Israël, dans le camp des ingouvernables ? Comment Netanyahou a déjoué les sondages

Rapport du Millénaire Affaires étrangères et Défense

Élections législatives en Israël : l’analyse électorale et politique du scrutin du 27 octobre 2026

Le 23 octobre, aucun institut ne donnait plus de 21 sièges au Likoud. Au relevé du 28 octobre, notre projection lui en attribue 27, six de plus que Yashar!, la liste de Gadi Eisenkot que les derniers sondages plaçaient en tête. Mais le bloc Netanyahou tombe de 64 à 53 sièges, et ses adversaires, à 48, sont encore plus loin des 61. À partir des sondages de sortie des urnes, de notre projection du dépouillement et des résultats par localité et par quartier, Antranig Kevorkian, William Thay et Matthieu Hocque expliquent comment Netanyahou a déjoué les sondages et pourquoi Israël entre dans le camp des ingouvernables.

LM
Antranig Kevorkian, William Thay, Matthieu HocqueAnalyste international du Millénaire ; Président du Millénaire ; Directeur général du Millénaire
29 octobre 2026
53 pages · lecture 23 min
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Couverture du rapport : Israël, dans le camp des ingouvernables ? Comment Netanyahou a déjoué les sondages
En bref

Le constat

Le Likoud finit premier avec 27 sièges dans notre projection, six de plus que Yashar!. Mais le bloc Netanyahou passe de 64 à 53 sièges et perd sa majorité, sans que ses adversaires, à 48, en approchent.

La cause

La participation des localités arabes, passée de 53,8 % à 78,8 %, et l’effondrement de Shas, de 11 à 6 sièges. Dans les localités juives, le bloc Netanyahou recule d’environ trois points, presque partout.

La conséquence

Personne n’a 61 sièges. Le camp anti-Netanyahou ne peut gouverner sans les listes arabes qu’il a exclues, et Netanyahou reste Premier ministre tant qu’aucun gouvernement n’est investi.

Principaux constats
0127 siègespour le Likoud dans notre projection, six de plus que Yashar! et que les meilleurs sondages du 23 octobre
0253 siègespour le bloc Netanyahou, contre 64 en 2022 : la majorité sortante est perdue
0348 siègespour le camp anti-Netanyahou, encore plus loin des 61 et dépendant des listes arabes qu’il a exclues
0478,8 %de participation dans les localités arabes à la fermeture, contre 53,8 % en 2022
0519 siègespour les deux listes arabes, au-delà du record de 15 sièges établi par la Liste commune en 2020
0669 %des simulations de notre forecast du 24 octobre donnaient déjà un Parlement sans majorité

Avant-propos

Le soir de l’élection, chaque camp avait sa propre lecture des résultats. Le 28 octobre, à 3 h 14 du matin, Benjamin Netanyahou monte à la tribune du Likoud, à Jérusalem, et proclame que le Likoud reste « le plus grand parti d’Israël ». Vers 1 heure, à Tel Aviv, Naftali Bennett annonçait quant à lui : « Netanyahou a perdu, et le gouvernement du 7 Octobre rentre chez lui ! » Le décompte a ensuite fait évoluer la tendance. Au relevé de 14 h 32 de la Commission électorale centrale, le Likoud dépasse un million de voix. Notre projection lui donne 27 sièges, six de plus que Yashar!, la liste de Gadi Eisenkot que les trois dernières enquêtes plaçaient en tête. En voix, son camp reste devant, à 43,3 % contre 40,9 % pour ses adversaires.

Netanyahou a fait campagne trois ans après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, avec deux ans de guerre à Gaza derrière lui, une guerre contre l’Iran à la fin de l’hiver, un procès pour corruption toujours en cours et des alliés ultra-orthodoxes qui avaient eux-mêmes provoqué une crise politique sur la conscription. Le Likoud finit pourtant premier, et de loin. Son bloc, lui, passe de 64 à 53 sièges et perd la majorité. Shas s’effondre, et les localités arabes ont voté plus qu’à aucun scrutin depuis 2019. Mais ses adversaires, avec 48 sièges, sont encore plus loin des 61, et ils ne peuvent gouverner sans les listes arabes, une hypothèse qu’ils ont exclue pendant toute la campagne. Notre forecast du 24 octobre donnait déjà un Parlement sans majorité dans 69 % des simulations, et une majorité du bloc anti-Netanyahou dans 7 % seulement.

Comment Netanyahou, que presque tous les sondages plaçaient derrière Eisenkot, a-t-il fait du Likoud le premier parti d’Israël avec six sièges d’avance ? Et que peut-il faire d’une victoire qui ne lui donne pas de majorité avec ses alliés traditionnels ? Ce rapport revient sur la nuit du 27 octobre, sur la campagne, sur le résultat et la participation, puis sur la carte du vote, de Bnei Brak aux quartiers populaires du sud de Tel Aviv, avant d’examiner les voies vers un gouvernement. Au moment de l’écriture, environ 84 % des voix attendues étaient comptées : les sièges cités sont ceux de notre projection, et les résultats officiels seront publiés le 4 novembre.

