Le Millénaire cité par The Economist : « Can Lula, now the underdog, pull off one last trick? »

Article publié dansThe Economistle 21 octobre 2026 · l’original ↗

« Can Lula, now the underdog, pull off one last trick? »

Reportage de The Economist à Monte Sião, dans le Minas Gerais, à quatre jours du second tour de la présidentielle brésilienne. L’hebdomadaire britannique cite le modèle prévisionnel du Millénaire, qui donne 82 % de chances de victoire à Flávio Bolsonaro malgré le resserrement des sondages.

Par la rédaction de The Economist

Lula lors du lancement officiel de sa campagne, 16 août 2026
Crédit photo : Lula lors du lancement officiel de sa campagne, São Bernardo do Campo, 16 août 2026, par Ricardo Stuckert, via Wikimedia Commons sous licence CC BY-SA 4.0.
Les chiffres de l’article
82 %de chances de victoire pour Flávio Bolsonaro selon le modèle du Millénaire, cité par The Economist
47 %des voix pour Flávio Bolsonaro au premier tour, le 4 octobre, contre 45 % pour Lula
58milliards de dollars : coût possible des nouvelles mesures de Lula d’ici fin 2027Source citée : Institution fiscale indépendante, rattachée au Sénat brésilien
33points de retard pour Lula sur Flávio Bolsonaro chez les électeurs évangéliques

Le 21 octobre 2026, à quatre jours du second tour de l’élection présidentielle brésilienne du 25 octobre, The Economist publie un reportage depuis Monte Sião, dans l’État du Minas Gerais. L’hebdomadaire décrit un scrutin qui s’annonce comme le plus serré depuis le retour du Brésil à la démocratie en 1985. Il oppose Luiz Inácio Lula da Silva, président sortant de 80 ans, à Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.

Au premier tour, le 4 octobre, Flávio Bolsonaro a obtenu 47 % des voix, contre 45 % pour Lula. Le journal rappelle qu’aucun candidat battu au premier tour n’a jamais remporté le second. Depuis, Lula multiplie les initiatives : vidéos publiées sur Instagram, soutien à l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale pour les crimes graves, réduction de la semaine de travail de 44 à 40 heures sans baisse de salaire.

The Economist détaille aussi les promesses de dépenses du président sortant : effacement des dettes fiscales fédérales des micro-entrepreneurs, versement de 1 000 dollars à un million d’entre eux, gratuité des transports publics le week-end. Selon l’Institution fiscale indépendante, rattachée au Sénat brésilien, l’ensemble des nouvelles mesures pourrait coûter 58 milliards de dollars d’ici fin 2027, soit plus de 2 % du PIB.

Ces annonces réduisent l’écart, en particulier chez les femmes, et certains sondages placent désormais les deux candidats à égalité. L’hebdomadaire rappelle toutefois que les instituts brésiliens ont plusieurs fois sous-estimé le vote de droite, y compris avant le premier tour, où ils donnaient Lula en tête. C’est dans ce contexte qu’il cite le modèle prévisionnel du Millénaire, présenté comme un institut de prévision électorale basé à Paris : malgré le resserrement des sondages, il donne à Flávio Bolsonaro 82 % de chances de l’emporter. Trois des quatre candidats de droite éliminés au premier tour, qui totalisaient 8 % des voix, ont appelé à voter pour lui.

« Despite the narrowing polls, Le Millénaire […] puts his odds of victory at 82% »

Le reportage dans le Minas Gerais, deuxième État le plus peuplé du pays, montre la difficulté de la tâche pour Lula. Aucun président n’a été élu sans remporter cet État. Lula l’avait gagné en 2022, mais il l’a perdu de cinq points le 4 octobre. À Monte Sião, ville de 25 000 habitants où quelque 2 000 petits ateliers fabriquent des vêtements en maille, et à Poços de Caldas, les habitants interrogés évoquent le coût de la vie, le poids des impôts et des taux d’intérêt, et une lassitude envers le Parti des travailleurs, au pouvoir 18 des 24 dernières années.

The Economist souligne enfin les difficultés du PT à s’adapter à un Brésil plus évangélique, où le travail indépendant progresse. Le nombre de micro-entrepreneurs enregistrés est passé de moins d’un million en 2010 à 15 millions, et Lula accuse un retard de 33 points sur Flávio Bolsonaro chez les électeurs évangéliques. La droite domine aussi les réseaux sociaux : avant le premier tour, la campagne de Flávio Bolsonaro a dépensé au moins 2 millions de dollars pour promouvoir ses contenus en ligne, contre à peine 500 000 dollars pour celle de Lula.

Article publié dans The Economist le 21 octobre 2026. Lire sur economist.com

Pour soutenir nos analyses ou nous rejoindre pour rendre sa grandeur à la France : nous soutenir · nous rejoindre.

Pour aller plus loin

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.