104,6 millions d’euros. Voici le coût des émeutes urbaines consécutives aux victoires du PSG du 6 mai et 30 mai 2026 que nous avons rigoureusement chiffré avec notre cercle de réflexion Le Millénaire. C’est l’équivalent du prix de construction d’une prison de 200 places !
Mais, ce chiffrage révèle un problème bien plus profond : la naissance d’un nouveau contrat social entre une France qui peut casser et une autre qui doit payer et se taire.
Coût des dégradations de mai 2026
Ce mois de mai 2026 demeure l’un des plus cher pour le contribuable français. En deux nuits, les émeutiers ont réussi à générer 33,9 M€ de frais associés aux casses. Cette estimation provisoire inclut 17,5 M€ de dégradations dans la restauration et les commerces (environ 500 sinistres). Un montant auquel s’ajoutent 2,5 M€ de manque à gagner liés aux fermetures des établissements, dont 500 000€ de manque pour l’État via la TVA qu’il perçoit.
De plus, nous estimons à 11,0 M€ les dégradations constatées sur l’espace public, portées sur des biens publics (médiathèque, commissariats) et le mobilier urbain (poubelles, points de tri, abribus, caméras de vidéoprotection, feux tricolores, etc.). Rappelons que lorsque des vidéos sur les réseaux sociaux montrent des barbares détruisant avec joie un seul feu tricolore assorti d’une caméra de vidéoprotection, c’est plus de 20 000€ d’argent public qui part en fumée !
Puis, il faut ensuite nettoyer les dégâts des émeutiers : 3 M€ estimés. Rien qu’à Paris, pour nettoyer un seul secteur identifié (les Champs-Élysées), il faut compter 60 éboueurs, 18 conducteurs d’engins et 3 encadrants, tous appuyés par une flotte lourde composée de 6 bennes à ordures ménagères, 6 aspiratrices et 6 laveuses. Les casseurs en ont mobilisé… 8.
La part de la casse et l’œuvre du reste
Toutefois, une émeute urbaine ne se résume pas uniquement aux dégradations. D’autres dépenses directes sont à considérer, notamment le dispositif de sécurité XXL. Pour la seule soirée du 30 mai 2026, la mobilisation exceptionnelle des forces de police, de gendarmerie et des sapeurs-pompiers a coûté 20,5 M€. Sans pouvoir compter les blessés, 22 000 forces de l’ordre ont été mobilisées sur une plage horaire allant de 8 à 12 heures avec un double surcoût : le barème du dimanche et le barème de nuit.
Sur ces 20 M€, 8% des coûts du dispositif comprennent l’utilisation et la dégradation des équipements des forces de l’ordre qui ont été les cibles d’une violence inouïe. De même, 2% des coûts sont liés à la procédure judiciaire : frais judiciaires, garde-à-vue, aide juridictionnelle et frais d’incarcération pour les 3 peines de prison ferme prononcées. Pourtant, 816 personnes ont été placées en garde-à-vue sur les deux journées, ce qui fait moins de 1% de taux de condamnation à la prison ferme.
Mais le pire réside dans les dépenses indirectes : 50,5 M€. Les assureurs qui couvrent les particuliers, les commerçants, les entreprises et les collectivités locales, doivent supporter les coûts liés au laxisme de l’État. Pourtant, c’est l’État qui les oblige à répercuter la facture sur leurs tarifs. Par exemple, l’arrêté du 22 décembre 2023 a modifié le taux de la prime ou cotisation additionnelle relative à la garantie. Le volet Automobile des assurances en passant de 6 à 9 % et la prime pour les assurances de dommages de l’assurance habitation et de l’assurance Pros en passant de 12 à 20 %, auraient représenté une hausse en 2025 d’environ 150 M€ d’augmentation globale, soit 50 M€ par an depuis les émeutes 2023. Sans parler de la recommandation du Trésor d’un fonds Émeutes avec un impôt sur les tarifs d’assurance de 5%, qui avait été abandonnée lors du dernier budget qui elle, aurait coûté jusqu’à 775 M€ au contribuable !
Un nouveau contrat social pour un nouveau privilège
La France a inventé un nouveau contrat social qui repose sur « le droit de casser » pour certains et « le droit de la fermer » pour les autres. Pour les casseurs, un nouveau privilège est né : celui de casser en toute impunité. Un privilège est un droit accordé à une partie de la population en dehors de la loi commune. C’est précisément le cas pour les violences émeutières dont les taux de condamnation sont minimes et où cela sera à la société de payer les dégradations d’une minorité disposant de ce droit.
Qui paiera la facture des 104,6 M€ ? Les assureurs et commerçants à hauteur de 68 M€ (dont une grande partie sera répercutée sur les contrats d’assurance), l’État pour 22,7 M€ et les 13,9 M€ pour les collectivités locales. Donc, à chaque fois, le contribuable. Sur les 104,6 M€, les émeutiers n’en paieront… que 0 puisque les projets en cours du Gouvernement se risqueront à la censure du Juge constitutionnel qui rappellera à loisir les principes de l’État de droit : responsabilité personnelle, individualisation de la peine, non proportion de la sanction, charge de la preuve, etc.
La fin de l’histoire est connue d’avance. Le contribuable sera le seul payeur. Et il ne dispose que d’un seul droit : se taire. Il ne peut même pas oser pointer du doigt les casseurs sous peine d’être disqualifié socialement et politiquement. Il ne peut pas non plus réclamer, plus de justice fiscale, dans un pays qui dépense pourtant 1 milliard d’euros par an dans son plan ruralité et près de 10 milliards d’euros par an au titre de la politique de la ville.
Et si, le premier enjeu de la présidentielle 2027 sera d’abolir ce terrible contrat social ?
Matthieu Hocque, Directeur Général du think-tank Le Millénaire, co-auteur du rapport « Le vrai coût d’un mois de mai explosif »
William Thay, Président du Millénaire et co-auteur du rapport « Le vrai coût d’un mois de mai explosif »
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Crédit photo : Violences urbaines Nahel Besançon-Planoise 29-06-2023 oufik-de-Planoise 1, de Toufik-de-Planoise, via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0.

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