Dernière mise à jour : 3 septembre 2026 au soir · dernier sondage intégré : Forschungsgruppe Wahlen / ZDF, terrain du 1er au 3 septembre · run reproductible, graine fixée
| AfD | 38,9 % | ▼ 0,4 pt | 33,0 à 44,4 | ▼ 0,4 pt | |
| CDU | 24,9 % | ▲ 0,5 pt | 19,5 à 30,7 | ▲ 0,5 pt | |
| Die Linke | 12,4 % | ▼ 0,8 pt | 9,4 à 15,8 | ▼ 0,8 pt | |
| SPD | 8,4 % | ▲ 0,5 pt | 6,4 à 10,7 | ▲ 0,5 pt | |
| Grünen | 5,2 % | ▲ 0,4 pt | 3,9 à 6,6 | ▲ 0,3 pt | |
| BSW | 3,7 % | ▼ 0,1 pt | 2,8 à 4,7 | ▼ 0,1 pt | |
| FDP | 2,7 % | ▲ 0,2 pt | 1,6 à 4,6 | ▲ 0,1 pt |
Valeurs issues du moteur, vérifiées par exécution réelle et reproductibles au bit près.
L'électeur de Saxe-Anhalt vote deux fois le même jour. La première voix, Erststimme, désigne un candidat dans sa circonscription : il y en a 41, et chacune envoie au Landtag celui qui arrive en tête, à la majorité relative et en un seul tour. La seconde voix, Zweitstimme, va à une liste de parti à l'échelle du Land.
Les deux voix n'ont pas le même poids. C'est la seconde qui fixe la répartition d'ensemble : le nombre total de sièges revenant à chaque parti est calculé à partir d'elle seule, à la proportionnelle. Les mandats directs gagnés à la première voix viennent en déduction de ce total. Un parti qui remporte dix circonscriptions et a droit à trente sièges au total en recevra vingt de sa liste. L'AfD est ici à l'extrême de ce mécanisme : 38,5 mandats directs en moyenne, et quasiment aucun siège de liste. C'est pourquoi un modèle qui prédirait bien les circonscriptions mais mal la seconde voix se tromperait sur l'essentiel.
Un parti qui n'atteint pas 5 % des secondes voix n'obtient aucun siège de liste, quel que soit son score. Ses voix ne disparaissent pas pour autant : elles sortent du calcul, et la répartition se fait entre les seuls partis qualifiés, ce qui gonfle mécaniquement la part de chacun d'eux. C'est la raison pour laquelle le sujet de ce scrutin n'est pas le vainqueur mais la barre des 5 %, et pourquoi les Grünen, donnés à 5,15 % pour un seuil à 5 %, décident à eux seuls de la configuration du Parlement.
La Saxe-Anhalt n'a pas de clause de mandat direct. À Berlin, en revanche, un seul mandat direct remporté lève le seuil et ouvre l'accès à la répartition proportionnelle : la même règle nationale connaît des variantes d'un Land à l'autre.
Le Landtag compte 83 sièges de base. Il en compte presque toujours davantage, et c'est le point le moins intuitif du système.
Quand un parti remporte plus de circonscriptions que son droit proportionnel ne lui en accorde, il conserve le surplus : ce sont les mandats excédentaires, Überhangmandate. Pour rétablir l'équilibre, la loi attribue alors aux autres partis des mandats compensatoires, Ausgleichsmandate, jusqu'à ce que la proportionnalité d'ensemble soit restaurée. Le Parlement grossit donc à mesure qu'un parti domine les circonscriptions sans dominer les secondes voix.
C'est exactement la situation prévue ici : l'AfD est donnée gagnante dans 39 des 41 circonscriptions avec 38,9 % des secondes voix. Le Landtag passe de 83 sièges de base à 91 si les Grünen entrent, 85 sinon. Le seuil de majorité absolue monte avec lui, de 43 à 46 sièges. C'est la raison pour laquelle l'AfD peut gagner presque toutes les circonscriptions et rester loin de la majorité. La répartition suit la méthode Hare-Niemeyer, dite des plus forts restes.
