Redevenir une puissance nucléaire exportatrice

Note du Millénaire Écologie et développement durable

40 ans après Tchernobyl, comment la Russie a relancé ses exportations de nucléaire civil ?

La Russie est redevenue une puissance du nucléaire civil, ce qui soutient son effort de guerre et lui fait prendre des parts de marché à l’industrie française et européenne. La note en tire les lignes de force (pilotage intégré, formation des cadres, R&D appliquée) et formule 15 propositions pour que la France redevienne une puissance nucléaire exportatrice.

LT
Louis ThomassinAnalyste au Millénaire
23 avril 2026
53 pages · lecture 14 min
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En bref

Le constat

Quarante ans après Tchernobyl, la Russie est redevenue une puissance du nucléaire civil et a pris de nombreuses parts de marché à l’industrie française et européenne.

La cause

Une filière centralisée autour de Rosatom, une offre intégrée financée par l’État (prêt couvrant 90 % du coût à Rooppur) et des puissances occidentales dispersées.

La conséquence

La France doit bâtir un pilotage unifié, une offre intégrée et un parcours attractif pour les ingénieurs : 15 propositions en trois volets.

Principaux constats
0180 %du complexe nucléaire soviétique conservé par la Russie malgré les crises des années 1990.
02350entreprises et organisations regroupées sous la corporation d’État Rosatom, créée en 2007.
0390 %du coût de Rooppur au Bangladesh couvert par un prêt russe de 11,38 milliards de dollars.
0425 Md$de prêt d’État russe pour El-Dabaa en Égypte, soit 85 % du coût du projet.
0523,7 Md€de coût total estimé de Flamanville 3 par la Cour des comptes (euros de 2023, financement compris).
0660 réacteursen construction en 2024 dans 15 pays, pour environ 67 GW, dont 26 en Chine.

Avant-propos

Il y a 40 ans, le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl a ouvert une séquence historique dont les effets dépassent de très loin le seul domaine énergétique. L’accident a causé des pertes humaines, contaminé durablement des territoires entiers, déstabilisé des populations et nourri, à l’échelle du continent européen, une angoisse durable à l’égard du risque nucléaire. Mais il a également agi comme un révélateur politique. Il a montré qu’aucune puissance technologique ne vaut par elle-même si elle n’est pas soutenue par une culture de sûreté, une circulation loyale de l’information, une responsabilité claire des décideurs et des institutions capables d’affronter la vérité en situation de crise.

Depuis, la Russie est redevenue une puissance du nucléaire civile. La reconstitution de cette puissance n’est pas une bonne chose en soi. C’est même une menace pour la France et l’Europe car elle permet de soutenir l’effort de guerre russe, par sa capacité à augmenter la production intérieure pour alimenter le tissu militaro-industriel d’une part, et par sa capacité à exporter pour faire entrer des devises d’autre part. 

De surcroît, la Russie est devenue une puissance concurrente qui a pris de nombreuses parts de marché, à l’industrie française et européenne. Il ne s’agit pas dans ce rapport de singer le modèle russe, mais plutôt d’en comprendre les lignes de force de réussite afin de dégager une stratégie française du nucléaire qui vise non pas seulement, la souveraineté sur le marché domestique qu’elle est déjà capable d’absorber, y compris sur l’électrification des usages aujourd’hui à la une de l’actualité avec la guerre en Iran, mais également sur l’exportation.

L’exemple de la Russie montre qu’une filière industrielle très affaiblie sur le plan de son image et de sa crédibilité à l’international, peut revivre si trois conditions sont réunies : 

  • une stabilité politique incarnée dans un pilotage administratif rationnalisé et fortement intégré (1), 
  • une capacité de formation de cadres et d’ingénieurs en leur offrant un parcours de vie attractif marqué tant par de la structuration de projets chez les clients à l’international que des perspectives de carrière à leur retour dans leur pays d’origine (2) ; 
  • un fort investissement dans la R&D appliquée notamment pour répondre à des besoins clairement identifiés chez des clients potentiels (3). 

