Comme à chaque fait divers tragique, le meurtre et le viol de la jeune Lyhanna en mai 2026 a relancé dans l’opinion la question de la peine de mort pour les crimes les plus graves. En effet, le profil de Jérome Barella, pédocriminel (présumé) aux multiples victimes, conduit l’intuition populaire à dire qu’il “mériterait la peine de mort”.
Face au retour régulier de ce débat, et à une opinion publique qui reste particulièrement partagée sur le sujet, bien qu’elle soit majoritairement en faveur de poser la question dans un référendum (68% des Français en faveur d’un référendum sur le rétablissement de la peine de mort, sondage CSA de juin 2026) cette note vise à répondre à la question “faut-il rétablir la peine de mort?” En examinant les arguments les plus souvent cités en sa faveur.
Parmi les cinq arguments principaux en faveur d’un rétablissement de la peine de mort, deux sont d’ordre moraux, à savoir que certains crimes sont si graves que seule la peine de mort 1) pourrait être à la hauteur du crime, 2) pourrait permettre aux victimes et à leur famille de se reconstruire. Ces arguments sont légitimes, et toute alternative à la peine de mort se devrait de prendre en compte ces aspirations. En effet, l’opinion publique semble claire sur le fait que la réponse pénale est insuffisante: environ 80% des Français sont en accord avec l’idée que “la justice est trop laxiste”, de manière stable à travers les vagues de sondages posant cette question.
Restent donc trois questions principales ayant trait à la question de l’efficacité de la peine de mort en tant qu’outil de la justice pénale:
- La peine de mort est-elle dissuasive, au sens qu’elle permettrait de réduire la fréquence des crimes qu’elle punit?
- La peine de mort est-elle économique, au sens qu’elle permettrait des économies en comparaison de la réclusion à perpétuité?
- La peine de mort permet par construction d’éviter toute récidive, mais au regard de son coût en innocents exécutés à tort, la peine de mort vaudrait-elle vraiment mieux qu’une alternative comme la perpétuité réelle?
Pour chacune de ces questions, cette note mènera une analyse de la littérature scientifique et des comparaisons internationales, pour apporter des éléments de réponses. L’analyse comparera notamment la peine de mort au système pénal actuel, ainsi qu’au régime de la perpétuité réelle. Elle fera la distinction entre la peine de mort appliquée dans le droit civil, de celle appliqué dans le droit militaire, distinction qui a existé à travers l’histoire de la peine de mort en France. Elle se focalisera sur trois catégories de crimes correspondant aux parquets nationaux spécialisés existants ou en débat en France, à savoir le terrorisme (PNAT, 2019), le narcotrafic et la criminalité organisée (PNACO, janvier 2026) et la pédocriminalité (parquet spécialisé en discussion depuis l’affaire Lyhanna), ainsi que pour le viol, crime le plus souvent visé par les extensions récentes de la peine capitale à l’étranger (Inde, Floride).
En conclusion, des propositions de réformes de notre politique pénale seront formulées. Ces propositions visent à apporter une réponse systémique à la demande du peuple Français de plus de fermeté pénale, et ainsi d’apporter une réponse politique à la question du rétablissement de la peine de mort.
Par Florian Gerard-Mercier, Directeur adjoint des études du Millénaire
Pour soutenir nos analyses ou nous rejoindre pour rendre sa grandeur à la France
Crédit photo : Statue de la Justice via Wikimedia Commons, sous licence « Public Domain »

Add a Comment