Harris contre Trump : les enjeux de l’élection et le rapport de force dans les États clés
À la veille de l’élection présidentielle de 2024, la note dresse l’état des lieux d’une Amérique polarisée et d’une superpuissance contestée, revient sur une campagne hors norme et analyse le rapport de force dans les sept États clés, avant de détailler les forces et faiblesses de Kamala Harris et de Donald Trump.
Le constat
Sept États clés, tous remportés par moins de 3 points d’écart en 2020, décident de l’élection.
La cause
Une Amérique polarisée, une superpuissance contestée et un bilan de Joe Biden jugé sévèrement par les électeurs.
La conséquence
Kamala Harris doit convaincre sur l’économie et l’immigration ; Donald Trump doit rassurer les indécis.
Avant-propos
« Les Etats-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation. »
Cette citation de l’écrivain irlandais Oscar Wilde1 illustre au mieux, une certaine vision que les Etats-Unis d’Amérique renvoient d’eux même à l’étranger, surtout en cette période électorale. Les Etats-Unis d’Amérique sont un pays aux multiples facettes ; le pays où tout est possible et qui incarne donc le fameux American Dream, le pays d’Elvis Presley et celui des grands espaces de l’Ouest. Mais les Etats-Unis d’Amérique, c’est également un pays fracturé et ce depuis sa guerre d’indépendance, jusqu’à aujourd’hui sur le droit du port d’armes ou de l’avortement ; des grandes villes multiculturelles aux terres plus sauvages de l’ouest américain en passant par les bocages de Louisiane ainsi que par les contrées arides du Texas. Ainsi donc, ce pays si cher et important sur la scène internationale peut renfermer un côté plus sombre être synonyme d’impérialisme, d’américanisation des esprits et d’ingérence politico-économique. Il existe un point sur lequel tout le monde pourrait s’accorder ; sur l’échelle de l’histoire de l’humanité, les Etats-Unis d’Amérique sont un pays relativement jeune comparé à nos puissances européennes et même asiatique si nous ne restons pas sur une vision strictement franco-européenne. Le 4 juillet 1776, jour de la Déclaration d’Indépendance, les Etats-Unis d’Amérique devenaient un pays indépendant sur le papier. Car et il est parfois bien important de le souligner, cette indépendance dans la pratique ne sera effective qu’en 1783, soit huit ans après, et ce, une fois la couronne britannique hors des treize colonies grâce à l’intervention française. Néanmoins, les Américains, ont depuis lors, bâti leur unicité sur une théorie : le messianisme américain. Le peuple américain ou du moins une bonne partie des élites américaines qui se sont succédé au pouvoir sont convaincus que les Etats-Unis sont un pays unique du fait de son histoire et que son peuple a été choisi pour apporter la civilisation et la vérité aux autres nations. Cette théorie servira de base pour de nombreuses actions diplomatiques et militaires entreprises par le pays que nous développerons un peu plus bas. Néanmoins cette conception du pays de l’oncle Sam est aujourd’hui mise à mal entre deux forces politiques qui s’affrontent. Le constat est posé, les Etats-Unis d’Amérique ne font plus rêver comme auparavant et c’est un pays politiquement polarisé en proie à la violence. Preuve à l’appui, le candidat Républicain a survécu à deux tentatives d’assassinat en moins de 6 mois. L’objectif de cette note est de poser l’état d’esprit dans lequel se fait cette élection présidentielle et l’état des lieux du rapport de force entre Donald Trump et Kamala Harris a moins d’un mois du scrutin national. La question que nous allons nous poser est la suivante :
Quel est l’état des lieux de l’élection ? Quel est le rapport de force entre Donald Trump et Kamala Harris ?
Pour répondre à la problématique nous allons dans un premier temps poser cet état des lieux. Dans un second temps nous analyserons les forces et les faiblesses de la candidature de Kamala Harris. Dans un troisième temps, nous allons nous pencher sur les forces et les faiblesses de la candidature de Donald Trump. Nous prendrons également soin lors de notre analyse d’exposer les enjeux que les deux candidats devront surmonter pour remporter l’élection.
Contribution :
Pierre Clairé, Directeur adjoint des études du Millénaire
Marine Audinette, Analyste du Millénaire
État des lieux de l’élection
Une superpuissance en reconfiguration. Après l’âge d’or de l’hégémonie américaine, de la fin de la guerre froide à 2001, les guerres d’Irak et d’Afghanistan, où plus de 2 000 milliards de dollars ont été dépensés en vingt ans, puis la crise de 2008, ont affaibli l’image des États-Unis. La Chine et la Russie contestent désormais leur leadership, notamment par les BRICS et la dédollarisation.
Des défis intérieurs. Selon un sondage NPR/Ipsos de 2022, 64 % des Américains estiment que leur démocratie est en crise. Depuis 2000, la population asiatique a augmenté d’environ 105 % pour atteindre 21 millions, la population hispanique d’environ 80 % pour atteindre près de 64 millions, et la classe moyenne est passée de 53,8 % de la population en 1967 à 41,3 % en 2017.
Une polarisation extrême. Les électorats démocrate et républicain se distinguent de plus en plus par l’origine, le lieu de vie, le diplôme, le genre et la religion, ce qui complique tout compromis.
Le bilan de Joe Biden. Malgré des résultats macroéconomiques encourageants, avec l’Inflation Reduction Act et le Chips and Science Act, seuls 32 % des Américains approuvaient sa politique en juillet 2024, et il est jugé moins performant que Donald Trump sur l’économie.