Le Landtag élit ensuite le chef du gouvernement. L'article 65 de la Verfassung du Land prévoit deux tours à la majorité absolue des membres, puis, si aucun candidat n'y parvient, une fenêtre de quatorze jours pendant laquelle l'assemblée peut voter sa propre dissolution. Si elle ne le fait pas, un troisième tour a lieu où la majorité des seuls suffrages exprimés suffit : l'abstention est retirée du décompte.
Cette règle est décisive dans un Parlement sans majorité. Elle permet d'élire un Ministre-président qu'une partie de l'assemblée refuse de soutenir, à condition qu'elle s'abstienne plutôt que de voter contre. Les deux autres Länder qui votent le 20 septembre ont chacun leur propre variante. Le Mecklembourg, article 42 de sa Verfassung, pratique des tours illimités à la majorité absolue des membres pendant quatre semaines : une abstention y équivaut donc à un vote contre, et les scénarios de tolérance qui fonctionnent en Saxe-Anhalt n'y jouent pas de la même façon. Berlin n'associe aucune procédure de dissolution à l'échec.
| Direct | Liste | Total | écart | 90 % | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| AfD | 38.45 | 0.29 | 39 | = | 36-41 | = | |
| CDU | 1.52 | 23.30 | 25 | ▲ 1 | 18-32 | +1 | |
| Die Linke | 0.63 | 12.32 | 13 | = | 9-17 | = | |
| SPD | 0.08 | 8.38 | 8 | = | 6-11 | = | |
| Grünen | 0.32 | 5.44 | 6 | ▲ 6 | 0-7 | +6 | |
| BSW | 0.00 | 0.12 | 0 | = | 0-0 | = | |
| FDP | 0.00 | 0.22 | 0 | = | 0-0 | = |
L'AfD remporte 38,5 des 41 mandats directs en moyenne, mais quasiment aucun siège de liste. C'est le mécanisme des mandats excédentaires : avec 38,9 % des voix elle aurait droit à environ 35 sièges dans un Landtag de 91, or elle en gagne 38 à 39 directement. Ces cinq sièges de trop lui restent acquis, et la loi compense les autres partis pour rétablir la proportionnalité, ce qui gonfle le Landtag de 83 sièges de base à 87 en médiane, et jusqu'à 99 dans un cas sur vingt. À l'inverse, la CDU tire 23 de ses 24 sièges du scrutin de liste, et la Linke 12 sur 13.
Les Grünen n'ont de sièges que dans les 56,3 % de tirages où ils franchissent les 5 % : six sièges quand ils entrent, zéro sinon. Colonnes Direct et Liste en moyenne sur 20 000 tirages, Total en médiane.
Dans neuf tirages sur dix, aucune combinaison à la fois majoritaire et politiquement praticable n'existe. Ce n'est pas une impasse : c'est un gouvernement minoritaire, tributaire de majorités variables au Landtag.
Deux Länder voisins fonctionnent déjà ainsi. Michael Kretschmer (CDU) dirige en Saxe un gouvernement minoritaire dont la coalition réunit ponctuellement des majorités avec les voix de Die Linke. En Thuringe, la coalition de Mario Voigt n'a pas non plus de majorité propre au Landtag. Interrogé au ZDF-Morgenmagazin le 1er septembre sur la Saxe-Anhalt, Kretschmer a redit qu'un gouvernement avec Die Linke était pour lui exclu, les divergences de fond étant trop grandes. Sa propre pratique montre pourtant la distinction : exclure Die Linke du gouvernement n'empêche pas de réunir des majorités avec ses voix au Parlement. Comme en Saxe, il est possible que Sven Schulze coopère avec Die Linke pour avoir des majorités de projet. Toutefois, une partie de la CDU de Saxe-Anhalt pourrait préférer des majorités changeantes incluant l'AfD, ce qui éloignerait Die Linke.
Le seul chemin qui ne dépend d'aucun autre parti. Sa probabilité varie fortement selon que les Grünen entrent ou non : 2,5 % s'ils entrent, 13,4 % s'ils restent dehors.