Le résultat du 27 octobre

Trois récits à 22 heures. Selon l’institut, la coalition Eisenkot pouvait être annoncée à 62 sièges comme à 49 à deux jours d’intervalle : c’est pourquoi nous avons cherché à neutraliser le poids des sondages dans notre analyse. À la fermeture des bureaux, six chaînes publient leur sondage de sortie. Kan 11, Channel 12 et Channel 13 mettent le camp anti-Netanyahou devant, loin de 61 sièges ; Channel 14 donne 60 sièges au camp Netanyahou ; i24 News et Channel 16 sont entre les deux. Le Likoud arrive en tête dans les six sondages, de 24 à 30 sièges, devant Yashar!, de 19 à 23, et aucune chaîne ne donne de majorité.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableau 1, p. 6.

Des révisions dans la nuit. Kan 11 relève d’abord la Liste commune, vers 23 heures, puis le Likoud. Channel 12 et Channel 13 relèvent le Likoud de deux à trois sièges. À la fin de la nuit, les trois grandes chaînes lui donnent toutes 27 sièges, après avoir commencé à 24 ou 25. Channel 14 a aussi révisé son estimation : une de ses versions donnait 62 sièges au camp Netanyahou, avant qu’il ne « redescende » à 60 sièges à 2 h 54.

Le décompte : 65 sièges à 2 %, 53 à 84 %. Les premiers résultats de la Commission électorale centrale arrivent peu après minuit, avec 15 bureaux et 2 670 voix. Les petites localités juives remontent d’abord, puis les grandes villes du centre ; les localités arabes viennent en dernier, avant les enveloppes extérieures. À 2 % des voix, les sièges calculés sur le seul décompte donnent 65 sièges au camp Netanyahou, et Raam, à 2,75 %, est sous le seuil. À 4 h 47, Raam passe le seuil avec 3,67 %, et le décompte brut rejoint peu à peu la projection : 55 sièges à la moitié, 54 aux trois quarts et 53 à 84 %.

Une projection stable. Notre projection a beaucoup moins bougé que le décompte brut. Elle comparait chaque localité dépouillée à son propre vote de 2022, puis appliquait le même écart à ce qui restait à compter. Résultat : 53 sièges au camp Netanyahou à 16 % des voix, 53 encore à 84 %.

Figure 1. Sièges des trois blocs au fil du dépouillement : projection du Millénaire et sièges calculés sur les seules voix déjà comptées.
Figure 1. Sièges des trois blocs au fil du dépouillement : projection du Millénaire et sièges calculés sur les seules voix déjà comptées.

Une participation record. La participation a dépassé celle de 2022 à toutes les heures de la journée. À 16 heures, elle atteignait 55,7 %, du jamais vu à cette heure depuis 1973 selon la Commission citée par Walla. À la fermeture, la Commission l’estimait à 77,7 %, enveloppes comprises, le niveau le plus haut depuis 1999. L’écart avec 2022, de moins d’un point à 10 heures, atteint huit points à 16 heures.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableau 3, p. 9.

Le biais de l’ordre de dépouillement. En Israël, les localités qui comptent vite votent plutôt pour le camp Netanyahou : le vote Likoud est un vote historique, enraciné et familial, et le vote des ultra-orthodoxes est lui aussi tardif pour des raisons religieuses. Cette fois, le biais a été plus fort que d’habitude, parce que les localités arabes, qui comptent tard, avaient beaucoup plus voté qu’en 2022. Les commentaires de 2 heures du matin sur un retour de la majorité Netanyahou tenaient donc à l’ordre du dépouillement. Personne n’avait 61 sièges dans les sondages de 22 heures, et c’était juste ; mais Kan 11, Channel 12 et Channel 13 mettaient le Likoud deux à trois sièges trop bas, et les listes arabes à 17 ou 18.

Ce qui reste à compter. À 14 h 32, la Commission avait compté 4 875 751 bulletins dans 11 168 bureaux, quand le fichier final de 2022 en comptait 12 545. Il manque donc encore des bureaux ordinaires, surtout dans les localités arabes, et toutes les enveloppes doubles : soldats, diplomates, détenus, malades, électeurs qui ont voté loin de chez eux. En 2022, ces enveloppes avaient donné 49,6 % des voix au camp Netanyahou, un peu plus que ses 48,4 % nationaux, et à peine 5 % aux listes arabes, qui avaient eu 10,7 % dans tout le pays. En 2022, c’est d’ailleurs sur les enveloppes que le Judaïsme unifié de la Torah avait perdu un siège au profit de Yisrael Beitenou.

