Quand les démocrates se cherchent leur Trump

Note du Millénaire Affaires étrangères et Défense

Dans quel état est l’opposition à Trump à 6 mois des midterms ?

Le parti républicain a refondu son logiciel avec Donald Trump, alors que le parti démocrate est resté figé sur le modèle Clinton et Obama. À six mois des élections de mi-mandat, la note analyse l’état de l’opposition, ses succès récents et les figures qui cherchent à incarner un nouveau paradigme démocrate.

AB
Augustin Bataille, Sean ScullAnalyste au Millénaire ; Géopolitologue et chargé d’études États-Unis
30 mars 2026
33 pages · lecture 14 min
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En bref

Le constat

Le parti démocrate n’a pas changé son logiciel depuis Bill Clinton, alors que le trumpisme a refondu la droite américaine et conquis de nouveaux électorats.

La cause

Une stratégie fondée sur la démographie, une élite âgée et un bilan Biden difficile à défendre ont conduit à la défaite de 2024.

La conséquence

Les erreurs de l’administration Trump offrent une fenêtre d’opportunité, mais les Démocrates doivent bâtir un nouveau paradigme et trouver une incarnation.

Principaux constats
0181 000 $le revenu médian des circonscriptions démocrates, contre 69 000 $ chez les Républicains, alors que l’écart était inverse en 2009.
0258 %des voix pour Donald Trump en 2024 à Starr County (Texas), contre près de 80 % pour Hillary Clinton en 2016.
0318 %des électeurs démocrates disent soutenir le gouvernement israélien.
046 millionsde personnes ont manifesté lors du No Kings Day.
05258 procèsjugés contre l’administration fédérale, dont plus de la moitié l’ont contrainte à faire machine arrière.
0641 joursla durée du plus long shutdown de l’histoire américaine.

Avant-propos

9 millions d’Américains sont descendus dans les rues ce dimanche 29 mars pour s’opposer à Donald Trump. Le président américain élu triomphalement en remportant tous les swing States il y a moins de un an et demi est progressivement devenu impopulaire. Sa cote de confiance se situe à ce stade à 39 % d’opinions favorables dans les derniers sondages, un chiffre plus faible que Barack Obama ou Joe Biden au même niveau de réalisation de leur mandat respectif.

Le parti Républicain est mort, vive le parti Républicain : le Grand Old Party (GOP) d’aujourd’hui n’a strictement rien à voir avec celui de Mitt Romney, c’est pourquoi il dispose des pleins pouvoirs à Washington D.C. De fait, l’irruption du Président Trump sur la scène politique s’est accompagnée d’une refonte complète du logiciel du GOP, lui permettant par là même de conquérir de nouveaux électorats (Hispaniques, Afro-Américains, personnes les moins diplômées). 

Afin d’illustrer en quoi Donald Trump et son mouvement politique incarnent un moment disruptif dans l’histoire politique américaine, il est nécessaire de tenter de décrire les contours du trumpisme. Celui-ci naît d’une agglomération de révoltes d’une partie des Américains déçus par l’offre politique au début des années 2010, classes moyennes en tête.Il s’agit d’un véritable renversement de paradigme s’accompagnant d’une rhétorique et d’un programme qui s’adressent aux perdants de la mondialisation néolibérale, notamment aux travailleurs col-bleu des États de la Rust Belt, d’où l’effritement du Blue Wall censé protéger les Démocrates. En matière de politique étrangère, la vision du Président Trump rompt avec le multilatéralisme. Le Président Trump est un réaliste qui préfère les relations bilatérales et les deals aux organisations internationales qu’il juge inefficaces et favorables aux ennemis de l’Amérique, au premier rang desquels figure la Chine. Justement, Pékin est devenu à ses yeux un rival systémique cherchant à contester la suprématie américaine. Il marque là encore une rupture avec des décennies de leadership américain sur le monde du fait de son goût pour le rapport de force et de son aversion pour les principes idéologiques abstraits. En conséquence, le modèle américain n’est plus pensé pour être répliqué ni même pour être désirable mais simplement pour satisfaire les intérêts immédiats des États-Unis, comme en témoigne un désengagement des fronts internationaux, que ce soit en réduisant la voilure en Europe ou en refusant de participer à la lutte contre le dérèglement climatique. Surtout, le trumpisme est parvenu pendant sa décennie d’existence à s’institutionnaliser en développant un corpus idéologique crédible qui répond au cri d’une Amérique profonde traversée par un sentiment de dépossession de son propre pays. Le trumpisme a réussi à casser les codes et à proposer une alternative idéologique au centrisme libéral en faisant la promotion d’une révolution conservatrice anti-woke, prônant des valeurs traidtionnelles, combattant l’État profond et les médias, adoptant une posture anti-immigration et défendant une certaine vision de l’Amérique. En d’autres termes, il propose un projet de société alternatif à celui d’une Amérique perçue comme à la dérive et en déclin. Pendant l’élection de 2024 ce projet a été théorisé par la Heritage Fondation qui s’est attelé à coucher sur le papier le Project 2025. En bref, le trumpisme est un bouleversement intérieur et extérieur qui rend obsolète les anciennes grilles de lecture, une synthèse périlleuse qui a su porter ses fruits et qui pourrait bien survivre à sa principale incarnation. Au-delà de son contenu, il faut donc reconnaître à cette révolution trumpienne sa puissance transformatrice, sa capacité à faire basculer le monde d’un paradigme à un autre.