Ainsi, pour revenir à Tchernobyl, l’interprétation de cet événement majeur a pourtant souvent oscillé entre deux simplifications. La première a consisté à y voir la preuve définitive du caractère inacceptable du nucléaire civil comme tel. La seconde, plus rare mais non moins trompeuse, a consisté à réduire l’accident à une simple anomalie technique, sans en mesurer la profondeur humaine, morale et institutionnelle. L’une et l’autre manquent ce qui fait la singularité véritable de Tchernobyl : l’accident a été rendu possible par la rencontre d’une technologie exigeante avec un système de commandement inapte à reconnaître ses propres limites. En cela, Tchernobyl fut moins la condamnation du nucléaire qu’une mise en accusation radicale d’un mode soviétique de gouvernement de la technique.

Cette distinction est décisive, car elle permet de comprendre pourquoi la Russie a pu, dans les décennies suivantes, demeurer présente dans le nucléaire civil mondial puis y revenir avec force. Si Tchernobyl avait détruit les fondements mêmes de la capacité nucléaire russe, aucun rebond durable n’aurait été possible. Or les bases essentielles ont subsisté : les ingénieurs, les centres de recherche, les traditions scientifiques, les infrastructures industrielles, la maîtrise de pans entiers du cycle du combustible, mais aussi l’idée profondément enracinée que le nucléaire relevait du cœur même de la souveraineté nationale. Ce qui a été atteint en 1986, ce n’est pas d’abord l’existence de la filière ; c’est sa légitimité, sa crédibilité morale et la confiance internationale qu’elle inspirait.

L’histoire russe depuis lors peut se lire comme la transformation progressive de cette dissociation entre capacité et légitimité. Pendant un temps, la Russie a hérité d’un appareil qu’elle pouvait encore faire fonctionner sans pouvoir immédiatement restaurer le prestige perdu. Puis, au tournant des années 2000, elle a entrepris de reconstituer autour du nucléaire civil un outil de puissance plus cohérent, plus centralisé et plus projetable à l’extérieur. La création et la montée en puissance de Rosatom ont joué ici un rôle cardinal : en donnant un centre politique et opérationnel à la filière, l’État russe a rendu au secteur nucléaire ce qu’il avait largement perdu depuis la fin de l’URSS, à savoir l’unité de commandement, la lisibilité institutionnelle et la capacité de projection stratégique.

Ce redressement ne doit pas être interprété comme un simple succès de communication ou de propagande. Il a répondu à des transformations profondes du marché mondial du nucléaire. Dans ce secteur, un État client n’attend pas seulement une centrale ; il attend un accompagnement de long terme. Il lui faut des ingénieurs formés, des régulateurs compétents, des garanties d’approvisionnement, une continuité de maintenance, des mécanismes de financement, et une visibilité politique durable. Autrement dit, le nucléaire ne s’exporte pas comme une marchandise ordinaire : il s’exporte comme un écosystème. La Russie l’a compris plus vite et plus complètement que beaucoup de ses concurrents. Là où d’autres ont souvent présenté une technologie, elle a proposé une architecture complète de relation industrielle et politique.

Ce constat n’invite ni à la fascination ni à l’indulgence. Il oblige simplement à regarder lucidement ce qui fait la force réelle d’une puissance exportatrice dans le nucléaire civil. Il conduit aussi à déplacer la question. Il ne s’agit pas tant de se demander comment la Russie a fait oublier Tchernobyl que de comprendre comment elle a rendu ce stigmate insuffisant pour empêcher la conclusion de contrats et la constitution de dépendances durables. En d’autres termes, le souvenir de la catastrophe n’a pas disparu ; il a été politiquement, industriellement et commercialement surclassé par une autre réalité : celle d’une offre cohérente, adossée à un État déterminé à en faire un levier de puissance.

