Avec 7 % de syndiqués, contre 50 % en 1949, le syndicalisme français est en sursis. Il reste pourtant indispensable pour canaliser la contestation et faire contrepoids aux entreprises. La note propose de le refonder : syndicat unique par branche, syndicalisme de services, adhésion obligatoire et reconnaissance des représentants du personnel.
Le constat
Seulement 7 % de syndiqués en France, le taux le plus bas d’Europe.
La cause
Des syndicats jugés politisés et déconnectés, sans avantage à l’adhésion, affaiblis par l’individualisation du travail.
La conséquence
Syndicat unique par branche, services aux adhérents, adhésion obligatoire, dialogue social de résultats.
Avant-propos
En préambule, il convient de rappeler un chiffre qui illustre parfaitement la tendance baissière du syndicalisme : on estime à 7 % le nombre de syndiqués en France alors que ce taux était de 50 % en 1949… Cette chute est paradoxale dans la mesure où, au nom de la compétitivité & de la croissance économique, les injustices dans le monde du travail n’ont jamais été aussi importantes.
Pour expliquer cet effondrement, il est naturellement logique de procéder à un rapprochement avec la quasi-disparition du communisme (idéologie qui a littéralement portée le mouvement syndical), avec l’effondrement du secteur industriel (secteur historiquement très syndicalisé) ou encore avec le développement d’un individualisme forcené peu propice à des démarches collégiales, base de l’effet de levier syndical.
Un syndicalisme en crise
Un effondrement des effectifs. La note estime à 7 % la part de syndiqués en France, contre 50 % en 1949. Le déclin du communisme, la désindustrialisation et l’individualisme expliquent en partie cette chute.
Deux interprétations privilégiées. Les syndicats se sont coupés de la majorité des salariés et agents qu’ils représentent, et leur influence a été affaiblie par les choix des gouvernements successifs au cours des trente dernières années.
Un schisme syndical. D’un côté, un syndicalisme de lutte dont la base se radicalise ; de l’autre, un syndicalisme réformiste ouvert à toutes les concessions. L’individualisation des carrières et des rémunérations a en outre affaibli la capacité de mobilisation, et l’opacité passée de certaines finances syndicales a terni leur image.
des salariés seraient syndiqués en France, contre 50 % en 1949.
Les enjeux d’une refonte
Canaliser la contestation. Derrière l’affaiblissement des syndicats apparaît une contestation hors de contrôle, comme celle des Gilets jaunes. La note plaide pour un syndicalisme pragmatique, capable d’adapter ses revendications tout en restant exigeant, qui donnerait un visage à la contestation.
Développer un contre-pouvoir dans les entreprises. Les services RH tendent à se substituer aux représentants du personnel, alors que l’entreprise est juge et partie. Un contre-pouvoir interne puissant limiterait la capacité des entreprises à imposer leurs exigences aux salariés comme aux États.
Le syndicalisme n’est pas mort mais il semble être en sursis.
Les leçons de l’étranger
Le système de Gand. Dans les pays scandinaves et en Belgique, l’appartenance à un syndicat conditionne l’accès à certaines prestations sociales, notamment l’assurance chômage. Le taux de syndicalisation y atteint 74 % en Finlande, 70 % en Suède et 50 % en Belgique.
Un syndicalisme d’intérêt général en France. Les avancées obtenues s’appliquent à tous les salariés et non aux seuls adhérents : se syndiquer n’apporte aucune plus-value mesurable, et peut même nuire à une carrière.
Les axes de réflexion
Au niveau national. La note propose de faire évoluer les mentalités, d’aller vers un syndicat unique par branche sur le modèle allemand, regroupé sous une confédération, de transformer les syndicats en acteurs institutionnels coresponsables des conditions économiques et sociales, de développer un syndicalisme de services (assistance juridique, services financiers, aides sociales, loisirs) et de rendre l’adhésion obligatoire.
Dans chaque entreprise. Permettre aux syndicats de se présenter aux nouveaux arrivants, élargir leurs attributions (gestion des fonds d’intéressement et de participation, évolution professionnelle), revoir les règles de propagande syndicale à l’heure du télétravail.
Un dialogue social de résultats. Passer d’une logique de moyens à une logique de résultats : bonus-malus social, observateur externe dans chaque négociation, classement de « bien-être social » des entreprises.
Reconnaître les représentants du personnel. Offrir des perspectives de carrière aux élus, professionnaliser le syndicalisme par un statut et un parcours de formation, et lancer un plan national de relance des carrières bloquées.
La syndicalisation en Europe
Taux de syndicalisation (%)
La France a le taux de syndicalisation le plus faible de l’Union.
Taux de syndicalisation en France (%)
La syndicalisation a été divisée par sept depuis 1949.
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