Notoriété, popularité et gestion de la crise du coronavirus
En avril 2021, 85 % des Français connaissent Boris Johnson et 51 % ont une bonne opinion du Premier ministre britannique. Pour 31 % d’entre eux, il a mieux géré la crise du coronavirus que la France d’Emmanuel Macron, et 43 % jugent les deux gestions identiques. Le sondage Ifop pour Le Millénaire révèle un net clivage politique et social.
Le constat
Boris Johnson est connu de 85 % des Français, qui se partagent presque à égalité entre bonne (51 %) et mauvaise opinion (49 %).
La cause
Les jugements suivent la proximité politique et le milieu social : la droite, le Rassemblement national et les catégories populaires lui sont plus favorables.
La conséquence
Seuls 26 % des Français estiment qu’il a moins bien géré la crise du coronavirus que la France, contre 51 % des proches de la majorité présidentielle.
Avant-propos
Quel est le regard des Français sur l’action de Boris Johnson ? Pour Le Millénaire, l’Ifop a mesuré sa notoriété, sa popularité et le jugement des Français sur sa gestion de la crise du coronavirus, comparée à celle de la France.
Un dirigeant connu de 85 % des Français
Fiche technique. L’enquête a été menée par l’Ifop pour Le Millénaire auprès d’un échantillon de 1 010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée), après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 27 au 28 avril 2021. Pour un échantillon de 1 000 personnes, la marge d’erreur est de 3,1 points pour un résultat de 50 %.
Une notoriété élevée. À la question « Connaissez-vous Boris Johnson, ne serait-ce que de nom ? », 85 % des Français répondent oui et 15 % non. Les hommes (87 %) le connaissent un peu plus que les femmes (83 %). L’écart tient surtout à l’âge : 70 % des moins de 35 ans le connaissent, contre 90 % des 35 ans et plus et 93 % des 65 ans et plus. Chez les 18-24 ans, la notoriété tombe à 69 %.
Un écart social et territorial. Boris Johnson est connu de 95 % des cadres et professions intellectuelles supérieures, contre 77 % des employés. Les diplômés du supérieur le connaissent à 92 %, les titulaires du baccalauréat à 82 %. L’agglomération parisienne (93 %) devance les communes rurales (80 %). Sur le plan politique, sa notoriété culmine chez les proches de La République en marche (98 %), du Parti socialiste et des Républicains (95 % chacun). Elle est plus faible chez les proches d’Europe Écologie Les Verts et les sans sympathie partisane (76 % chacun).
Une opinion partagée en deux
51 % de bonnes opinions. Interrogés sur leur opinion de Boris Johnson, le Premier ministre du Royaume-Uni, 51 % des Français en ont une bonne opinion et 49 % une mauvaise. Les jugements restent modérés : 5 % ont une très bonne opinion et 46 % une assez bonne opinion. Du côté négatif, 37 % ont une assez mauvaise opinion et 12 % une très mauvaise opinion. Parmi les Français qui le connaissent, l’équilibre est parfait : 50 % de bonnes opinions, 50 % de mauvaises.
Les femmes plus favorables. Les femmes ont une meilleure image de Boris Johnson (56 % de bonnes opinions) que les hommes (45 %). Les hommes sont aussi plus nombreux à en avoir une très mauvaise opinion (18 % contre 6 %). Les 35-49 ans lui sont favorables à 55 %, les 65 ans et plus à 43 % seulement. Les dirigeants d’entreprise en ont une bonne opinion à 60 %. Les salariés du privé (54 %) le jugent mieux que ceux du public (45 %).
Un clivage social net. Les catégories populaires ont une bonne opinion de Boris Johnson à 63 %, et les employés à 68 %. Dans les catégories supérieures, cette part tombe à 42 %, et à 36 % chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Le diplôme joue dans le même sens : 59 % de bonnes opinions chez les personnes sans diplôme ou titulaires du CEP ou du BEPC, contre 36 % chez les diplômés du supérieur. L’agglomération parisienne (43 %) lui est moins favorable que la province (52 %).
des Français ont une bonne opinion de Boris Johnson, le Premier ministre du Royaume-Uni, contre 49 % une mauvaise opinion.
La droite et le RN séduits, la gauche et la majorité réservées
Une majorité de bonnes opinions à droite. Les proches de la droite ont une bonne opinion de Boris Johnson à 58 %, et les sympathisants des Républicains à 59 %. Les proches du Rassemblement national lui sont favorables à 60 %. Ils sont aussi les plus nombreux à en avoir une très bonne opinion (13 %, contre 5 % pour l’ensemble). Chez les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de 2017, la part de bonnes opinions atteint 63 %, dont 15 % de très bonnes.
La majorité présidentielle et le PS plus critiques. Les proches de la majorité présidentielle n’en ont une bonne opinion qu’à 39 %, et ceux de La République en marche à 37 %. Les sympathisants socialistes sont les plus sévères : 34 % de bonnes opinions et 66 % de mauvaises. Chez les électeurs de Benoît Hamon en 2017, les mauvaises opinions atteignent 70 %. Les électeurs d’Emmanuel Macron sont 61 % à avoir une mauvaise opinion de Boris Johnson.