Retour sur la campagne
Cinq temps forts. Le débat du 27 juin 2024 conduit Joe Biden à se retirer au profit de Kamala Harris ; sa candidature suscite un fort engouement ; Donald Trump échappe à deux tentatives d’assassinat, en Pennsylvanie puis en Floride ; les sondages se resserrent ; enfin, la dernière ligne droite est marquée par des polémiques dans les deux camps.
clés, tous remportés par moins de 3 points d’écart en 2020, décident de l’élection de 2024.
Le rapport de force dans les États clés
La Rust Belt. La Pennsylvanie, avec 19 grands électeurs, a voté Biden en 2020 à 50,0 % contre 48,8 % ; l’économie y est la première préoccupation pour environ 4 électeurs sur 10. Le Michigan, terre de l’automobile, a voté Biden à 50,6 % contre 47,8 %, et plus de 100 000 électeurs démocrates y ont voté « non engagé » aux primaires pour protester contre la politique au Proche-Orient. Le Wisconsin, avec 10 grands électeurs, a basculé en 2016 et en 2020 à environ 20 000 voix.
La Sun Belt. La Géorgie, avec 16 grands électeurs, a voté Biden en 2020 à environ 12 000 voix près ; la Caroline du Nord, avec 16 grands électeurs, reste républicaine depuis 2012 mais avec des écarts qui se resserrent. En Arizona, avec 11 grands électeurs, l’immigration est la priorité de 31 % des électeurs et Joe Biden l’avait emporté de 0,3 point. Au Nevada, avec 6 grands électeurs, près d’un tiers des inscrits ne sont affiliés à aucun parti.
Les États clés en chiffres
Écart en 2020 entre les deux candidats dans les États clés (en points)
En 2020, la Géorgie et l’Arizona se sont joués à moins d’un demi-point.
Grands électeurs par État clé
La Pennsylvanie est l’État clé qui pèse le plus, avec 19 grands électeurs.
Confiance pour prendre de bonnes décisions (en %)
Donald Trump devance Kamala Harris sur l’économie et l’immigration.
Part de la classe moyenne dans la population américaine (en %)
La classe moyenne est passée de 53,8 % à 41,3 % de la population en cinquante ans.
Kamala Harris : forces et faiblesses
Ses forces. Une expérience de vice-présidente et d’ancienne procureure générale de Californie, une ligne ferme face à la Chine, le soutien à l’Ukraine, la défense du droit à l’avortement et un programme économique pour la classe moyenne : prime de 25 000 dollars pour un premier achat immobilier, crédit d’impôt de 6 000 dollars pour une naissance et impôt sur les sociétés relevé de 21 % à 28 %.
Ses faiblesses. L’association au bilan de Joe Biden, une nomination rapide perçue par certains comme imposée, un programme jugé imprécis et une moindre confiance sur l’économie et l’immigration : selon le Pew Research Center, 55 % des électeurs font confiance à Donald Trump sur l’économie contre 45 % à Kamala Harris.
Donald Trump : forces et faiblesses
Ses forces. Une ligne de realpolitik et de protectionnisme, une position dure face à la Chine, la promesse de relocalisations, une politique énergétique fondée sur le gaz et le pétrole, et une politique migratoire stricte, alors que 61 % des électeurs jugent l’immigration importante.
Ses faiblesses. Un projet perçu comme plus extrême par les électeurs des États clés selon CNN/SSRS, des accusations d’autoritarisme liées à sa volonté de réformer la haute fonction publique fédérale, un style clivant et un âge devenu un argument de campagne face à une adversaire plus jeune.
L’enjeu de cette élection sera pour les Américains de sortir des profondes divisions que connait le pays et choisir le chemin à suivre pour les quatre prochaines années.
Conclusion
Pour les auteurs, les États-Unis sont confrontés à des défis intérieurs et extérieurs sans précédent. L’élection de 2024 oppose l’interventionnisme libéral incarné par Kamala Harris à la realpolitik conservatrice incarnée par Donald Trump, et se jouera dans une poignée d’États clés où chaque voix compte.
Feuilleter la note
Sean Scull et William Thay
Analyste du Millénaire ; Président du Millénaire.
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Oupssss! Avis d’un homme du Maine et Loire tellement loin des fureurs Parisiennes et des frous-frou Parisiens! Passionné d’infos, je suis au maximum les évolutions de ce Grand Cirque qu’est devenue la France!!! Où est Ma France?Belle et fière des jeunes années!! Je suis né en 1948, le 12 août! Enfance très heureuse au sein de ma famille avec ma petite sœur née en 1950!!! Que l’on était heureux!!! Mais maintenant!!!C`est une vraie plaie de se connecter de temps en temps aux informations! Et pourtant je zappe les quatre principales chaînes d’informations! Mais hélas tout n’est que vide sans aucun intérêt ! Sauf toutefois toujours se quereller parfois violemment entre les pseudos-intelligents de service qui sont spécialistes en tout! Navrant!! Service nul!! Sans intérêt !! Et le Roi de France en ce moment Macron, et pendant ce temps là la France Tombe inexorablement vers le néant!! La France est en roue libre, c’est un vélo sans frein, attention au mur devant notre pauvre France qui va certainement se fracasser contre ce gigantesque mur uniquement du fait de tous nos politiques ignares qui s’en mettent plein la bouche, les poches dont les coutures vont céder sous la pression !!! Attention!! Il n’est pas impossible que le peuple se soulève. Et ça personne se sais le moment précis! Mais un volcan de Colère….explosera!…..