Face à cela, le Parti démocrate n’a pas changé, son logiciel est resté plus ou moins le même que depuis le Président Bill Clinton tandis que l’essentiel de son état-major est constitué de vétérans des années 1990. En somme, il semble que les Démocrates ne sont plus en phase avec la réalité des aspirations du peuple américain. Certes, la personnalité du Président Obama leur a assuré deux victoires consécutives mais elles n’ont pas été accompagnées de ruptures majeures ; la vitrine a changé mais pas l’arrière-boutique. Pourtant, la capacité à faire sa mue idéologique est un enjeu majeur de la conquête pérenne du pouvoir, surtout aux États-Unis où l’on constate que l’opposition ne revient sur le devant de la scène qu’en se réinventant. Exemple typique, la révolution conservatrice de Goldwater a sauvé les Républicains dans les années 1980 avant que le Nouveau Centre de Clinton ne vienne à la rescousse de Démocrates en perdition. Chaque fois qu’un camp change de paradigme, l’autre en change aussi selon un jeu de balancier. C’est ce qui manque, à ce jour, aux Démocrates, notamment car la victoire du Président Biden, en pleine pandémie et après quatre ans d’un mandat erratique, a agi comme un trompe-l’œil en leur faisant croire qu’ils avaient renoué avec les électeurs, qu’ils n’avaient pas besoin de procéder à un travail d’introspection. Heureusement pour eux, les errements de l’administration actuelle leur fournissent une fenêtre d’opportunité unique en pleine année électorale. Alors que le prix du gallon d’essence s’envole, que la base MAGA se fracture sur l’affaire Epstein mais aussi sur la guerre en Iran, le GOP enregistre ses premières défections et ceux-ci apparaissent de plus en plus commune alternative crédible pour les midterms. Ce qu’il se passe actuellement aux États-Unis est de l’ordre du séisme, il ne reste aux Démocrates qu’à tirer les marrons du feu. Si, à l’approche des élections de mi-mandat, ceux-ci semblent avoir pris conscience de l’urgence d’une révolution idéologique, tout reste à faire pour la mettre en place. Surtout, ce nouveau logiciel aura besoin d’une incarnation forte et légitime pour être crédible au niveau national, c’est pourquoi un débat interne s’annonce inévitable.

D’un mot, les Démocrates se cherchent leur Trump. Précisons que l’objectif de cette note n’est pas de promouvoir une copie démocrate de Donald Trump mais plutôt de comprendre comment les Démocrates pourraient tendre vers une fonction politique renouvelée et exister dans une Amérique polarisée. En ce sens, il aurait besoin d’un chef capable de rompre avec le logiciel Clinton–Obama, de reconstruire une coalition transversale (cols bleus, minorités, classes moyennes fragilisées, indépendants…) et d’assumer un style de confrontation avec les élites économiques et médiatiques, tout en réorientant le discours du parti sur le coût de la vie, la sécurité, l’immigration et la santé plutôt que sur les seules questions symboliques.

Dès lors, comment les Démocrates peuvent-ils se réinventer pour espérer remporter les midterms de 2026 puis reprendre la Maison Blanche en 2028 ?

Sous la direction de Sean Scull, Chargé d’études pour les États-Unis au Millénaire, et Pierre Clairé, Directeur adjoint pour les affaires étrangères et européennes

La défaite de 2024 ou le baroud d’honneur d’un parti démocrate à l’agonie

Un bilan et une conjoncture défavorables. La note estime que la défaite s’explique par deux facteurs : un contexte international où tous les partis au pouvoir ont subi des revers, et un bilan de l’administration Biden jugé pratiquement indéfendable en politique étrangère, du retrait d’Afghanistan en 2021 à la guerre à Gaza et au conflit russo-ukrainien. Environ 96 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine ont laissé un goût amer à de nombreux électeurs. Sur le plan intérieur, l’inflation était descendue sous 3 % à partir de juin 2024, mais la douzaine d’œufs est passée de 2,2 à 4,5 dollars entre 2023 et 2024 et l’inflation cumulée atteint 20 % sur quatre ans. Plus de 4 millions de migrants illégaux sont entrés aux États-Unis entre 2021 et 2025.

