Kansas.
Conclusion : le verdict du modèle du Millénaire
Un scénario intermédiaire. Au 20 octobre 2026, le modèle prévisionnel du Millénaire donne aux démocrates 72,8 % de chances de remporter la Chambre des représentants. Leurs chances au Sénat ne sont que de 30,2 %.
Deux autres issues. La vague bleue peut se confirmer et offrir aux démocrates les deux chambres. À l’inverse, la base MAGA et les modérés peuvent se mobiliser et donner la victoire au Parti républicain, comme une répétition inversée des midterms de 2022.
Une bataille pour l’identité de l’Amérique. Pour les auteurs, le résultat conditionnera la stratégie des deux partis pour la présidentielle de 2028. Il départagera une Amérique trumpiste attachée à sa seconde révolution conservatrice et une Amérique démocrate qui oscille entre centrisme et socialisme.
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Sean Scull et Augustin Bataille
Spécialiste des États-Unis au Millénaire ; Analyste au Millénaire.
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