À un siège près. Au total, notre projection donne 43,3 % des voix au camp Netanyahou, 40,9 % au camp anti-Netanyahou et 14,8 % aux listes arabes. Les sièges qui peuvent changer de main sont connus : le 27e du Likoud, le 22e de Yashar!, le 12e de la Liste commune et de Beyahad, le 9e des Démocrates et le 8e de Yisrael Beitenou. Aucun ne fait basculer la majorité : dans moins de 1 % de nos 4 000 simulations du décompte restant, un des deux camps atteint 61 sièges. Mais la combinaison du bloc Netanyahou avec Yisrael Beitenou atteint 61 sièges tout juste : un siège de moins pour l’un des deux, et elle n’existe plus.

Comprendre le scrutin du 27 octobre

Une législature allée à son terme. La 25e Knesset avait été élue le 1er novembre 2022. Le 29 décembre suivant, Benjamin Netanyahou formait avec les partis ultra-orthodoxes et l’extrême droite un gouvernement que le Times of Israel décrit comme « le plus dur de l’histoire du pays ». Il combinait deux fragilités : des partis du centre droit alliés à une extrême droite aux vues différentes sur la sécurité, la justice et l’État de droit, et des partis ultra-orthodoxes dont certains rejettent le projet sioniste pour des raisons religieuses. Ce second point allait soulever l’un des enjeux majeurs de la campagne : l’égalité des citoyens devant le service militaire.

Des crises sans précédent. Neuf mois après sa formation, l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 faisait plus de 1 200 morts. Il y a eu ensuite deux années de guerre à Gaza, un cessez-le-feu le 10 octobre 2025, puis la restitution, le 26 janvier 2026, de la dépouille du dernier otage. À la fin de l’hiver, Israël et les États-Unis entraient en guerre contre l’Iran, jusqu’au cessez-le-feu du 7 avril. Pendant ce temps, le procès du Premier ministre restait pendant : Netanyahou a demandé sa grâce au président Isaac Herzog en novembre 2025, et le président a fait savoir le 26 avril 2026 qu’il ne statuerait qu’une fois épuisées les chances d’un accord entre les parties.

La conscription fait tomber la Knesset. En mai 2026, le Judaïsme unifié de la Torah annonçait vouloir dissoudre la Knesset, faute d’une loi consacrant l’exemption des étudiants des yeshivot. « Nous n’avons plus confiance en Netanyahou », disait le rabbin Dov Lando. La dissolution a été votée dans la nuit du 16 au 17 juillet, par 62 voix contre 0, et le scrutin est resté fixé à sa date légale, le 27 octobre. Il n’y a jamais eu de commission d’enquête sur le 7 octobre : le projet de loi, adopté en première lecture en juillet, a été abandonné avec la dissolution.

Une offre politique recomposée. Le 16 septembre 2025, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot lançait Yashar!. Le 26 avril 2026, Naftali Bennett et Yair Lapid annonçaient une liste commune conduite par Bennett, Beyahad. Le 19 août, Hadash, Taal et Balad reconstituaient la Liste commune, sans Raam. À droite, Ofer Winter lançait Amcha Yisrael le 25 août, et Bezalel Smotrich s’alliait à Moshe Feiglin le 1er septembre. À la clôture, le 8 septembre, 38 listes étaient déposées. Raam plaçait un candidat juif, Yoav Segalovitz, en deuxième position ; Shas et le Judaïsme unifié de la Torah ne présentaient aucune femme.

Des listes menacées, un retrait. Le 23 septembre, la Commission électorale centrale, saisie par le Likoud, a invalidé la Liste commune et Raam, une décision que la Cour suprême a annulée le 2 octobre. Le 19 octobre, Benny Gantz retirait Bleu et Blanc de la course, sans consigne de vote. Pour les accords de surplus, qui permettent à deux listes de regrouper leurs voix excédentaires, chacun est resté dans son camp, et le Likoud, qui a signé avec le Sionisme religieux-Zehout, a refusé de le faire avec Otzma Yehoudit.

L’identité, thème réel de la campagne. Contrairement à ce qui a beaucoup été entendu en Occident, le débat n’a pas porté d’abord sur la responsabilité personnelle de Netanyahou dans le 7 octobre. Le 7 octobre a surtout soulevé la question de l’identité, pour les trois composantes de la société israélienne. Chez les ultra-orthodoxes, 14 à 15 % de la population, les craintes sécuritaires sont devenues un facteur de vote. Chez les juifs sionistes, 65 % de la population, il a accéléré la perception d’une paix impossible avec les Palestiniens, si bien que l’opposition sioniste conteste les modalités de la guerre à Gaza plutôt que son principe. Chez les Arabes israéliens, 20 % de la population, il a accentué la fracture avec l’État, mais il est apparu qu’une participation au processus démocratique pouvait constituer une minorité de blocage.

