ÉDITO. Les violences urbaines liées à la victoire du PSG en Ligue des champions ont coûté cher au contribuable et révèlent l’hypocrisie d’un État fort avec les faibles et faible avec les forts. Numéro du 11 juin de Valeurs Actuelles.
Chaque flambée de violence urbaine nous offre le même spectacle navrant, invariablement suivi de la même capitulation politique. Après l’ensauvagement de nos rues, la destruction méthodique des biens publics, privés et le pillage de nos commerces, l’État déploie sa mécanique habituelle : il sort le chéquier de la solidarité nationale. De plus en plus de Français s’interrogent légitimement pour savoir pourquoi il devrait subir la double peine : être en insécurité et payer pour cela ?
Le cout de la casse
Les dernières violences urbaines liés à la victoire du PSG en Ligue des champions ont couté cher au contribuable. Dans une de nos récentes études, nous avons estimé le cout global à près de 100 M€, cela prend en compte le cout du dispositif exceptionnel du maintien de l’ordre, les dégâts matériels et les assurances. Ce chiffrage ne prend pas en compte les dégâts immatériels comme la perte pour les commerçants de voir le fruit de leur travail partir en fumée ou de nombreux supporters honnêtes qui ne peuvent plus fêter correctement la victoire de leur équipe.
La casse est une double peine pour les Français. Malgré le dispositif exceptionnel mis en place avec 22 000 forces de l’ordre déployé, l’État n’est plus capable d’empêcher les violences et chaque événement sportif peut être l’occasion de nouveaux débordements. Mais de plus, nous sommes sommés de régler la facture d’une casse subie de plein fouet. Avec la culture de l’excuse, l’État semble avoir capitulé en rendant les casses comme inévitables et la facture aux Français comme une évidence.
L’État fort contre les faibles et faible contre les forts
Ce renoncement systémique révèle l’hypocrisie d’un État fort avec les faibles, et faible avec les forts. Prête à traquer le moindre écart déclaratif de l’artisan ou du chef d’entreprise avec une sévérité clinique, il détourne le regard lorsqu’il s’agit de recouvrer les dizaines de millions d’euros partis en fumée. C’est l’adaptation cynique de notre triptyque de la paralysie : l’État taxe le citoyen honnête, réglemente l’entrepreneur, mais subventionne indirectement l’émeutier en garantissant son impunité financière. Ainsi, l’État-nounou, par peur de stigmatiser, protège le coupable et spolie l’innocent, instaurant un aléa moral absolu où la destruction n’entraîne aucune conséquence pour son auteur.
Nous devons stopper cette inversion des valeurs pour appliquer une double peine pour les casseurs. Le principe de responsabilité est simple : qui casse, paie, jusqu’au dernier centime. Pour cela, il faut appliquer la solidarité entre casseurs, nous prenons le montant total du cout de la casse, et nous la divisons de manière égale pour les interpellés et les condamnés. Il s’agit ainsi de créer un principe de dissuasion et éviter que des éventuels casseurs viennent s’agglomérer à la prochaine fête.
Pour éviter les défauts de recouvrement, nous devons ainsi nous doter d’un arsenal qui permet de saisir les prestations sociales, une ponction directe sur les revenus futurs et la confiscation du patrimoine, y compris pour les parents civilement responsables des mineurs impliqués. L’administration fiscale qui est l’une des plus redoutables, peut-elle vraiment prétendre ne pas pouvoir recouvrer le montant due par les casseurs en transformant chaque condamnation pénale en dette imprescriptible ? De même, la solidarité nationale n’a plus vocation à subvenir aux personnes qui s’attaquent aux biens publics.Faire payer les casseurs n’est plus une simple option technique ou juridique, c’est l’ultime condition pour que la Nation cesse de financer sa propre destruction. Le contribuable n’a pas à payer pour subir les violences afin que certains puissent festoyer à leur manière.
Par William Thay, Président du think-tank Le Millénaire, chroniqueur économique, co-auteur du rapport « Le vrai coût d’un mois de mai explosif »
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Crédit photo : Violences urbaines Nahel Besançon-Planoise 29-06-2023 oufik-de-Planoise 1, de Toufik-de-Planoise, via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0.

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