Pourquoi 39 % de voix ne font pas une majorité. Les sièges ne se répartissent qu'entre les partis qui franchissent les 5 %. Les voix des autres, et celles du poste résiduel, sont écartées du calcul. Ce qui compte pour l'AfD n'est donc pas son score dans le Land, mais sa part parmi les voix qui comptent.
Aujourd'hui, l'AfD est donnée à 38,9 % et l'ensemble des partis qualifiés à environ 89,8 %. Sa part utile est donc de 43,3 %, et il lui faut dépasser 50 % de ce total pour avoir la majorité des sièges. Il lui manque environ six points de score.
Moins il y a de partis au Landtag, plus la barre s'abaisse : les voix des recalés sont écartées et la part utile de l'AfD monte à score égal.
| Partis au Landtag | Score requis | Écart au central |
|---|---|---|
| Quatre : AfD, CDU, Linke, SPD | 42,8 % | +3,9 pts |
| Cinq, avec le BSW | 44,7 % | +5,8 pts |
| Cinq, avec les Grünen | 45,4 % | +6,5 pts |
| Six, Grünen et BSW | 47,2 % | +8,3 pts |
Score qu'il faudrait à l'AfD pour atteindre la majorité absolue des sièges, selon le nombre de partis qui franchissent les 5 %, à la stricte proportionnelle entre qualifiés.
Le modèle confirme ce classement sur les tirages réels : la majorité absolue de l'AfD vaut 13,4 % des tirages quand les Grünen restent dehors, et seulement 2,5 % quand ils entrent. Cinq fois moins, pour six points de seuil supplémentaires.
Un second effet joue en sens contraire, et il est propre au système allemand. L'AfD remporte 38,5 des 41 mandats directs, bien au-delà de son droit proportionnel. Ces mandats excédentaires lui restent acquis, la loi compense les autres partis pour rétablir la proportionnalité, et le Parlement gonfle : 91 sièges quand les Grünen entrent, 85 sinon, contre 83 de base. Le seuil de majorité monte avec lui, de 43 à 46 sièges. L'AfD s'éloigne donc de la majorité sans perdre un seul siège.
C'est cette double mécanique qui explique qu'un parti à près de 39 % des voix, arrivé en tête dans 98 % des simulations et raflant la quasi-totalité des circonscriptions, n'obtienne la majorité absolue que dans 7,2 % des tirages.
Cette coalition n'existe que si les Grünen franchissent les 5 %. Dans cette branche seule, elle atteint 2,6 % et devient la combinaison majoritaire la plus probable, devant l'AfD.
Bornée par la probabilité que le BSW entre au Landtag, 2,6 %. Sans siège, pas de coalition.
Tout dépend des Grünen, et le scrutin bascule avec eux. Ils entrent au Landtag dans 56,3 % des tirages. Dans cette branche, le Landtag compte 91 sièges et la majorité absolue est à 46 : la majorité absolue de l'AfD tombe à 2,5 % et CDU + SPD + Grünen devient la première combinaison majoritaire, à 2,6 %. Dans l'autre branche, 85 sièges et une majorité à 43 : l'AfD seule remonte à 13,4 %, plus de cinq fois plus.
Autrement dit, l'entrée des Grünen ne leur donne pas seulement six sièges. Elle relève la barre de la majorité de trois sièges et divise par cinq les chances de l'AfD de gouverner seule.
Qui forme le gouvernement n'est pas un résultat du modèle. L'AfD arrive en tête dans 97,7 % des tirages, mais aucune combinaison praticable ne la contient hors elle-même et AfD + BSW. Le critère du formateur ne discrimine donc pas, et la règle de sélection retombe sur la taille et le surplus. Désigner la CDU comme formateur d'un gouvernement minoritaire est une lecture politique, comme en Thuringe, pas une sortie du calcul.
Le scénario le plus ouvert dans les deux configurations, et l'entrée des Grünen l'élargit encore : les treize voix de Die Linke s'ajoutent à 39 sièges de gouvernement au lieu de 33, soit 52 contre 39.