Une stratégie électorale surannée. Depuis les années 2000, les Démocrates comptaient sur la démographie : Latinos, Afro-Américains, diplômés et urbains devaient former des contingents toujours plus nombreux. L’élection de 2024 a invalidé ce pari. À Starr County, au Texas, où 97 % de la population est hispanique, Hillary Clinton l’avait emporté avec près de 80 % des voix en 2016 et Donald Trump l’a fait basculer en 2024 avec 58 %. En Arizona, le droit à l’avortement a été inscrit dans la Constitution par 62 % des électeurs, dont plus de 52 % ont voté pour Donald Trump.

Une coalition qui a changé. En 2009, le revenu médian par foyer était de 67 000 dollars dans la circonscription démocrate moyenne et de 70 000 dollars dans la républicaine. Il est aujourd’hui de 81 000 dollars chez les Démocrates et de 69 000 dollars chez les Républicains. Les Démocrates accusent un triple déficit, géographique, éducatif et masculin : 55 % des hommes ont choisi Donald Trump.

Une élite déconnectée. La note décrit une campagne de « déni » : déni de l’âge du président Biden, déni du mécontentement de la base sur Gaza, avec la ville de Dearborn que Donald Trump a remportée avec 42 % des voix contre 69 % pour Joe Biden en 2020, et déni des errements de l’administration. Faute de débat interne, le parti ménage la chèvre et le chou entre le centre et l’aile gauche.

58 %

des suffrages pour Donald Trump en 2024 à Starr County (Texas), où 97 % de la population est hispanique, contre près de 80 % pour Hillary Clinton en 2016.

Note, p. 8, d’après le US Census Bureau

Un espace politique existe encore pour les démocrates

Un parti toujours en vie. Après les succès de novembre 2025, Abigail Spanberger a remporté la Virginie avec 52 % des voix, et les Démocrates ont gagné six sièges à la Chambre locale ainsi que les postes de lieutenant-gouverneur et de procureur général. Les anciens sénateurs Tester et Brown reviennent, tandis que le gouverneur Kemp a renoncé en Géorgie. Dans l’Iowa, Catelin Drey a remporté un siège de sénateur d’État avec plus de dix points d’avance dans une circonscription agricole tenue par les Républicains depuis 15 ans.

Un atout économique. Les candidats démocrates à la présidentielle remportent systématiquement les comtés représentant entre les deux tiers et les trois quarts du PIB des États-Unis. George Soros a engagé 10 millions de dollars dans la contre-proposition de redécoupage en Californie, et l’entreprise American Crystal Sugar a donné 1,2 million de dollars à des candidats démocrates en 2025.

Une prudence nécessaire. La victoire tient davantage au rejet de Donald Trump qu’à une adhésion au projet démocrate : Jake Ciattarelli a recueilli 43 % des voix au New Jersey, où 40 % de la population approuve la politique du président.

Les défaillances de l’administration Trump

La santé. Avec la One Big Beautiful Bill, près de 23 millions d’Américains verront leur facture médicale augmenter et plus de 700 hôpitaux ruraux risquent de faire faillite d’ici cinq ans. La moitié des bénéficiaires de l’Affordable Care Act vivent dans des circonscriptions républicaines.

Les droits de douane. Les exportations de soja vers la Chine ont baissé de 30 % depuis janvier 2025, ce qui explique en partie le doublement des faillites de fermes, même si le total reste relativement bas.

L’immigration. Environ 170 citoyens américains ont été arrêtés par erreur et deux tiers des personnes expulsées n’ont commis aucun crime hormis le séjour irrégulier. La popularité de Donald Trump a baissé de 20 % auprès des Hispaniques qui avaient voté pour lui en 2024.

La politique étrangère. Seul un tiers des Américains soutiennent les actions militaires en Iran, contre 72 % de soutien à la deuxième guerre du Golfe à ses débuts. La note voit les Démocrates en passe de retirer au GOP l’image d’un parti sérieux en géopolitique.

Le présidentialisme américain est tel que les Démocrates auront besoin d’une incarnation puissante pour porter un projet de rupture.

Le retour de l’esprit de combat

Après une période de léthargie, les Démocrates ont provoqué le plus long shutdown de l’histoire américaine, avant que quelques élus ne se ravisent au bout de 41 jours. Le parti a coordonné les manifestations du No Kings Day, qui ont réuni six millions de personnes, et le sénateur Booker a tenu la parole au Sénat pendant près de 25 heures.

