William Thay pour Valeurs Actuelles : « Impôt sur le revenu, une folie française »

TRIBUNE. Cet impôt concentré sur une minorité de contribuables saborde notre prospérité sur l’autel de l’égalitarisme. Une fois de plus, la France est à contre-courant de la tendance mondiale, rappelle William Thay, président du think-tank gaulliste Le Millénaire spécialisé en politiques publiques

La saison des impôts est de retour, ce jeudi 9 avril, les Français pourront effectuer leur déclaration de revenu. Apparemment égalitaire, l’impôt sur le revenu est profondément inégalitaire dans notre pays parce qu’il se concentre sur quelque uns tandis que d’autres sont totalement épargnés.

L’impôt sur le revenu a été créé le 15 juillet 1914 pendant la Première Guerre mondiale, afin de financer l’effort de guerre. Cet impôt « moderne » lors de sa conception, devait répondre à trois objectifs : moderniser notre système fiscal, répondre aux besoins financiers de l’État et instaurer une justice fiscale. Plus de 100 ans, après sa création, cet impôt a montré ses limites et ne répond plus à ces objectifs.

Un impôt concentré sur une minorité de contribuable 

En apparence égalitaire, l’impôt sur le revenu est inégalitaire, puisque moins d’une moitié de contribuable paie l’impôt sur le revenu. En 2025, seuls 19,6 millions de foyers se sont acquittés de l’impôt sur les 41,5 millions de foyers fiscaux, soit 45% de foyers imposables. Ainsi de plus en plus de foyers échappent à cet impôt, puisque plus de 60% le payaient dans les années 70 et 80.

En conséquence, la charge de l’impôt est supportée par une minorité de foyers. En effet, puisque de moins en moins de foyers paient l’impôt, ce dernier se concentre de plus en plus sur les foyers les plus aisés. Les 10% des foyers les plus aisés paient 77% du produit de l’impôt sur le revenu. Tandis que 1% des foyers les plus aisés acquitte à lui seul un peu plus de 30 % du produit total de cet impôt. Enfin 0,1% des foyers les plus fortunés paie plus de 13% du produit de l’impôt.

La France à contre-courant 

Ces données devraient conduire notre pays à réfléchir sur ces inégalités qui concentrent déjà la charge de l’impôt sur les plus aisés. Pourtant, le dernier débat budgétaire s’est concentré sur la création d’une taxe Zucmann destinée à imposer davantage les plus riches. Dans l’un si ce n’est le pays le plus fiscalisé au monde, on ne trouve pas d’autres recettes économiques que de créer de nouveaux impôts, afin de faire payer ceux qui supportent déjà une grande partie du poids de la fiscalité. Si la création de nouveaux impôts était synonyme de prospérité, la France serait le pays le plus riche du monde.

Notre pays va à contre-courant de la tendance mondiale puisque nous sommes dans une logique de concurrence fiscale entre les États pour attirer les talents et les fortunes. Au sein de l’Union européenne, le Portugal a voté des baisses significatives d’impôts pour cibler la classe moyenne et les jeunes actifs tandis que l’Italie a mis en place un régime fiscal attractif pour les nouveaux résidents fortunés. Le modèle italien a été repris par la Grèce. Nos voisins cherchent à attirer les plus fortunés tandis que nous souhaitons les convaincre de rester en les imposant et les matraquant davantage, une belle tactique de séduction.

La France doit se réveiller pour tourner la page de ses lubies égalitaires qui ne créent que davantage d’inégalités. Au lieu de s’épuiser à inventer de nouvelles taxes, notre pays doit comprendre qu’il faut attirer et inciter plutôt que contraindre. Poursuivre cette exception punitive revient tout simplement à saborder notre prospérité sur l’autel d’une pure illusion égalitaire. La véritable séduction économique ne se décrète jamais par la contrainte, ce n’est pas en punissant et en entravant qu’on attire et conserve des personnes qui ont une certaine passion pour la mobilité et donc la liberté.

William Thay, président du think-tank Gaulliste « Le Millénaire » spécialisé en politiques publiquesPour soutenir nos analyses ou nous rejoindre pour rendre sa grandeur à la France

Crédit photo : ministère de l’Économie et des Finances, via Flickr sous licence CC BY 2.0

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