L’insécurité et la délinquance ont prospéré entre 2012 et 2017, et les violences ont continué d’augmenter depuis. Le Millénaire propose la tolérance zéro : sanctionner les petites infractions, simplifier les poursuites et garantir l’exécution des peines.
Le constat
Les violences physiques et sexuelles augmentent, et les homicides sont environ 25 % plus nombreux depuis 2017.
La cause
Des remises de peine automatiques, des peines inexécutées, des prisons surpeuplées et des moyens insuffisants pour les forces de l’ordre.
La conséquence
Un sentiment d’impunité chez les délinquants et une insécurité qui s’installe dans le quotidien des Français.
Un bilan accablant en 2017
Des violences en hausse. En 2016, les homicides augmentent de 11 %, soit 892 victimes hors attentats. Les violences sexuelles hors ménage atteignent 158 000 par an en moyenne entre 2012 et 2016, contre 145 000 entre 2007 et 2011. Les coups et blessures volontaires progressent de 1 %, avec 214 800 victimes ayant porté plainte, alors que 1,1 million de personnes en seraient victimes chaque année, soit 3 000 par jour.
Des atteintes aux biens massives. Les cambriolages augmentent de 4 % en 2016, avec 243 500 logements visités, soit une effraction toutes les deux minutes. Les vols sans violence atteignent 704 200 faits (+2 %) et les dégradations 620 000 faits, près de 1 700 par jour.
Un sentiment d’impunité. La note l’attribue à des décisions favorables aux délinquants : remises de peine automatiques, sortie de prison aux deux tiers de la peine, suppression des peines planchers, inexécution des peines de moins d’un an, contrainte pénale et adaptation des peines aux places de prison, avec une surpopulation proche de 120 %, et de 140 % dans les maisons d’arrêt.
d’homicides par mois en moyenne depuis 2017 par rapport à la période 2014-2016, hors attentats.
Une continuité depuis 2017
Des violences qui accélèrent. Les vols sont stables ou en recul, en partie parce que les modes opératoires évoluent vers l’escroquerie. En revanche, les coups et blessures et les violences sexuelles continuent d’augmenter, et plus vite depuis 2017, selon les séries d’Interstats.
Des homicides plus nombreux. Hors mois d’attentats, les homicides forment deux plateaux, le second environ 25 % plus haut. En août 2019, ils atteignent 101 en un mois, un niveau inédit depuis au moins 2014.
Des choix inquiétants. Pour la note, la loi du 30 octobre 2017 sur la sécurité intérieure laisse à l’État des outils affaiblis par rapport à l’état d’urgence. La police de sécurité du quotidien détourne les policiers de leur cœur de métier, alors que la police de proximité a eu un bilan mitigé (+16 % de faits entre 1997 et 2001).
Des moyens insuffisants. Les crédits de la sécurité n’augmentent que de 2,1 % sur 2018-2020, contre 3 % pour le budget général. Inflation comprise, ils baissent de 0,4 %, au détriment des équipements et de la capacité opérationnelle des forces de l’ordre.
La délinquance en chiffres
Évolution des faits en 2016 (en %)
En 2016, les homicides augmentent de 11 %, les cambriolages de 4 %, les vols sans violence de 2 % et les coups et blessures de 1 %.
Violences sexuelles hors ménage (moyenne annuelle)
Les violences sexuelles hors ménage passent de 145 000 à 158 000 par an en moyenne.
Taux d’occupation des prisons (en %)
Le taux d’occupation approche 120 % et atteint 140 % dans les maisons d’arrêt.
Hausse des crédits sur 2018-2020 (en %)
Les crédits de la sécurité augmentent de 2,1 % sur 2018-2020, contre 3 % pour le budget général.
Cependant, la forte inquiétude vient du fait que ces deux plateaux sont à des niveaux différents : depuis 2017 les homicides sont en moyenne environ 25 % plus nombreux que sur la période précédente.
Tolérance zéro : assurer la certitude de la sanction
Appliquer la politique de la vitre cassée : donner la priorité aux petites infractions qui pourrissent la vie des territoires, dans les transports, chez les bailleurs ou sur la consommation de stupéfiants, et former les acteurs socio-éducatifs à cette stratégie.
Prévoir des procédures pénales simplifiées pour assurer la poursuite : amendes forfaitaires pour les contraventions et les petits délits, et pouvoir de transaction donné aux forces de l’ordre, sur le modèle de la douane.
Garantir l’effectivité et l’exécution des peines : rendre les récidivistes non éligibles aux aménagements de peine, revenir sur la non-exécution des peines de moins de deux ans, autoriser le prélèvement des contraventions sur les prestations et construire 16 000 places de prison.
Redoubler d’efforts sur les expulsions d’étrangers coupables de crimes ou délits.
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William Thay et Florian Gerard-Mercier
Président du Millénaire ; Directeur des études du Millénaire.
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