Pour un festival international de la chanson francophone à Cannes

L’étoile de la chanson francophone a pâli. Pour redonner un rayonnement culturel mondial à la chanson francophone, et replacer la France comme exportatrice culturelle majeure sur le marché de la musique, nous devrions suivre le modèle gaulliste mis en place pour le cinéma avec le Festival de Cannes. En faisant de ce Festival la sélection nationale du représentant de la France au concours de l’Eurovision, c’est-à-dire que la Palme d’or de la meilleure chanson irait représenter la France au concours, nous donnerions enfin à notre pays les armes pour gagner, et retrouverions le soft power qui a pu être celui de la chanson française par le passé.

Pendant de longues décennies après-guerre, la chanson française et francophone a connu des heures de gloire, avec de grands artistes reconnus mondialement, repris dans de nombreuses autres langues, comme Edith Piaf, Charles Aznavour, Jacques Brel ou Yves Montand (au pic de leurs carrières internationales sur les années 45-70), puis Serge Gainsbourg, Mylène Farmer et Céline Dion dans les années 70-90. Depuis, à part Stromae et dans une certaine mesure Aya Nakamura, plus aucun artiste francophone n’a connu de grande carrière internationale.

Cela a un impact direct sur le soft power de la France et du français, ainsi que sur l’industrie musicale française. Alors que des acteurs français contemporains comme Marion Cotillard, Omar Sy ou Jean Dujardin ont réussi à construire une reconnaissance et une carrière mondiale, il n’en est plus de même pour les chanteurs français.

Cet état de fait est illustré le plus directement par les performances erratiques et en moyenne médiocres de la France à l’Eurovision, dont la finale 2026 aura lieu le 16 mai à Vienne. Cette note vise à analyser les ressorts de cet échec, et à proposer un effort concerté entre pouvoirs publics, artistes et industrie musicale pour créer un « Festival international de la chanson francophone » dont la finale aurait lieu chaque année à Cannes. Cette finale servant de point culminant à un processus de sélection nationale (avec des demies finales dans toutes les régions dans les mois précédents) pour choisir le représentant de la France à l’Eurovision. Ce Festival aurait pour objectif à 3 à 5 ans de devenir un événement télévisuel et un rendez-vous culturel incontournable de la chanson au niveau mondial, mettant à l’honneur la chanson francophone dans toute sa diversité. Cela aurait des répercussions positives majeures pour le soft power de la France, pour la redynamisation de la Francophonie autour d’un évènement fédérateur, et pour la santé de l’industrie de création musicale française et francophone.

Par Florian Gerard-Mercier, Directeur adjoint des études du Millénaire,

Pour soutenir nos analyses ou nous rejoindre pour rendre sa grandeur à la France

Crédit photo : Ned trappene til den verdensberømte røde løperen i Cannes, de Av  Christophe Bouillon og FDC, via Store Norske Leksikon, sous licence PDM 1.0. 

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.