C’est à partir de ce constat que notre analyse prend son sens pour la France. Dans un moment où le nucléaire retrouve une centralité stratégique, où les États cherchent à concilier souveraineté énergétique, décarbonation, réindustrialisation et influence internationale, il ne suffit plus d’affirmer une excellence technologique. Il faut encore savoir l’organiser, la financer, la projeter et l’inscrire dans le temps long. La trajectoire russe, malgré ses ambiguïtés, ses fragilités et les tensions géopolitiques qui l’affectent désormais, a au moins le mérite de rappeler cette vérité élémentaire : dans le nucléaire civil, la puissance est une totalité. Elle se mesure à la capacité d’un pays à faire agir de concert l’État, l’industrie, la diplomatie, la finance et la formation.

Notre analyse se propose donc d’éclairer ce paradoxe russe pour mieux en dégager la portée stratégique. Elle montrera d’abord pourquoi Tchernobyl doit être compris comme une catastrophe humaine, politique et idéologique avant d’être lu comme un verdict définitif sur le nucléaire (I). Elle examinera ensuite les conditions de la reconstruction russe dans les années 2000 autour de Rosatom (II). Elle analysera enfin les ressorts du succès exportateur russe, avant d’en déduire les enseignements les plus utiles pour la France (III). Car au fond, la question posée par le cas russe n’est pas seulement historique. Elle est immédiatement politique : que faut-il pour qu’une nation nucléaire soit aussi, durablement, une puissance nucléaire exportatrice ?

Tchernobyl : une catastrophe humaine, plus qu’une condamnation du nucléaire en soi

La faillite d’un système soviétique. L’explosion du réacteur n° 4, dans la nuit du 26 avril 1986, procède de la rencontre entre une technologie exigeante, un appareil administratif rigide et une culture de sûreté insuffisamment développée. Le réacteur RBMK présentait, à faible puissance, une instabilité particulière, et le retour d’expérience était gravement déficient : les informations circulaient mal entre concepteurs, exploitants et autorités de contrôle. L’accident ne démontre pas que le nucléaire civil serait par nature impossible à gouverner : il montre qu’une technologie complexe devient extraordinairement dangereuse lorsqu’elle est encadrée par des institutions incapables d’articuler la connaissance, l’autorité et la sûreté.

Un stigmate durable. Deux travailleurs meurent dans les heures qui suivent l’explosion. Parmi les personnels de la centrale et les premiers secours, 134 développent un syndrome d’irradiation aiguë et 28 meurent dans les trois mois. Plus de 100 000 personnes sont évacuées en 1986 et environ 220 000 autres sont relogées au Belarus, en Russie et en Ukraine. L’accident a aussi été un désastre informationnel : ce sont les détections anormales de radioactivité en Suède et en Finlande, le 28 avril, qui rendent l’accident public.

Un narratif antinucléaire critiqué. Pour la note, une partie du mouvement antinucléaire a transformé l’accident en argument général contre le nucléaire civil, alors que les experts en ont conclu qu’un nucléaire mal conçu, mal piloté et mal régulé peut produire une catastrophe majeure. La réponse internationale a été de nature normative : conventions sur la notification rapide et l’assistance en 1986, Convention sur la sûreté nucléaire de 1994, convention commune sur les déchets de 1997.

La reconstitution de l’appareil nucléaire russe

Les années 1990 : survivre. La Russie hérite de l’essentiel de l’appareil soviétique situé sur son territoire et conserve environ 80 % du complexe nucléaire soviétique. La construction de tous les nouveaux réacteurs est interrompue en 1989-1990. Faute de crédits, Minatom cherche des ressources extérieures : exportation des services du cycle du combustible, accord russo-américain de 1993 sur la conversion de 500 tonnes d’uranium hautement enrichi, contrats à l’exportation dont Bushehr en Iran. Le nucléaire n’est pas livré aux privatisations massives de la décennie.