Pourquoi Die Linke voterait pour sans participer. Trois raisons se cumulent. Le barrage d'abord : elle a emprunté ce chemin dans d'autres Länder pour empêcher l'AfD d'accéder à la présidence, et s'est dite prête à défendre la démocratie avec la CDU le 13 août en Wahlarena MDR. La contrainte ensuite : Schulze a exclu des ministres Linke, pas un accord parlementaire, donc entrer au gouvernement lui est de toute façon fermé. Son intérêt propre enfin : à treize sièges dans un Land qu'elle a failli quitter en 2023, elle a plus à gagner en restant l'opposition de gauche qu'en co-signant l'austérité d'un gouvernement CDU.
C'est ici que l'entrée des Grünen change tout. Sans eux, une abstention de Die Linke installe l'AfD : 39 voix contre 33, Siegmund est élu. Avec eux, les six voix des Grünen s'ajoutent au camp du non et l'égalité se fait à 39 contre 39. L'AfD n'a plus la majorité des exprimés, et son élection échoue.
Autrement dit, l'entrée des Grünen ferme le chemin le plus contre-intuitif du scrutin, celui où une abstention de gauche installe l'extrême droite. Ce que prévoit le droit en cas d'égalité exacte au troisième tour n'a pas été établi sur source primaire, et c'est un point à trancher.
Le chemin par l'abstention de la CDU reste ouvert dans les deux configurations. Il est arithmétiquement large et politiquement fermé : la CDU s'est engagée en sens contraire.
Le seul cas où l'investiture ne se joue pas au troisième tour. CDU + SPD + Grünen atteint 39 sièges pour 46 requis : la coalition n'est pas majoritaire à elle seule, et elle ne le devient que dans 2,6 % des tirages de cette branche. Une participation de Die Linke la rendrait largement majoritaire, mais Schulze a exclu tout ministre Linke.
Pourquoi aucun chiffre n'est affiché ici. Chaque scénario est arithmétiquement accessible sous une hypothèse de vote différente, et ces hypothèses ne sont pas comparables entre elles. Leur mettre un pourcentage côte à côte suggérerait un classement qui n'existe pas. Ce qui décide est un comportement politique, et il ne se modélise pas.
La lecture d'ensemble tient en deux phrases. Tout dépend de Die Linke : si elle vote pour, Schulze est élu dans les deux configurations. Et tout dépend des Grünen : s'ils entrent, une abstention de Die Linke ne suffit plus à installer Siegmund.
| N° | 2021 | % | Second | Écart | 2026 | Prob. |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 01 | CDU | 36.4 | AfD 17.7 | 18.7 | AfD | 93,3 % |
| 02 | CDU | 36.3 | AfD 19.8 | 16.5 | AfD | 97,2 % |
| 03 | CDU | 26.7 | FW 25.0 | 1.6 | AfD | 99,7 % |
| 04 | CDU | 29.7 | AfD 22.3 | 7.4 | AfD | 99,6 % |
| 05 | CDU | 31.3 | AfD 26.6 | 4.6 | AfD | 99,8 % |
| 06 | CDU | 38.5 | AfD 20.6 | 17.9 | AfD | 96,9 % |
| 07 | CDU | 37.0 | AfD 23.6 | 13.4 | AfD | 99,0 % |
| 08 | CDU | 40.4 | AfD 20.6 | 19.8 | AfD | 95,6 % |