Des lignes rouges qui excluent presque toutes les majorités. Le 27 septembre, Eisenkot, Bennett, Lapid, Golan et Lieberman signaient un pacte de non-agression. Eisenkot excluait Mansour Abbas de son gouvernement et refusait de servir sous Netanyahou, « même en rotation » ; Bennett voulait gouverner avec les seuls partis sionistes ; Lieberman ne voulait ni partis arabes ni partis ultra-orthodoxes. Du côté arabe, Mansour Abbas se disait prêt à entrer dans une coalition, et Yousef Jabareen offrait un « filet de sécurité » sans participation. Le camp anti-Netanyahou n’avait donc qu’une voie : 61 sièges sans les uns ni les autres.

Les derniers sondages. Les dernières enquêtes, publiées le vendredi 23 octobre, plaçaient toutes Yashar! en tête, de 22 à 23 sièges, devant le Likoud, de 19 à 21. Aucune ne donnait 61 sièges à qui que ce soit : 52 à 56 pour le camp anti-Netanyahou, 50 pour le camp Netanyahou, 14 à 16 pour les listes arabes. Kan 11 et Channel 12 donnaient 44 % pour Eisenkot et 38 % pour Netanyahou comme Premier ministre préféré. Le pacte du 27 septembre excluait les partis arabes, et Lieberman les ultra-orthodoxes : plus d’un quart des sièges de la nouvelle Knesset. La question de l’après-scrutin était donc posée avant même le vote.

Le résultat : Israël dans le camp des ingouvernables ?

Une instabilité structurelle. Israël combine un système électoral particulièrement instable, la proportionnelle intégrale à un tour, et une offre politique très éparse, répartie entre quatre grands blocs : la droite nationaliste alliée à l’extrême droite, le centre laïc et la gauche, les ultra-orthodoxes et les partis arabes. C’est la combinaison la plus instable possible, qui fait d’Israël une IVe République XXL, et le scrutin du 27 octobre a accentué ce phénomène.

Le Likoud premier, Shas en chute. Au relevé de 14 h 32, le Likoud compte 1 006 722 voix, 20,7 % des voix comptées. C’est la première liste, loin devant Yashar!. Notre projection lui donne 27 sièges ; il en avait 32. Shas tombe de 11 à 6 sièges, et les deux piliers des gouvernements Netanyahou perdent donc 10 sièges à eux deux.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableaux 11 et 28, p. 24 et 49.

Le camp d’en face. Yashar! s’installe avec 21 sièges dès sa première élection. Beyahad en a 11, quand Yesh Atid en avait 24 seul en 2022. Les Démocrates de Yair Golan en ont 8, le double de l’Avoda de 2022, mais le Meretz avait alors été éliminé. Côté arabe, la Liste commune réunie obtient 12 sièges et Raam 7 : à elles deux, les listes arabes atteignent 19 sièges, au-delà du record de 15 que la Liste commune avait établi en 2020.

En voix, une bascule plus modeste qu’en sièges. Dans les localités déjà dépouillées, comparées à leur propre vote de 2022, le camp Netanyahou perd quatre points et demi, de 48,3 % à 43,7 %. Le camp anti-Netanyahou en gagne deux et demi et les listes arabes près de quatre. En sièges, le camp Netanyahou perd 11 sièges, le camp opposé en gagne 2 et les listes arabes 9.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableaux 10, 12 et 29.

Le seuil et les accords de surplus. Le seuil de 3,25 % élimine deux listes qui comptaient dans les sondages : les Réservistes de Yoaz Hendel et Yaron Zelekha, à 2,6 %, et Amcha Yisrael d’Ofer Winter, à 1,6 %. Au total, 253 870 voix, 5,2 %, restent sans siège, mais elles se répartissent entre les deux camps et ne font pas la différence, alors qu’en 2022 l’élimination du Meretz et de Balad avait contribué à la majorité de 64 sièges. Les sièges sont répartis par la méthode Bader-Ofer, une variante de la méthode d’Hondt : sur les parts projetées, les cinq accords de surplus ne déplacent qu’un siège, de Beyahad à la Liste commune, grâce à l’accord avec Raam.

Il manque huit sièges à Netanyahou, treize à ses adversaires. Dans les localités juives, le camp Netanyahou cède à ses adversaires à peu près ce qu’il perd, mais cela ne leur rapporte que deux sièges : les 2,6 % des Réservistes partent sous le seuil, et ce sont les listes arabes, plus nombreuses à voter et réunies cette fois sur une liste qui passe le seuil, qui prennent 9 sièges. Le Likoud, lui, fait bien mieux que prévu : 27 sièges, six de plus que les meilleurs sondages du 23 octobre. Otzma Yehoudit et le Sionisme religieux-Zehout, partis séparément, en ont 13 à eux deux, un de moins qu’il y a quatre ans. Après le 7 octobre, la guerre et un procès toujours en cours, c’est le Likoud qui tient le mieux dans son camp.

+25 points

de participation dans les localités arabes entre 2022 et 2026 : à vote presque inchangé, elles donnent 9 sièges de plus aux listes arabes et privent le camp Netanyahou de sa majorité.

