Pendant le confinement, les collectivités territoriales ont dû assurer la continuité de l’action publique dans l’urgence. Alexandre Nivek analyse le rôle des services supports, ressources humaines, services techniques et logistiques, et formule quatre recommandations pour mieux affronter les prochaines crises.
Le constat
Le confinement a bouleversé en quelques jours l’ensemble des compétences locales.
La cause
Une gestion nationale sans vision de moyen terme et des approvisionnements en tension.
La conséquence
Les collectivités ont tenu, au prix d’entorses budgétaires et d’une surcharge des agents.
Avant-propos
Quelque temps après la levée du confinement, il convient de porter un regard sur les actions opérationnelles mises en place dans les collectivités territoriales pour assurer la continuité de l’action publique, quelles sont celles qui ont bien fonctionné, celles qui auraient pu être mieux organisées, quelles actions ou organisations supplémentaires aurait-on pu mettre en place ? Même si certains territoires ont été moins impactés que d’autres (Région Nouvelle-Aquitaine par exemple), la circulation du virus au niveau national fut réelle et une mobilisation totale a été demandée à toutes les strates des organisations.
Une continuité de l’action publique sous tension
Un choc brutal. À partir du 17 mars 2020, les compétences des communes, intercommunalités, départements et régions ont été bouleversées en quelques jours : transports réduits, crèches, centres de loisirs et établissements scolaires fermés. L’absence de vision stratégique nationale s’est répercutée à l’échelon local, et les équipes ont vécu plusieurs semaines une « routine de l’urgence ».
Des ressources humaines en première ligne. Recensement immédiat de la situation des agents, déploiement du télétravail pour les postes administratifs, heures complémentaires pour renforcer l’encadrement des enfants et la désinfection : les managers ont servi de relais entre la direction générale et des agents parfois au contact du risque. Pour l’auteur, la crise a prouvé qu’une mobilisation rapide des ressources était possible dans des organisations habituellement rigides.
Des services techniques et logistiques surchargés. L’approvisionnement en gel, masques, visières et produits virucides a parfois conduit à s’affranchir des règles budgétaires, comme la limite de 25 % d’un budget non encore voté, et des seuils de la commande publique. L’imputation des dépenses liées à la Covid-19 en section d’investissement pèsera sur les projets d’infrastructures. Les agents d’entretien, souvent à temps partiel et précaires, ont joué un rôle vital.
C’est l’écart de coût constaté pour un même produit au sein d’une même collectivité, faute de fonction achat centralisée.
Les ressources d’une collectivité territoriale représentent parfois une inertie à la trajectoire rigide.
Recommandations
1. Centraliser la fonction achats autour d’une même personne ou d’un même service, le secrétaire général dans les petites communes, pour éviter la multiplication des interlocuteurs et limiter les écarts de coûts.
2. Définir la cellule de gestion de crise et les vecteurs de communication, avec un plan identifiant en circuit court les décideurs et les personnes chargées de la mise en œuvre.
3. Avoir une réserve de foncier pour les opérations de logistique (bases logistiques, stockage de masques, drives sanitaires), dans le cadre d’une gestion dynamique du patrimoine, point faible souvent relevé par les chambres régionales des comptes.
4. Développer le management de proximité des équipes à distance, en ménageant des temps d’échange, en rendant l’information accessible à tous et en instaurant une relation de confiance.
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