Sur le terrain judiciaire, plus de la moitié des 258 procès intentés contre l’administration fédérale et déjà jugés ont contraint la Maison blanche à faire machine arrière. Les Démocrates préparent aussi un plan pour empêcher les Républicains de gagner une dizaine de sièges si la Cour suprême casse le paragraphe 2 du Voting Rights Act.

Le plus dur reste à faire : bâtir un nouveau paradigme et trouver une incarnation

La note compare la situation à celle des Républicains en 2013, quand plusieurs lignes incompatibles coexistaient avant l’arrivée de Donald Trump. Elle ne cherche pas à désigner un candidat pour 2028, mais à analyser quatre trajectoires.

Gavin Newsom. Le gouverneur de Californie imite la communication de Donald Trump et se positionne en champion de la lutte contre le charcutage électoral : sa nouvelle carte a été adoptée avec près de 65 % des voix. Il a relevé le salaire minimum à 16,90 dollars de l’heure et plafonné le prix de l’insuline à 11 dollars. Son handicap est un faible potentiel électoral national, la Californie affichant le 9e taux de crime pour 100 000 habitants.

Dan Osborn et Graham Platner. En 2024, les Démocrates ont laissé le champ libre à Dan Osborn au Nebraska, qui a obtenu près de 46 % des voix, obligeant la sénatrice Deb Fischer à dépenser près de 8 millions de dollars contre 6 millions en 2018. Dans le Maine, Graham Platner a récolté près d’un million de dollars en neuf jours avec un programme de rupture, mêlant sécurité sociale universelle et limite de mandats.

Zohran Mamdani. Le maire de New York a obtenu 80 % des voix à East Village, quartier où le loyer moyen atteint 2 348 dollars et le revenu médian 120 000 dollars. Son programme comprend des bus gratuits, des épiceries publiques, un salaire minimum à 30 dollars, un gel des loyers et une flat tax de 2 % sur le centile le plus fortuné. La tournée Fighting the Oligarchy de Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez a réuni 12 500 personnes à Nampa, dans un Idaho qui a voté à plus de 66 % pour Donald Trump.

James Talarico. Candidat au Sénat au Texas, où aucun Démocrate n’a remporté d’élection depuis 1994, ce pasteur de 36 ans a levé plus de 6 millions de dollars en trois semaines, dont 98 % en dons inférieurs à 100 dollars. Il n’a pas publié de programme, et s’il gagnait, il deviendrait l’un des favoris pour porter les couleurs du parti.

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L’opposition à Trump en chiffres

Vote pour le candidat du parti dominant, Starr County, Texas (en %)

Clinton 2016près de 80 %Trump 202458 %
Lecture

Hillary Clinton avait obtenu près de 80 % des voix en 2016, Donald Trump 58 % en 2024.

Note, p. 8, 9, 10, 16, 23 : US Census Bureau, New York Times, AP-NORC, Open Secrets

La refonte de la politique étrangère

Une rupture avec Israël. Seuls 18 % des électeurs démocrates disent soutenir le gouvernement israélien. 47 parlementaires ont demandé à la Maison blanche la reconnaissance d’un État de Palestine.

L’aide au développement. Les sénateurs démocrates dénoncent presque unanimement le plan de soutien de 20 milliards à l’Argentine, et le sénateur Van Hollen s’est rendu au Salvador pour s’enquérir des conditions de détention de Kilmar Abrego Garcia.

La politique tarifaire. Le sénateur Brown défend le protectionnisme, tandis que le gouverneur Polis plaide pour le libre-échange.

Conclusion

Le parti démocrate est à un tournant. Refuser de réviser son projet et de renouveler sa classe politique ne le conduirait probablement qu’à la défaite, alors qu’il a désormais les cartes en main pour se positionner en opposition franche au GOP et en alternative. Sur le coût de la vie, la sécurité, l’immigration et la santé, la note estime qu’ils ont un vrai coup à jouer.

Elle conclut que les Démocrates auront besoin d’une incarnation puissante pour porter un projet de rupture, au terme d’un débat interne qui animera les deux prochaines années.

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Le rapport complet

Quand les démocrates se cherchent leur Trump

33 pages.

Citer cette note

Bataille A., Scull S., « Quand les démocrates se cherchent leur Trump », Note du Millénaire, 30 mars 2026, lemillenaire.org.

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L’auteur

Augustin Bataille et Sean Scull

Analyste au Millénaire ; Géopolitologue et chargé d’études États-Unis.

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Crédit photo : Les Midterms aux Etats-Unis: des élections à haut risque, Ted Eytan, via Fondation Gabriel Péri sous license CC BY-SA 4.0. 

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