La France insoumise à part à gauche. L’ensemble de la gauche a une bonne opinion de Boris Johnson à 46 %. Les proches de La France insoumise se distinguent avec 55 % de bonnes opinions, soit plus que les proches d’Europe Écologie Les Verts (43 %). Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 restent plus réservés : 43 % de bonnes opinions. Les électeurs de François Fillon sont partagés, avec 52 % de bonnes opinions.
Le regard des Français sur Boris Johnson
Connaissent Boris Johnson, ne serait-ce que de nom, selon l’âge (%)
Lecture : 69 % des 18-24 ans connaissent Boris Johnson, contre 93 % des 65 ans et plus. Ensemble des Français : 85 %.
Ont une bonne opinion de Boris Johnson, selon la proximité partisane (%)
Lecture : 60 % des proches du Rassemblement national ont une bonne opinion de Boris Johnson, contre 34 % des proches du Parti socialiste.
Ont une bonne opinion de Boris Johnson, selon la profession (%)
Lecture : 68 % des employés ont une bonne opinion de Boris Johnson, contre 36 % des cadres et professions intellectuelles supérieures.
Jugent que Boris Johnson a mieux géré la crise du coronavirus que la France, selon la proximité partisane (%)
Lecture : 54 % des proches des Républicains jugent que Boris Johnson a mieux géré la crise que la France, contre 17 % des proches de La République en marche.
Diriez-vous que Boris Johnson a mieux géré, moins bien géré ou géré de manière identique la crise du coronavirus au Royaume-Uni qu’elle ne l’a été dans la France d’Emmanuel Macron ?
La gestion du coronavirus : un jugement plutôt favorable au Royaume-Uni
Mieux ou aussi bien géré. L’Ifop a demandé aux Français si Boris Johnson avait mieux géré, moins bien géré ou géré de manière identique la crise du coronavirus au Royaume-Uni qu’elle ne l’a été dans la France d’Emmanuel Macron. 31 % répondent qu’il l’a mieux gérée, 43 % de manière identique et 26 % moins bien. Les Français qui connaissent Boris Johnson jugent plus souvent sa gestion meilleure (33 %) que ceux qui ne le connaissent pas (23 %), qui optent en majorité pour une gestion identique (57 %).
Un clivage politique marqué. Les sympathisants des Républicains jugent la gestion britannique meilleure à 54 %, et l’ensemble de la droite à 50 %. Les proches du Rassemblement national (39 %) et du Parti socialiste (38 %) sont aussi au-dessus de la moyenne. À l’inverse, 53 % des proches de La République en marche estiment que Boris Johnson a moins bien géré la crise, et seulement 17 % qu’il l’a mieux gérée. Les proches d’Europe Écologie Les Verts ne sont que 13 % à juger sa gestion meilleure. Les proches de La France insoumise optent majoritairement pour une gestion identique (54 %).
Des écarts sociaux et territoriaux. Les catégories populaires jugent la gestion britannique meilleure à 37 %, et les employés à 39 %. Les cadres et professions intellectuelles supérieures ne sont que 23 % dans ce cas, et 35 % à la juger moins bonne. Les communes rurales (37 %) lui sont plus favorables que l’agglomération parisienne (28 %), où 35 % des habitants estiment qu’il a moins bien géré la crise. Chez les 18-24 ans, 36 % jugent la gestion britannique moins bonne. Chez les électeurs d’Emmanuel Macron en 2017, cette part atteint 42 %, contre 46 % de jugements favorables chez les électeurs de François Fillon.
Feuilleter la note
Ifop pour Le Millénaire
Demander une interview
Pour une interview de Ifop pour Le Millénaire sur cette note : presse@lemillenaire.org
Contacter le service presseFaire vivre nos études
Vos dons et vos adhésions financent les prochaines notes du Millénaire.
Nous soutenir AdhérerRecevoir les prochaines notes du Millénaire
À lire aussi
Toutes les études
21 septembre 2026William Thay pour le New York Times « Germans Are Voting Again, Amid a Far-Right Surge. Here’s what to watch »
16 septembre 2026Sean Scull pour la Nouvelle Revue Politique : « Elections en Suède : la droite a perdu mais la gauche n’a pas vraiment gagné »
10 juin 2026Pierre Clairé, Antranig Kevorkian et Augustin Bataille pour Valeurs Actuelles : « Arménie : l’absence de résultat clair place le premier État chrétien de l’Histoire dans une situation difficile »
12 mai 2026Pierre Clairé et Sean Scull pour la Nouvelle Revue Politique : « Victoire de Nigel Farrage aux élections locales : l’arbre qui cache la forêt »Crédit photo : Boris Johnson par Pippa Fowles / No 10 Downing Street sous licence CC BY-NC-ND 2.0

Add a Comment