| 09 | CDU | 32.8 | AfD 24.5 | 8.2 | AfD | 99,6 % |
| 10 | CDU | 29.2 | AfD 19.9 | 9.3 | AfD | 99,3 % |
| 11 | CDU | 28.1 | GRUENE 15.9 | 12.2 | AfD | 67,4 % |
| 12 | CDU | 32.6 | AfD 16.5 | 16.2 | AfD | 95,0 % |
| 13 | CDU | 33.2 | AfD 17.5 | 15.7 | AfD | 96,5 % |
| 14 | CDU | 30.4 | LINKE 22.3 | 8.1 | AfD | 97,8 % |
| 15 | CDU | 33.6 | AfD 20.2 | 13.4 | AfD | 98,5 % |
| 16 | CDU | 30.4 | SPD 24.4 | 6.0 | AfD | 94,9 % |
| 17 | CDU | 33.5 | AfD 20.9 | 12.6 | AfD | 98,9 % |
| 18 | CDU | 33.8 | AfD 22.7 | 11.1 | AfD | 99,3 % |
| 19 | CDU | 32.7 | AfD 28.7 | 4.0 | AfD | 99,8 % |
| 20 | CDU | 34.5 | AfD 22.6 | 12.0 | AfD | 99,2 % |
| 21 | CDU | 34.7 | AfD 24.8 | 9.9 | AfD | 99,5 % |
| 22 | CDU | 37.4 | AfD 25.1 | 12.3 | AfD | 99,3 % |
| 23 | CDU | 36.5 | AfD 23.1 | 13.4 | AfD | 99,0 % |
| 24 | CDU | 53.9 | AfD 18.2 | 35.7 | CDU | 63,5 % |
| 25 | CDU | 39.2 | AfD 25.7 | 13.5 | AfD | 99,2 % |
| 26 | CDU | 37.1 | AfD 19.1 | 18.0 | AfD | 95,8 % |
| 27 | CDU | 35.6 | AfD 22.3 | 13.3 | AfD | 98,9 % |
| 28 | CDU | 35.3 | AfD 26.7 | 8.6 | AfD | 99,6 % |
| 29 | CDU | 35.2 | AfD 24.6 | 10.6 | AfD | 99,5 % |
| 30 | CDU | 32.3 | AfD 28.6 | 3.7 | AfD | 99,8 % |
| 31 | CDU | 35.0 | AfD 26.9 | 8.1 | AfD | 99,6 % |
| 32 | CDU | 34.9 | AfD 28.5 | 6.4 | AfD | 99,7 % |
| 33 | CDU | 41.2 | AfD 28.9 | 12.3 | AfD | 99,5 % |
| 34 | CDU | 34.7 | AfD 24.7 | 10.0 | AfD | 99,5 % |
| 35 | CDU | 31.4 | AfD 24.2 | 7.2 | AfD | 99,6 % |
| 36 | CDU | 27.0 | SPD 15.8 | 11.2 | AfD | 89,3 % |
| 37 | CDU | 23.0 | GRUENE 21.2 | 1.8 | LINKE | 53,1 % |
| 38 | CDU | 38.5 | AfD 21.1 | 17.4 | AfD | 97,3 % |
| 39 | CDU | 27.7 | AfD 24.9 | 2.8 | AfD | 99,5 % |
| 40 | CDU | 42.1 | AfD 24.0 | 18.1 | AfD | 98,0 % |
| 41 | AfD | 27.1 | CDU 26.1 | 1.0 | AfD | 99,8 % |
En 2021 la CDU remportait 40 circonscriptions sur 41, l'AfD une seule, la 41, avec 27,1 % contre 26,1 %. Le modèle donne aujourd'hui l'AfD favorite dans 39 circonscriptions sur 41 : il ne reste que la 24, bastion CDU à 56,9 %, et la 37, seule circonscription où Die Linke passe devant, à 73,3 %. Quatre circonscriptions ont un favori sous 90 % de probabilité : la 11, la 24, la 36 et la 37.
Réserve de méthode : le tracé employé est celui de 2021 ; une modification du Wahlgesetz du 7 février 2025 n'a pas pu être vérifiée.
L'AfD part de 20,8 % au scrutin de 2021 et arrive à 41,3 % : elle double. La CDU fait le trajet inverse, de 37,1 % à 23,4 %, et les deux courbes se croisent au printemps 2025. Die Linke, donnée pour morte en 2023 sous les 6 %, remonte à 12,8 %. Le BSW apparaît en 2024, culmine à 15 % à l'automne, puis redescend sous le seuil.
Le lissage est un noyau gaussien appliqué directement aux sondages publiés, sans passer par l'agrégat du moteur : c'est ce qui donne une courbe continue là où l'agrégat s'interrompait. 154 observations issues de 23 vagues, de février 2022 à août 2026.