Les années 2000 : réactiver. Les facteurs de charge, autour de 60 % dans les années 1990, dépassent ensuite 80 %. Rosenergoatom est transformée en société de production unifiée le 1er avril 2002, Volgodonsk-1 est mise en service en 2001 et Kalinin-3 en 2004. En 2004, Rosatom succède au ministère de l’Énergie atomique, et la nomination de Sergueï Kirienko à l’automne 2005 marque une stratégie plus volontariste, suivie du programme fédéral ciblé d’octobre 2006 et de la création d’Atomenergoprom en 2007.

Rosatom : le moment crucial. La loi fédérale du 1er décembre 2007 crée la Corporation d’État de l’énergie atomique Rosatom, qui réunit sous une même structure la conduite stratégique du nucléaire civil et l’essentiel des actifs industriels, avec plus de 350 entreprises et organisations. Rosatom concentre la capacité de concevoir, produire, financer partiellement, construire, exploiter et exporter. Avant 2007, la Russie avait un secteur nucléaire survivant puis redressé ; après 2007, elle dispose d’un instrument cohérent de puissance nucléaire civile.

90 %

du coût de la centrale de Rooppur au Bangladesh, soit 11,38 milliards de dollars, sont couverts par un prêt russe.

Note, p. 33, d’après Atomenergoprom (rapport annuel 2024) et World Nuclear Association

Pourquoi la Russie a eu tant de succès à l’export

Enseignement n° 1 : séduire les pays du Sud primo-accédants. La Russie a trouvé des débouchés dans des États qui lançaient leur premier programme électronucléaire : Rooppur au Bangladesh, El-Dabaa en Égypte (4 unités, combustible, formation et appui à l’infrastructure réglementaire), Akkuyu en Turquie et Astravets en Biélorussie. La demande porte moins sur un produit isolé que sur une solution complète.

Enseignement n° 2 : une offre financière et industrielle cohérente. Au Bangladesh, un prêt russe couvre 90 % du coût, soit 11,38 milliards de dollars. En Égypte, un prêt d’État russe de 25 milliards de dollars couvre 85 % du coût d’El-Dabaa. À Akkuyu, selon le modèle construire-détenir-exploiter, Rosatom est entré avec 100 % du capital initial de la société de projet, avec l’intention de conserver au moins 51 % à terme. Un rapport du SIPRI décrit Rosatom comme un « one stop nuclear shop ».

Enseignement n° 3 : la désorganisation stratégique des puissances occidentales. Éclatement industriel, retards et surcoûts (la Cour des comptes estime le coût total de Flamanville 3 à environ 23,7 milliards d’euros de 2023, financement compris), instabilité des doctrines énergétiques (l’AIE indique que sans action, la capacité nucléaire des économies avancées pourrait diminuer des deux tiers d’ici 2040) et manque de coordination entre industrie, finance et diplomatie ont bénéficié à Rosatom.

Le nucléaire ne s’exporte pas comme une marchandise ordinaire : il s’exporte comme un écosystème.

Comment reconstituer une puissance nucléaire exportatrice en France ?

Le marché du nucléaire civil, qui semblait avoir atteint son pic au tournant des années 2010-2015, est désormais en croissance selon les hypothèses à long terme. En 2024, 60 réacteurs d’une capacité cumulée d’environ 67 GW sont en construction dans 15 pays, dont 26 en Chine, et 343 réacteurs sont planifiés. La France dispose d’une filière d’environ 2 200 entreprises et 250 000 emplois : le problème n’est pas l’absence d’instruments, mais leur juxtaposition. La note formule 15 propositions en trois volets.