Rapport, p. 25 à 31, d’après la Commission électorale centrale ; calculs Le Millénaire

La participation, une clé du scrutin

Les localités arabes votent plus que les villes ultra-orthodoxes. Sur les cinq élections de 2019 à 2022, la participation des localités à majorité arabe avait oscillé entre 44,5 % et 66 %, celle des villes ultra-orthodoxes entre 72,7 % et 76,7 %. Le 27 octobre, pour la première fois sur la période, les localités arabes ont voté davantage. Trois facteurs peuvent l’expliquer : les ultra-orthodoxes, relativement préservés par le 7 octobre, ont été moins concernés par les enjeux du vote ; c’est une population plus jeune, 57 % de moins de 20 ans, donc plus abstentionniste ; et la mobilisation rabbinique est moins forte qu’auparavant, dans une communauté moins homogène que certains l’affirment.

Tout s’est joué l’après-midi. Au relevé de 12 h 49, les localités arabes avaient la participation la plus faible du pays, 24,7 %. Entre 16 h 45 et 18 h 43, elles ont gagné 15 points, puis encore 11 jusqu’à 20 h 41, et à 23 h 05 elles atteignaient 78,8 %, 25 points de plus qu’en 2022. Dans les localités juives, la hausse a été de quatre à six points, et chez les ultra-orthodoxes la participation est simplement revenue à son niveau de 2022.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableau 15, p. 28.

Figure 2. Évolution de la participation entre 2022 et 2026, par localité.
Figure 2. Évolution de la participation entre 2022 et 2026, par localité.

Vingt localités, vingt hausses. Les vingt plus grandes localités arabes progressent toutes, d’environ 19 à 42 points. Umm al-Fahm, qui votait à 38,3 % en 2022, vote à 79,9 %. Dans les bureaux déjà dépouillés au 28 octobre, les localités arabes comptent 657 819 votants, bien plus que les 450 077 de tout le scrutin de 2022.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableau 16, p. 30.

Un vote presque inchangé. Dans les localités arabes, les listes arabes ont 94,8 % des voix contre 93,1 % en 2022 : ce qui a changé, c’est le nombre de ceux qui sont venus voter. Réunie avec Hadash et Taal, la Liste commune obtient 56,0 % des voix de ces localités, à peine plus que les 55,1 % de Hadash-Taal et de Balad il y a quatre ans, et Raam passe de 38,0 % à 38,8 %. Sur la carte, les deux listes ne se mélangent presque pas : dans le Néguev, Raam prend 88,7 % des voix qui vont aux listes arabes, avec ses bastions bédouins de Rahat et de Tel Sheva ; en Galilée et dans le Triangle, la Liste commune l’emporte, à une exception près, Kafr Qasim, où Raam fait 72,7 %.

Figure 3. Part de Raam dans le vote des deux listes arabes, par localité.
Figure 3. Part de Raam dans le vote des deux listes arabes, par localité.

Pourquoi un tel vote ? Les chiffres ne le disent pas, et la presse israélienne avance des raisons qui peuvent se cumuler. Zvi Zarhia, dans Calcalist, parle de l’explosion de la criminalité dans la société arabe, qui fait du vote une forme d’autodéfense, de la peur de voir Itamar Ben Gvir rester ministre de la Sécurité nationale, et de l’accord de surplus entre les deux listes. Marzouq Halabi, cité par The New Arab, y voit « un vote purement défensif ». Les données par localité montrent seulement que la hausse touche aussi bien Umm al-Fahm, fief de la Liste commune, que Rahat, fief de Raam. À vote presque inchangé, elle donne des sièges aux listes arabes et en retire d’autant aux deux camps juifs.

Explorer les données

Le vote du 27 octobre, localité par localité

Explorez les résultats des 1 209 localités et des 2 409 quartiers ou secteurs du pays : bloc en tête, score de chaque liste, participation et évolutions depuis 2022. Cette version interactive s’appuie sur le fichier de la Commission électorale centrale du 29 octobre, une fois tous les bureaux ordinaires dépouillés ; les chiffres du rapport, établis sur le fichier du 28 octobre à 15 h 10, peuvent donc en différer légèrement.

Quels sont les résultats du vote ?

Trois Israël, une même carte qu’en 2022. Si l’on regarde qui arrive en tête dans chaque localité, la carte de 2026 ressemble beaucoup à celle de 2022. Le camp anti-Netanyahou tient Tel Aviv, Haïfa, leur banlieue aisée et les kibboutz de Galilée. Le camp Netanyahou garde Jérusalem, les villes de développement du Sud et du Nord, les villes ultra-orthodoxes et les implantations de Cisjordanie. Les listes arabes arrivent en tête en Galilée, dans le Triangle et chez les Bédouins du Néguev.

Figure 4. Le bloc en tête dans chaque localité.
Figure 4. Le bloc en tête dans chaque localité.