À ne pas confondre avec le tableau du scrutin. Cette courbe ne porte ni la correction de biais par institut, ni l'ancrage historique, ni la pondération par taille d'échantillon et fiabilité. Elle décrit ce que les instituts publient ; le tableau décrit ce que le modèle en conclut. L'écart se voit sur le BSW, 4,2 % en moyenne brute contre 3,8 % de valeur centrale. La vague Wahlkreisprognose du 27 août est retirée : elle republie les chiffres de la Forschungsgruppe Wahlen du même jour.
Au 1er septembre : Die Linke 100 % · CDU 100 % · AfD 100 % · SPD 99 % · Grünen 43 % · FDP 4 % · BSW 3 %
Comment elle est construite. À chaque date, l'agrégat des sondages disponibles ce jour-là est corrigé du biais mesuré, puis l'ancrage historique lui est appliqué, exactement comme dans le modèle publié. La volatilité de chaque parti est celle qui reproduit le run vérifié du 1er septembre. Il ne s'agit donc pas d'un rejeu Monte-Carlo à chaque date, mais de la même chaîne de calcul résolue analytiquement.
Le contrôle passe : au 1er septembre la courbe donne le BSW à 3 % et les Grünen à 43 %, contre 3,5 % et 37 % pour le modèle complet. L'écart résiduel vient de l'absence de simulation, qui lisse les queues de distribution. Un rejeu intégral des vingt mille tirages à chaque date resserrerait ces valeurs sans changer la forme des courbes.
Les deux courbes se croisent le 8 mars 2025. Avant, la CDU était donnée gagnante avec une quasi-certitude ; après, l'AfD, et l'écart n'a fait que se creuser. Au 1er septembre elle arrive en tête dans plus de 99 % des cas. C'est la seule question du scrutin qui ne se pose plus.
Probabilité dérivée de la dispersion des sondages publiés autour de la moyenne mobile, et non d'un rejeu du modèle complet.
| Parti | Sans les Grünen | Avec les Grünen | |||
|---|---|---|---|---|---|
| sièges | 90 % | sièges | 90 % | écart | |
| AfD | 39 | 33-43 | 39 | 36-41 | = |
| CDU | 25 | 20-32 | 25 | 18-31 | = |
| Die Linke | 13 | 9-17 | 13 | 9-17 | = |
| SPD | 8 | 6-11 | 8 | 6-11 | = |
| Grünen | 0 | 0-0 | 6 | 5-7 | +6 |
Contre-intuitivement, l'entrée des Grünen ne coûte de sièges à personne. Elle agrandit le Parlement : 85 sièges en médiane sans eux, 91 avec, parce que leurs six sièges s'ajoutent sans réduire les mandats directs déjà acquis par les autres. L'AfD conserve ses 39 sièges dans les deux cas, ses 39 mandats directs sur 41 circonscriptions étant intangibles.
Mais le seuil de majorité monte avec le Parlement, de 43 à 46 sièges. La probabilité que l'AfD gouverne seule passe de 13,4 % à 2,5 %, soit cinq fois moins, sans qu'elle ait perdu un seul siège. C'est le vrai effet : les Grünen ne prennent rien à personne, ils relèvent la barre.
Dans la branche où ils entrent, CDU + SPD + Grünen atteint 2,6 % et devient la première combinaison majoritaire, devant l'AfD. Elle n'existe pas du tout dans l'autre branche.
Médianes sur 20 000 simulations, dont 11 413 avec les Grünen et 8 587 sans. Le contrôle de cohérence passe : aucun parti n'obtient moins de sièges que de mandats directs remportés.
| CDU | 37,1 % | |
| AfD | 20,8 % | |
| Die Linke | 11,0 % | |
| SPD | 8,4 % | |
| FDP | 6,4 % | |
| Grünen | 5,9 % | |
| Autres | 10,4 % |
Un modèle prédictif n'est pas un sondage de plus. Un sondage interroge un échantillon et décrit l'opinion à un instant donné. Un modèle n'interroge personne. Il rassemble ce qui est mesurable, les enquêtes publiées et les résultats des scrutins passés, et en tire une distribution de résultats possibles, avec leur probabilité.
