Tribune de William Thay, Président du Millénaire dans Le Figaro sur la défense des intérêts français au sein des Institutions européennes

Tribune de William Thay, Président du Millénaire dans Le Figaro sur la défense des intérêts français au sein des Institutions européennes

Retrouvez la tribune du Président du Millénaire, William Thay, dans Le Figaro sur la défense des intérêts français au sein des Institutions européennes.  

 

Il devient urgent d’envoyer les meilleurs à Bruxelles! Avec les élections européennes, nous ferons un choix pour la France.

Critiquer la mondialisation et son ersatz territorial qu’est l’Union européenne est devenu un sport national. Il faut dire que quand les intérêts économiques allemands sont menacés (comme sur l’acier et l’aluminium face aux droits de douane américains), celle-ci réagit immédiatement et menace de prendre des mesures de rétorsion. Au contraire, dans les négociations commerciales face aux grands pays agricoles comme le Canada, l’Argentine ou le Brésil, la France doit accepter de faire des concessions mortelles pour son agriculture.

On a raison de critiquer la bureaucratie bruxelloise. Mais on a tort de rendre l’Union européenne responsable de tous les maux. Si les termes des traités de libre-échange nous donnent le sentiment que Bruxelles nous trahit, c’est d’abord parce que nos intérêts sont très mal défendus au moment de la définition des mandats de négociation. La France se retrouve à sacrifier son agriculture pour l’industrie allemande.

Les transferts successifs de souveraineté nous ont conduits à une situation où nous sommes désormais amenés à négocier avec nos partenaires des politiques publiques à mettre en œuvre. Et non des moindres: politique agricole commune, politique de l’énergie, politique commerciale, politique environnementale, politique sociale… Il faut donc se battre pour que nos intérêts soient mieux défendus dans les structures où se décident les grands choix européens: Commission, Coreper (1) et Parlement.

Il semble que, manifestement, de nombreux parlementaires européens ne prennent pas assez au sérieux l’importance de leur travail: les statistiques sur la présence en séance en attestent.

C’est pourquoi Les Républicains s’engagent aujourd’hui à présenter des candidats qui ont toujours fait part de leur volonté de défendre les intérêts de la France et des Français, au sein d’une Union européenne porteuse de valeurs humanistes et sociales, qui font sens au regard de notre famille politique, héritière du gaullisme social.

La France ne se donne pas les moyens de défendre ses intérêts, en particulier économiques, dans les enceintes européennes.

Au niveau institutionnel, le personnel politique français ne défend pas assez les intérêts de notre pays. Le Parlement européen dispose de toute une série de commissions permanentes (2) dont les rôles clefs sont délaissés par les députés français. La commission du commerce international, par exemple, est présidée par le député Bernd Lange, de nationalité allemande…

Une présence française renforcée au sein des commissions de l’industrie, de la recherche et de l’énergie ou des affaires étrangères par exemple serait nécessaire, compte tenu des compétences tricolores dans ces domaines. À l’initiative de grands projets continentaux comme EADS, bénéficiant d’une expertise reconnue dans le domaine du numérique et disposant par ailleurs du troisième réseau diplomatique au monde (derrière les États-Unis et la Chine), la France apparaîtrait de nouveau comme le fer de lance de la politique européenne, et dialoguerait enfin d’égal à égal avec l’Allemagne d’Angela Merkel.

La décision européenne d’ouvrir le marché européen aux produits agricoles venus d’Amérique du Sud ou du Canada, alors que les normes sont moins exigeantes que les nôtres, symbolise en un certain sens le déclin de l’influence française auprès des institutions communautaires. Une telle politique menace non seulement notre santé publique, mais aussi et surtout toute une partie de notre monde agricole: nos campagnes, nos territoires, notre patrimoine culinaire. C’est pourquoi nos intérêts à l’extérieur doivent coûte que coûte être défendus dans les arcanes européens. C’est possible, et, pour la première fois, nous allons nous en donner les moyens.

 

L’élection européenne est en réalité une élection nationale.

La politique du président Macron ne permettra pas de rééquilibrer notre position en Europe.

Au niveau européen, le projet d’Emmanuel Macron revient à créer un grand pouvoir budgétaire en zone euro qui sera placé directement entre les mains de l’ordo-libéralisme allemand, alors que le pouvoir budgétaire est le seul qui nous reste. Nos voisins ont déjà une influence majeure sur la Banque centrale, qu’ils vont affermir lors de l’élection du prochain président, qui sera selon toute vraisemblance allemand ou d’obédience allemande. De plus, des questions de première importance sont totalement absentes du projet d’Emmanuel Macron: rien n’est prévu à l’échelon européen pour empêcher de nouvelles vagues d’immigration.

Au niveau national, la politique de notre Président, avec l’accroissement de la dépense publique, nous lie les mains sur tous les plans. Elle creuse la dette et nous condamne à l’asphyxie. Nous ne pourrons bientôt plus envisager un seul projet d’envergure à cause de notre endettement. Nous n’aurons plus les moyens de nos ambitions mondiales et de notre indépendance: un second porte-avions sera trop cher, une agriculture française autonome aussi.

Voter aux élections européennes, c’est faire un choix pour la France.

Si l’on regarde les choses en face, l’élection européenne est en réalité une élection nationale. Elle peut avoir des répercussions majeures sur la vie quotidienne des Français, au même titre que l’échéance présidentielle. L’élection européenne, c’est celle qui porte la voix de la France dans un club de vingt-sept États et qui détermine les rapports de force au sein d’un concert de nations qui n’ont pas toujours les mêmes intérêts.

Seule l’élection européenne peut changer l’Europe. Là encore, ne soyons pas naïfs. Quitter l’Europe, c’est la livrer aux Allemands et subir une politique dictée de l’extérieur de façon plus prégnante qu’aujourd’hui. Envisageons sérieusement de peser sur l’Europe, d’autant que depuis le Brexit, le poids démographique des pays du Sud nous permet désormais d’exiger une politique de rééquilibrage massif en notre faveur, tant au niveau économique que politique.

Nous voulons une France renforcée au sein de l’Union européenne.

Nous voulons aujourd’hui une Europe des nations au service des peuples, où les nations conservent la plus grande liberté d’action possible.

 

Nous voulons une Europe des nations au service des peuples.

Nous voulons une Europe du concret. Une Europe qui ne prétend pas tout régir et tout réglementer. Une Europe qui favorise le citoyen et non le consommateur. Une Europe qui avance sur des projets ambitieux en permettant des synergies entre les États.

Au sein de cette Europe, la France a toute sa place et doit incarner de nouveau le rêve d’un continent uni capable de défendre les intérêts des États qui le composent dans un contexte de concurrence exacerbée entre la Chine et les États-Unis. L’Union européenne doit enfin être ce véhicule au service des nations destiné à conquérir de nouveaux marchés et non celui visant à les déstabiliser.

Une telle vision ne saurait se réaliser sans une influence française renforcée. Charge aux futurs députés de l’incarner.

 

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