Ce qui change, c’est le niveau. Dans les 901 localités juives et mixtes qui ont plus de 200 voix valides en 2022 comme en 2026, le bloc Netanyahou recule dans 61 % des cas ; pondéré par le nombre de voix, il perd 3,3 points. Le recul est le même partout, à quelques dixièmes près : 3,1 points dans ses bastions, 3,7 dans les localités mixtes, 2,9 dans les bastions adverses et 3,3 chez les ultra-orthodoxes. Le camp anti-Netanyahou progresse de quatre à cinq points dans les localités mixtes et dans ses bastions.

Figure 5. Évolution de la part du bloc Netanyahou entre 2022 et 2026, par localité.
Figure 5. Évolution de la part du bloc Netanyahou entre 2022 et 2026, par localité.

Les grandes villes : 20 reculs sur 20. Les vingt premières villes du pays vont toutes dans le même sens. Le bloc Netanyahou recule de 6,1 points à Bat Yam, de 5,4 à Jérusalem et de 5,1 à Ramat Gan ; à Ra’anana et à Modiin, il ne perd que 1,1 et 1,6 point. Le camp anti-Netanyahou progresse partout, et c’est à Ramat Gan, Bat Yam et Petah Tikva qu’il gagne le plus. La participation progresse dans toutes les grandes villes juives, mais de l’ordre de 5 points, contre vingt-cinq dans les localités arabes.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableau 18, p. 36.

Tel Aviv et Jérusalem, quartier par quartier. À Tel Aviv, les reculs les plus forts se trouvent dans les quartiers populaires du sud et de l’est, qui votaient largement pour le camp Netanyahou : Yad Eliyahu, Tel Haïm, HaTikva, Shapira, où il perd de huit à onze points. Yad Eliyahu et HaTikva votent Likoud depuis 1977. Dans le nord aisé, il était déjà très faible et ne bouge presque pas. À Jérusalem, le recul le plus fort est à Givat Hananya, près d’Abu Tor, avec 12 points, et il dépasse huit points dans le quartier juif de la Vieille Ville et à Har Homa. Le dépouillement n’était pas terminé à Tel Aviv au 28 octobre, et la comparaison par quartier dépend du rattachement des bureaux, qui a pu changer depuis 2022.

Figure 6. Tel Aviv et Jérusalem : évolution du bloc Netanyahou par quartier.
Figure 6. Tel Aviv et Jérusalem : évolution du bloc Netanyahou par quartier.

Chaque liste a son fief. Le Likoud fait son meilleur score à Dimona, ville de développement du Néguev, avec 52,4 %. Yashar! fait le sien à Isfiya, localité druze du Carmel, et Yisrael Beitenou à Peki’in, autre localité druze de Galilée. Le Sionisme religieux-Zehout domine à Talmon, en Cisjordanie, Otzma Yehoudit à Kfar Chabad, le Judaïsme unifié de la Torah à Modiin Illit, la Liste commune à Umm al-Fahm et Raam à Abu Qureinat, avec 96,8 %.

Un recul plus fort chez les plus modestes. En 2026 comme en 2022, plus une localité juive est modeste dans l’indice socio-économique du Bureau central des statistiques, plus elle vote Netanyahou : au-dessus de 75 % dans les deux groupes les plus modestes, sous 25 % dans les deux plus aisés. Ce qui a changé, c’est l’ampleur du recul : 4,4 points dans le groupe 1 et 5,1 dans le groupe 2, contre moins de trois points dans les trois groupes les plus aisés.

Dans chaque camp, une liste domine. Yashar! arrive en tête du camp anti-Netanyahou partout : 30,6 % des voix dans ses bastions, un cinquième dans les localités mixtes, un dixième dans les bastions adverses. Les Démocrates font 16,8 % dans les bastions anti-Netanyahou et 2,4 % chez leurs adversaires ; les Réservistes plafonnent à 3,9 %, sans bastion qui aurait pu les porter au-delà du seuil. Dans le camp Netanyahou, le Likoud garde 31,8 % dans ses bastions, contre 32,9 % en 2022. Shas, en revanche, perd d’un quart à plus d’un tiers de ses voix : il tombe de 29,3 % à 22,3 % chez les ultra-orthodoxes et de 13,9 % à 9,1 % dans les bastions du camp Netanyahou.

La droite religieuse se partage sans se réduire. En 2022, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich se présentaient ensemble sous le nom de Sionisme religieux, avec 11,4 % des voix dans les localités dépouillées. En 2026, partis séparément et rejoints sur le même électorat par Amcha Yisrael, ils totalisent 13,6 % : 6,4 % pour Otzma Yehoudit, 5,4 % pour le Sionisme religieux-Zehout et 1,8 % pour Amcha Yisrael, perdus sous le seuil.

Les ultra-orthodoxes : une mobilisation intacte, un vote dispersé. Dans les villes ultra-orthodoxes, on a voté à peu près autant qu’en 2022, et pourtant le bloc Netanyahou y passe de 96,7 % à 93,4 %. Les voix perdues ne vont pas à l’autre camp, mais à de petites listes ultra-orthodoxes qui restent sous le seuil, Tseva Shahor avec 2,1 % et le Public haredi de Moti Leitner avec 1,2 %. Pris un par un, aucun de ces mouvements ne prive le camp sortant de ses 61 sièges. C’est leur addition, avec la mobilisation arabe, qui l’en prive.

