« We need Greenland for national security ». Ce sont les mots prononcés par Donald Trump en janvier 2026 au sujet du territoire groenlandais qui fait partie du royaume du Danemark. Cette annonce a fait office de séisme cognitif dans la mesure où les Danois sont des alliés historiques des États-Unis d’Amérique. Plus que des alliés, Copenhague adopte depuis plusieurs années une stratégie « hyper-atlantiste ».
Le Danemark est l’un des membres fondateurs de l’OTAN en 1949. Copenhague est alignée sur la politique étrangère américaine, le royaume est intervenu aux côtés de Washington dans leur campagne en Afghanistan, en Irak et plus récemment dans le soutien à l’Ukraine face à l’invasion russe de 2022. La coopération sécuritaire et militaire est aussi étroite entre les deux pays : achats de F-35 américains et espionnage par la National Security Agency (NSA) depuis le Danemark sur, notamment, la France.
De prime abord, le Danemark semble plus américain qu’européen et c’est ce qui explique une difficile prise de conscience du lâchage par les États-Unis d’Amérique. En effet, l’agressivité américaine est un rappel douloureux de l’adage du général de Gaulle selon lequel « les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Face à cette véritable douche froide de realpolitik trumpiste, la première ministre danoise Mette Frederiksen n’a pas mâché ses mots en affirmant que si les États-Unis d’Amérique attaquaient militairement le Groenland, cela voudrait dire la fin de l’OTAN.
Face à ce paradoxe américain, nous allons nous poser les questions suivantes :
- En quoi le Groenland suscite-t-il l’intérêt des puissances mondiales ?
- Quel est l’intérêt de Donald Trump au Groenland ?
- En quoi cette crise diplomatique a impacté les relations transatlantiques ?
- L’OTAN est-elle en phase de mort cérébrale ou est-ce que l’alliance est sortie renforcée de cette passe d’armes diplomatique ?
Dans une première partie, nous allons explorer la position géostratégique du Groenland entre l’Arctique et l’Atlantique Nord. Dans une deuxième partie, nous aborderons la relation historique et à venir entre Nuuk et Washington. Dans une troisième partie, nous analyserons en quoi cette crise incarne un stress-test pour l’atlantisme.
Par Sean Scull, géopolitologue, essayiste et chargé d’études Etats-Unis au Millénaire.
Clémentine Cécillon, analyste international au Millénaire.
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Crédit photo : The Greenland flag in the capital Nuk, Greenland, GRID-Arendal, via Flickr sous license CC BY-NC-SA 2.0.

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