L’Afrique se trouve aujourd’hui au cœur d’un système économique mondial marqué par une interdépendance croissante entre les États, les marchés et les grandes routes commerciales. Même lorsqu’un conflit éclate loin de ses frontières, le continent africain est aussi touché par la hausse des prix, la perturbation des échanges, la raréfaction de certaines ressources. La guerre en Ukraine, déclenchée en février 2022 et la fermeture du détroit d’Ormuz, constituent deux exemples de cette vulnérabilité.
Or, les pays africains cumulent une crise de la production de richesses, une dépendance aux importations de produits intermédiaires y compris sur les plans alimentaires et énergétiques, des crises sociales comme celles de la « Gen Z » et des fragilités budgétaires pouvant amener à des crises des dettes souveraines si les chocs exogènes viennent à se multiplier.
L’enjeu de cette étude est d’analyser la manière dont ces deux crises, illustrant une forme de « démondialisation », affectent les économies africaines. Il ne s’agit pas seulement d’observer une hausse des prix ou une difficulté d’approvisionnement, mais de comprendre comment ces chocs extérieurs révèlent des fragilités structurelles. D’autant plus que l’Afrique subit, comme ailleurs, le ralentissement du commerce international et de la production mondiale, conséquences du nouveau cycle économique post-crise sanitaire. Ainsi, comment la guerre en Ukraine et celle d’Ormuz fragilisent-elles les économies africaines, tout en révélant la nécessité d’une transformation structurelle du continent ? Alors qu’un ouragan de famines pouvait être à redouter, les pays africains ont finalement mieux résisté que prévu et peut être mieux que d’autres zones comme l’Europe. Ce sont paradoxalement les plus grandes économies qui ont le plus souffert (Égypte, Afrique du Sud, Nigéria, etc.), une mauvaise nouvelle pour l’intégration régionale africaine. Ces crises ont accéléré les impératifs de transformation des pays africains et constituent des avertissements pour que les pays africains se préparent mieux à l’avenir.
Par Nour Zeghdoud, Analyste au Millénaire
Matthieu Hocque, Directeur Général du Millénaire, spécialiste en politiques publiques
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Crédit photo : 17th Ordinary African Union Summit in Malabo, Equatorial Guinea, de Embassy of Equatorial Guinea, via Flickr, sous license CC BY-ND 2.0

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