Former un gouvernement : une mission impossible ?

Un calendrier qui peut courir jusqu’au printemps. En Israël, aucun résultat ne donne le pouvoir de lui-même. Les résultats officiels sont remis au président de l’État huit jours après le scrutin, le 4 novembre ; celui-ci consulte les listes élues et charge un député de former le gouvernement. En laissant courir chaque délai jusqu’au bout, premier formateur, second formateur, puis demande de 61 députés, on arrive au tout début de mars 2027 avant une éventuelle dissolution, et pendant tout ce temps Benjamin Netanyahou resterait Premier ministre, chargé des affaires courantes.

Huit combinaisons, aucune évidente. La combinaison la plus proche du bloc sortant réunit le bloc Netanyahou et Yisrael Beitenou. Elle atteint 61 sièges tout juste dans notre projection, et dans une simulation sur deux seulement. Avigdor Lieberman, ancien ministre de Netanyahou, a pourtant exigé de ses partenaires qu’ils refusent toute rotation avec lui, et il exclut les partis ultra-orthodoxes, qui sont au cœur de cette majorité. Au soir du scrutin, il appelait d’ailleurs les membres du Likoud à une « rébellion ».

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableau 26, p. 44.

En face, des majorités exclues. La seule combinaison qui dépasse nettement 61 sièges réunit le camp anti-Netanyahou et les deux listes arabes, avec 67 sièges, et c’est aussi celle que la plupart de ses composantes ont exclue. Avec Raam seul, il n’y a que 55 sièges. Reste l’union nationale : le Likoud, Yashar! et Beyahad réunissent 59 sièges, et l’on arrive à 61 en remplaçant Beyahad par Shas et le Judaïsme unifié de la Torah. Mais Eisenkot a promis de ne pas servir sous Netanyahou, « même en rotation », et Bennett de ne siéger avec lui « dans aucune configuration ».

La porte du gouvernement minoritaire. Pour être investi, un gouvernement israélien n’a pas besoin de 61 voix, mais de plus de voix pour que contre : en juin 2021, celui de Naftali Bennett et Yair Lapid l’avait été par 60 voix contre 59, avec une abstention. Avec nos sièges projetés, un gouvernement du camp anti-Netanyahou soutenu par Raam l’emporterait par 55 voix contre 53 si la Liste commune s’abstenait : c’est le « filet de sécurité » que Yousef Jabareen proposait pendant la campagne. Pour Netanyahou, le calcul est plus difficile : face à 67 opposants, il lui faudrait que 15 d’entre eux au moins s’abstiennent, par exemple Yisrael Beitenou et Raam, pour l’emporter par 53 voix contre 52.

Au lendemain du scrutin. Le 28 au matin, personne n’avait encore dit publiquement qui il recommanderait au président. Netanyahou réclamait un « gouvernement de droite, national et fort », Eisenkot un « gouvernement sioniste de la conscription ». Mansour Abbas disait avoir été approché par les deux blocs, et Yousef Jabareen affirmait : « Nous sommes une force politique qu’on ne peut ignorer ». C’est Isaac Herzog qui désignera le formateur, et c’est lui aussi qui doit statuer sur la demande de grâce de Netanyahou.

Trois scénarios. Le premier est une absence durable d’accord de coalition, qui rendrait possibles de nouvelles élections et laisserait Netanyahou expédier les affaires courantes le temps des négociations. Le deuxième est un gouvernement d’union nationale ou minoritaire de Netanyahou, rendu possible par le ralliement, au cas par cas, de députés de la coalition d’Eisenkot : sa coalition est plus compacte et son parti plus hégémonique en son sein, ce qui lui donne plus de marges de manœuvre. Le troisième est un gouvernement minoritaire d’Eisenkot, soutenu sans participation par l’ensemble des partis arabes, avec deux limites : les électeurs d’Eisenkot accepteront-ils une coalition placée sous la surveillance des partis arabes, et les électeurs arabes un gouvernement qui ne changera pas profondément la politique israélienne en Cisjordanie et à Gaza ?

Netanyahou part avec une avance. Le Likoud est de loin le premier groupe de la Knesset, et tant qu’aucun gouvernement n’est investi, Netanyahou reste Premier ministre. Il lui manque 8 sièges, et ceux qui pourraient les lui donner, Lieberman avec ses 8 sièges ou Bennett et Lapid avec leurs 11, ont fait campagne sur son départ. Ses adversaires arrivent à 67 avec les deux listes arabes, mais Eisenkot et Bennett ont exclu de gouverner avec elles. Le forecast prévoyait l’absence de majorité ; il ne pouvait pas prévoir ce que feront Eisenkot, Bennett, Lieberman et Abbas.