Volet 1 : rationaliser et reconstituer un pilotage stratégique unifié de la filière. Proposition 1 : créer, sous l’autorité du Premier ministre, un Comité export du nucléaire, rattaché au Conseil de politique nucléaire. Proposition 2 : désigner formellement EDF comme chef de file de l’offre export française pour les centrales, avec Framatome, Orano, Bpifrance Assurance Export et la DG Trésor. Proposition 3 : ouvrir chez Bpifrance Assurance Export une enveloppe nucléaire dédiée, dotée d’un montant pluriannuel annoncé publiquement. Proposition 4 : créer, pour chaque pays prioritaire, une équipe-projet export interministérielle et industrielle. Proposition 5 : doter chaque ambassade d’un pays-cible d’un « plan nucléaire pays », mis à jour tous les 6 mois. Proposition 6 : adosser explicitement l’export à une programmation nationale stable. Proposition 7 : limiter le nombre de marchés prioritaires, avec une liste courte de six ou sept pays-cibles pour cinq ans.

Volet 2 : reconstruire une offre intégrée plutôt qu’une simple offre technologique. Proposition 8 : créer une marque « France nucléaire 4e génération » prenant le relais du projet Superphénix, portée par EDF comme ensemblier, avec Framatome, Orano et Edvance. Proposition 9 : structurer l’offre sur toute la durée de vie du projet, avec un plan de soutien sur 40 à 60 ans, y compris le recyclage des déchets. Proposition 10 : instaurer un mécanisme anti-OPA pour garantir la souveraineté de la filière nucléaire.

Volet 3 : proposer un parcours de vie attractif aux chercheurs et ingénieurs du nucléaire. Proposition 11 : lancer de nouvelles filières de formation pour les métiers sous tension (tuyauteurs, chaudronniers, soudeurs, échafaudeurs, contrôleurs de soudure). Proposition 12 : maintenir le nucléaire comme énergie verte, notamment pour les critères ESG des fonds d’investissement. Proposition 13 : créer un abattement fiscal sur l’impôt sur le revenu jusqu’à 35 ans pour attirer les ingénieurs français et étrangers. Proposition 14 : créer un contrat gagnant-gagnant où l’État prend en charge les études contre un service de 15 ans. Proposition 15 : créer un « parcours Talents du nucléaire » pour toute la filière, organisé autour de missions à l’étranger.

Explorer les données

Le nucléaire en chiffres

Prêts d’État russes pour les premières centrales (en milliards de dollars)

El-Dabaa, Égypte (85 % du coût)25 Md$Rooppur, Bangladesh (90 % du coût)11,38 Md$
Lecture

Un prêt d’État russe de 25 milliards de dollars couvre 85 % du coût d’El-Dabaa.

Note, p. 12, 13, 33, 41 : AIEA, PRIS, World Nuclear Association, Atomenergoprom

Conclusion

Tchernobyl n’a pas condamné le nucléaire russe, parce que la catastrophe de 1986 révélait avant tout l’échec d’un système soviétique de commandement, d’opacité et de sûreté, non l’impossibilité du nucléaire comme technologie. Les années 1990 ont été celles de la survie et les années 2000 celles de la reprise en main : en centralisant la filière autour de Rosatom, l’État russe a reconstruit un appareil cohérent, capable de relier recherche, industrie, combustible, ingénierie, construction et projection internationale.

Pour la France, une puissance nucléaire exportatrice ne repose pas sur la seule excellence technologique. Elle suppose un État stratège, une offre intégrée, un financement public assumé et une diplomatie économique cohérente. Le nucléaire est un instrument de puissance que la France doit utiliser non seulement pour assurer sa souveraineté énergétique, mais comme une arme commerciale dans le cadre d’une stratégie d’exportation.

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Redevenir une puissance nucléaire exportatrice

53 pages.

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Thomassin L., « Redevenir une puissance nucléaire exportatrice », Note du Millénaire, 23 avril 2026, lemillenaire.org.

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Louis Thomassin

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Crédit photo : Nuclear Power Pants, via Rawpixel, sous licence CC0 1.0. 

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