Au tournant des années 2000, nombreux étaient ceux qui annonçaient le basculement du centre de gravité du monde vers l’Asie, et la montée inexorable de la Chine comme puissance dominante du XXIᵉ siècle. Pourtant, la crise sanitaire mondiale de 2020 a révélé certaines fragilités profondes du modèle chinois, mettant à mal la dynamique industrielle du pays. Le redémarrage post-Covid s’est révélé plus ardu que prévu, et l’industrie de défense, comme toute branche de l’économie chinoise, n’a pas échappé à ces contraintes.
Pour autant, le régime de Xi Jinping n’a pas renoncé à son objectif de faire de la Chine une puissance militaire de premier plan. Malgré les obstacles économiques, les dépenses de défense ont continué à augmenter régulièrement, au point de placer la Chine au deuxième rang mondial après les États-Unis. Ces derniers disposent toujours d’une avance considérable : une présence militaire globale, onze porte-avions à propulsion nucléaire, des capacités de projection inégalées et un réseau d’alliances planétaires. Mais cette supériorité est de plus en plus contestée.
C’est dans ce contexte qu’il convient de comprendre le réarmement chinois. Pékin cherche non seulement à garantir sa sécurité dans un environnement stratégique tendu, mais aussi à s’assurer une place centrale dans le nouvel ordre mondial. La rivalité sino-américaine, véritable « piège de Thucydide », voit la puissance émergente, la Chine, remettre en cause l’hégémonie établie de la puissance dominante, les États-Unis. Pour éviter une confrontation directe tout en s’y préparant, Xi Jinping a ainsi fait du renforcement militaire un pilier central de son projet national. Plus qu’une simple modernisation technique, c’est une transformation stratégique profonde que connaît l’Armée populaire de libération.
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Crédit photo : World leaders attending the 2025 China Victory Day Parade, de President of Russia, via Wikimedia Commons, sous license CC BY 4.0.

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