Il y a quatre ans, les localités arabes votaient à 53,8 %, et Netanyahou avait eu sa majorité. Cette fois, elles ont voté à 78,8 %, et elles la lui ont retirée.

Conclusion : notre modèle a anticipé les résultats

Le plus gros écart porte sur le Likoud. Le 23 octobre, les trois derniers sondages donnaient en moyenne 20 sièges au Likoud ; notre projection lui en donne 27. L’erreur sur les camps est plus réduite qu’elle n’en a l’air, car la sous-estimation du Likoud est en partie compensée par la surestimation de ses alliés. Reste que l’ordre des deux camps juifs s’est inversé : les sondages plaçaient le camp anti-Netanyahou devant, notre projection place le camp Netanyahou devant, de cinq sièges. Zvi Zarhia y voit dans Calcalist « un réquisitoire sévère contre les instituts de sondage ».

Pourquoi une telle erreur ? Nous n’avons pas de quoi l’expliquer, seulement deux constats : la participation a dépassé de sept points celle de 2022, et de vingt-cinq dans les localités arabes, et l’écart se concentre sur le Likoud, au détriment de ses alliés et de Beyahad. Un mouvement de dernière minute, un vote moins déclaré, un effet de la participation : tout cela reste à vérifier.

Notre forecast du 24 octobre. Gelé le 24 octobre au soir, il donnait 55 sièges au camp Netanyahou, de 45 à 67 dans neuf simulations sur dix, 51 au camp anti-Netanyahou et 14 aux listes arabes. Dans 69 % des cas, aucune coalition compatible avec les déclarations des partis n’atteignait 61 sièges. Sur l’issue, nous avions vu juste, et les deux camps juifs sont dans les intervalles publiés. Pas les listes arabes : avec 19 sièges, elles dépassent d’un siège notre borne haute, et c’est notre principale erreur, la même que celle des sondages sur lesquels le modèle reposait. Liste par liste, les onze listes qui entrent à la Knesset sont toutes dans leur intervalle, et six obtiennent exactement le nombre de sièges prévu.

Graphique interactif indisponible dans ce navigateur : voir le rapport, tableau 29, p. 50.

Une leçon pour nos prochains modèles. Le soir du vote, le modèle recalé sur les sondages de sortie est resté trop bas sur les listes arabes, à 16 sièges, parce qu’il ne trouvait presque aucune simulation d’avant le scrutin qui leur en donnait plus de 18. La projection construite sur le décompte, localité par localité, a corrigé l’écart dès les premiers pourcentages. Entre 2019 et 2022, la participation des localités arabes était allée de 44,5 % à 66 % ; elle a atteint 78,8 % le 27 octobre. Dans nos prochains modèles israéliens, elle aura sa propre incertitude.

Ce que Netanyahou a réussi. Il a fait campagne trois ans après le 7 octobre, avec un procès en cours et des sondages qui le mettaient derrière Eisenkot. Sa capacité à imposer un cordon sanitaire avec les partis arabes a permis de remobiliser l’électorat du Likoud et a rendu difficiles les options de coalition d’Eisenkot. Le Likoud finit premier avec 27 sièges, six devant Yashar!, et son camp reste devant en voix, à 43,3 % contre 40,9 %. Ce qui lui coûte la majorité, ce sont les cinq sièges perdus par Shas, comme par le Likoud, et la participation arabe, en hausse de 25 points.

Et maintenant ? Ses adversaires sont plus loin encore : avec 48 sièges, le camp anti-Netanyahou n’en gagne que deux sur 2022, et il ne peut gouverner qu’avec le soutien ou l’abstention des listes arabes qu’il a exclues pendant toute la campagne. Netanyahou, de son côté, aurait besoin du ralliement ou de l’abstention de partis qui ont exigé son départ. Le 4 novembre, Isaac Herzog recevra les résultats officiels. Sans gouvernement, la Knesset serait dissoute début mars 2027, pour le septième scrutin depuis avril 2019. L’homme que Bennett disait battu dans la nuit reste à la tête du premier parti d’Israël, et à la tête du gouvernement tant que personne ne le remplace.

Couverture du rapport
Le rapport complet

Israël, dans le camp des ingouvernables ? Comment Netanyahou a déjoué les sondages

53 pages.

Citer ce rapport

Kevorkian A., Thay W., Hocque M., « Israël, dans le camp des ingouvernables ? Comment Netanyahou a déjoué les sondages », Rapport du Millénaire, 29 octobre 2026, lemillenaire.org.

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Les auteurs

Antranig Kevorkian et William Thay et Matthieu Hocque

Analyste international du Millénaire ; Président du Millénaire ; Directeur général du Millénaire.

Antranig Kevorkian   William Thay   Matthieu Hocque
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Crédit photo : Benjamin Netanyahu 2012, U.S. Department of State, via Wikimedia Commons, domaine public ; Gadi Eisenkot 2 (cropped, WD), Yahav Trudler (Yahav Studio), via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 3.0.

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