La question du bon périmètre de l’État revient cycliquement au premier plan des débats économiques français, souvent portée par des impératifs de réduction des déficits publics. En 2025, les données sont sans ambiguïté sur l’ampleur du problème : les dépenses des administrations publiques représentent 57,2 % du PIB – un niveau pratiquement inchangé depuis 2021, en dépit de deux années noires consécutives en 2023 et 2024 qui ont chacune vu le déficit public se dégrader au lieu de se résorber. La dette publique atteint désormais 115,6 % du PIB, soit 3 465 milliards d’euros, et la Cour des comptes avertit que sans effort soutenu, elle pourrait dépasser 125 % à l’horizon 2029.
Dans ce contexte, la tentation est grande de présenter la réduction du périmètre de l’État – privatisations, suppressions d’organismes publics, transferts au secteur privé – comme la réponse naturelle à la dérive des comptes. Cette note interroge cette proposition à trois niveaux : où l’État dépense-t-il effectivement, et quels postes expliquent la dynamique actuelle ? Quel bilan économique peut-on tirer des quatre décennies de privatisations qui ont profondément reconfiguré le secteur public productif depuis 1986 ? Et enfin, la réduction du périmètre constitue-t-elle réellement un levier de consolidation budgétaire sérieux, ou existe-t-il des stratégies plus efficaces ?
Par William Thay, Président du Millénaire,
Hugo Ragain, Expert économique du Millénaire
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Crédit Photo : Élysée, via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 3.0

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