Immigration : reprendre le contrôle, partie 4
L’immigration de travail ne représente qu’environ 13 % des entrées en France, contre 20 à 30 % chez nos voisins, et s’insère difficilement sur le marché du travail. Quatrième partie du rapport du Millénaire sur l’immigration, cette note propose une immigration choisie : plus de profils qualifiés et intermédiaires, des quotas par secteur et un meilleur accueil des étudiants.
Le constat
Une immigration de travail minoritaire, souvent temporaire et au chômage élevé.
La cause
Une migration familiale dominante et des qualifications polarisées entre non-qualifiés et très qualifiés.
La conséquence
Porter l’immigration professionnelle à 50 % des entrées, avec des quotas par secteur et des passeports talent et industrie.
Avant-propos
L’étranger qui désire accéder au marché du travail français en tant que salarié, sans considération pour la nature du contrat ainsi que sa durée, devra effectuer une demande de visa longue durée pour être autorisé à travailler sur le territoire national. En principe, cette demande de visa d’installation doit se faire à l’ambassade de France du pays de départ. Selon la catégorie socio- professionnelle du prétendant, il peut être exigé de faire une demande complémentaire d’autorisation de travail à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.
Une migration économique faible et en mutation
Un cadre complexe. Visa long séjour, autorisation de travail, cartes pluriannuelles et passeport talent : plus de 30 000 passeports talent ont été délivrés entre novembre 2016 et décembre 2017, dont un sur six environ pour la famille d’un arrivant.
Une part minoritaire. L’immigration de travail représenterait environ 13 % des entrées, contre 20 à 30 % chez nos grands voisins européens ; 45 % avec les étudiants. La migration familiale est passée de 50,9 % des entrées en 2007 à 35,2 %.
Des travailleurs détachés nombreux. La Cour des comptes estimait à 516 000 le nombre de travailleurs détachés déclarés en France en 2017, alors que l’immigration extra-européenne de travail représentait environ 20 000 travailleurs et 60 000 étudiants en 2012.
seulement des entrées sur le territoire relèveraient de l’immigration de travail, contre 20 à 30 % chez nos grands voisins européens.
Une insertion professionnelle en retard
Un chômage élevé. En 2018, le taux de chômage des immigrés de 25 à 54 ans atteignait 15,3 %, contre 7,2 % pour l’ensemble de la population. Celui des migrants économiques resterait autour de 16 % dans l’Union, alors même que leur venue est en principe conditionnée à un contrat de travail.
Une migration souvent temporaire. Selon un suivi réalisé entre 2003 et 2012, 40 % des migrants économiques avaient quitté le territoire au bout d’un an et 50 % au bout de trois ans ; 10 % seulement restaient après neuf ans.
Des qualifications polarisées. 42,8 % des immigrés n’ont aucun diplôme au-dessus du brevet, deux fois plus que dans la population française, mais 19,7 % ont un diplôme supérieur à bac+2. Les diplômes intermédiaires, les plus recherchés par les secteurs en tension, sont sous-représentés. Cette différence disparaît presque totalement chez les descendants d’immigrés.
Une immigration qualifiée sera favorable à une croissance par habitant.
Quelles opportunités pour la France ?
Un effet positif sur la croissance. Selon Jaumotte et al., une hausse d’un point de la part d’immigrés adultes augmenterait à long terme le PIB par habitant de 2 % dans 18 pays de l’OCDE ; Ortega et Peri avancent environ 6 % sur 194 pays. Les bénéfices sont associés à une immigration qualifiée.
Des secteurs en manque de main-d’œuvre. 150 000 emplois ne trouveraient pas preneur. En 2018-2019, l’agriculture a embauché 270 000 saisonniers.
L’immigration étudiante. La France accueillait 358 000 étudiants étrangers en 2018-2019, soit 13 % des étudiants, et vise 500 000 d’ici 2027. Plus de la moitié quittent le territoire dans les deux ou trois ans.
Propositions
36. Augmenter l’immigration professionnelle pour atteindre 50 % de l’immigration totale d’ici 10 ans, sans augmenter le nombre total de titres de séjour.
37. Pérenniser l’accueil sur le territoire des profils les plus qualifiés, en durcissant les garanties sur la pérennité de l’emploi.
38. Supprimer le regroupement familial et généraliser l’accueil des familles sur le modèle du passeport talent.
39. Faciliter l’accès au territoire aux profils de formation intermédiaires, par exemple par un passeport industrie.
40. Mettre en place un système à points pour les migrants sans qualifications.
41. Conditionner l’embauche d’un travailleur immigré à une offre d’emploi déposée à Pôle emploi depuis 3 mois.
42. Réformer de nouveau la directive travailleurs détachés pour aligner les cotisations sociales sur celles du pays de destination.
43. Mettre en place un système de quotas par secteur d’activité débattu chaque année à l’Assemblée, sur proposition du Commissariat au plan.
44. Compléter cette dynamique nationale par des ajustements par régions.
45. Faire décider les zones géographiques de provenance par le ministère de l’Intérieur et le Commissariat au plan.
46. Mettre l’accent sur le recrutement de « Jeunes Talents », bacheliers étrangers de très haut niveau accueillis en master ou en doctorat avec des frais réduits.
47. Faciliter le passage d’un titre de séjour étudiant à un titre de séjour professionnel, notamment pour les diplômés en France.
L’immigration professionnelle en chiffres
Taux de chômage des 25-54 ans en 2018
Le chômage des immigrés est deux fois plus élevé.
Migrants économiques ayant quitté la France
La migration économique est d’abord temporaire.
Niveau de diplôme des immigrés
Les diplômes intermédiaires sont sous-représentés.
Part de la migration familiale dans les entrées
La migration familiale recule au profit des motifs économiques et étudiants.
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Toutes les étudesCrédit photo : Gzen92, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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