L'AfD est donnée première dans 97,7 % des simulations, et elle remporte en moyenne 38,5 des 41 mandats directs. Ce n'est pas le sujet. Le sujet est la barre des 5 % : un parti qui la franchit entre au Landtag, un parti qui la manque n'a aucun siège. Les Grünen sont donnés à 5,15 % et entrent dans 56,3 % des simulations. Cette seule incertitude déplace six sièges, relève le seuil de majorité de trois sièges et divise par cinq les chances de l'AfD de gouverner seule.
Dans 89,7 % des tirages, aucune coalition à la fois majoritaire et politiquement praticable n'existe. L'article 65 alinéa 2 de la Verfassung du Land permet d'élire un Ministre-président à la majorité des suffrages exprimés au troisième tour. L'alternative la plus probable est une majorité absolue de l'AfD seule, dans 7,2 % des tirages.
Le modèle ne se contente pas des sondages. Il les ancre dans le vote réellement exprimé : la régionale de 2021, les européennes de 2024 et les fédérales de 2025. Ce prior permet de contrebalancer les sondages qui se sont trompés lors de la dernière élection régionale en Saxe-Anhalt, où l'AfD était donnée au coude à coude avec la CDU, un scrutin finalement remporté par la CDU.
Notre modèle adopte un modèle de calcul des résultats précédents qui permet d'affiner précisément le vainqueur du scrutin, ainsi que les résultats par circonscriptions pour estimer : les sièges remportés au scrutin uninominal à un tour dans les circonscriptions ainsi que le nombre de sièges remportés au sein du scrutin de liste.
Une prévision unique donnerait un faux sentiment de certitude. Le modèle rejoue donc le scrutin vingt mille fois, en faisant varier ce qui est réellement incertain : l'erreur propre à chaque institut, la volatilité de chaque parti, et la corrélation entre eux. Il convertit ensuite chaque tirage en sièges selon la loi électorale de Saxe-Anhalt, méthode Hare-Niemeyer, mandats excédentaires et compensation. Le Landtag n'a donc pas une taille fixe : 91 sièges en médiane quand les Grünen entrent, 85 sinon, et le seuil de majorité est recalculé à chaque tirage, 46 ou 43 selon la branche.
Deux paramètres ont été révisés le 3 septembre, après un test du modèle sur trois scrutins passés dont le résultat est connu : la Saxe-Anhalt et le Mecklembourg de 2021, et Berlin en 2023. Nous avons modifié le poids de certains scrutins dans l'ancrage historique, les européennes s'étant révélées la composante la moins prédictive des trois. Et la demi-vie d'un sondage a évolué.
Les choix de méthode qui relèvent d'un arbitrage plutôt que d'une mesure sont signalés comme tels. Aucune probabilité n'est affichée à 0 % ni à 100 % : l'incertitude est le produit de ce modèle, jamais son défaut.
Intentions de vote : instituts publiant sur la Saxe-Anhalt, agrégées et corrigées du biais mesuré sur les scrutins passés. Résultats électoraux : Landeswahlleiter de Saxe-Anhalt et Bundeswahlleiterin, données ouvertes sous licence dl-de/by-2-0. Exclusions de coalition : déclarations publiques sourcées et datées, registre consultable. Le moteur est à graine reproductible, deux exécutions donnent le même résultat au bit près, et il reproduit exactement les 97 sièges attribués en 2021. La couverture de ses intervalles à 90 % est mesurée à 93 % sur six scrutins passés.
Tous les droits appartiennent au Millénaire SAS, domicilié au 47 rue de Vivienne, 75002 Paris.
Modèle conçu par
Directeur du projet : William Thay
Directeur adjoint du projet : Pierre Clairé
Analyse politique et data : Matthieu Hocque
Analyse data, mathématiques et validation : Florian Gérard-Mercier