Trappes : le séparatisme ordinaire

Editorial du Millénaire

Le séparatisme se retrouve au cœur du débat démocratique : avec la discussion au Parlement du « Projet de loi confortant le respect des principes de la République », visant à lutter contre le séparatisme, mais aussi la situation de la ville de Trappes. Le lanceur d’alerte, Monsieur Didier Lemaire, ancien professeur de philosophie dans cette ville, y dénonce l’inefficacité de l’Etat pour lutter contre l’islamisme. Cette ville est le reflet d’un abandon, d’un déni et d’un clientélisme de la part de certains dirigeants politiques, livrant progressivement la France au totalitarisme islamique.

Depuis quelques semaines, Trappes, ville de 32 000 habitants, située dans les Yvelines, fait couler de l’encre. Et pour cause, Monsieur Didier Lemaire, ancien professeur de philosophie au lycée de la Plaine-de Neauphle à Trappes et  membre du parti républicain solidariste, a dénoncé récemment l’inaction étatique contre l’islamisation de sa ville..  Il existe, selon lui, « une progression d’une emprise communautaire » dans cette ville. Et de rajouter « il y a une absence de stratégie de l’Etat pour vaincre l’islamisme ». En 2018, Monsieur Didier Lemaire avait envoyé une lettre destinée au président de la République dans le but de l’alerter de la situation que connait sa ville et plus spécifiquement le milieu scolaire. situation ne cesse de se détériorer au cours des années suivantes. C’est alors, qu’en novembre 2020, ce professeur publia une tribune dans L’Obs afin d’alerter l’opinion publique en lançant un appel à la résistance face à la menace islamiste. Les attaques et les critiques à l’encontre de ce professeur n’ont cessé depuis, à commencer par le maire de Trappes, Ali Rabeh. Il est alarmant de constater que lorsqu’un lanceur d’alerte constate des problèmes sociétaux, des menaces sont systématiquement prononcés par la suite. L’islam en France est devenu un sujet tabou dû aux nombreux politiciens et médias qui optent pour l’abstention en la matière.

Cette abstention illustre la progression indéniable du totalitarisme islamique, qui parvient à faire taire nos élus. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, tels sont les termes utilisés pour définir notre pays dans l’article 1 de la Constitution. Et pourtant, un groupe politico-religieux minoritaire en France tente d’imposer une idéologie anti-républicaine. Depuis plusieurs années, les pouvoirs successifs ont laissé s’installer en France cette menace islamiste. Cette idéologie est d’autant plus problématique, qu’elle est incompatible avec notre histoire, nos droits et libertés fondamentales, notre culture et nos valeurs. Selon une enquête de l’IFOP, datant de septembre 2019, 37% des français de confession musulmane souhaitent que la laïcité s’adapte à l’islam, dont 49% des jeunes musulmans de moins de 25 ans. De plus, 27% des musulmans résidant en France souhaiteraient que la charia s’impose aux lois de la République. Le séparatisme au quotidien prend plusieurs formes dans nos communes françaises telles que l’interdiction de séjour des femmes dans les bars, au sein de certains coiffeurs, les fillettes voilées, l’antisémitisme, l’exode des personnes non musulmanes. Au sein de la ville de Trappes, environ 400 personnes sont fichées S. Entre 2014 et 2016, cette ville a fourni 67 candidats pour le djihad.

Parmi les valeurs de la République française, c’est indéniablement celle de laïcité qui est la plus touchée. Ce constat s’est tragiquement illustré en octobre 2020, lorsque le professeur d’histoire-géographie, Monsieur Samuel Paty, est décapité à la sortie de son collège. Quelques jours plus tôt, lors d’un cours sur la liberté d’expression, cet enseignant a affiché les fameuses caricatures de Mahomet dessinées par le journal Charlie Hebdo Cette tragédie alerte sur le rejet, de plus en plus important, de la laïcité dans notre société et en particulier au sein de la jeune génération Selon une enquête de l’IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès et Charlie Hebdo publiée le 6 janvier 2021, 49 % des professeurs déclarent s’être déjà autocensurés dans leur enseignement sur les questions religieuses, dans le but d’éviter des incidents en classe. Ce même constat en 2018, s’élevait à seulement 36%. De plus, 40% de ces professeurs interrogés disent avoir connu des incidents sur les questions relatives à la restauration scolaire. Le résultat est alarmant. Désormais, les élèves sont de plus en plus nombreux à contester la loi de 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l’école. Cette contestation est devenue le quotidien du corps professoral. Environ 84% des enseignants ont signalé ces incidents, d’après la même enquête ; Il est prouvé que ces signalements auprès du rectorat et de la direction de leur établissement n’aboutissent à aucune suite favorable d’amélioration de cette situation inquiétante. Parallèlement à ce refus de la laïcité, la banalisation de la haine et du crime au sein de cette jeune génération est de plus en plus inquiétante. Environ 45% des lycéens musulmans interrogés ne condamnent pas totalement les auteurs des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.  Cependant, malgré ces signaux alarmants, une grande partie des responsables politiques s’efforcent de nier la réalité et de laisser se propager la menace islamiste au sein de notre jeunesse.

Dans le cas de la ville de Trappes, nous avons pu constater le déni du maire, Ali Rabeh, face à ce fléau. En distribuant des tracts au sein de l’école du professeur Didier Lemaire, Monsieur Ali Rabeh instrumentalise et manipule une partie des citoyens de sa commune en politisant les plus jeunes. La formule employée dans sa lettre distribuée au lycéen est la suivante : « les propos violents tenus contre vous et les Trappistes, qui condamnent par avance, qui relèguent, qui excluent », Il a également conseillé les élèves : « Débattez toujours dans le respect et la bienveillance, confrontez vos points de vue loin des caricatures et avec réflexion. » Il est consternant de remarquer que les élèves de l’établissement sont utilisés à des fins de politiques locales. En effet, il serait illusoire de croire qu’Ali Rabeh tiennent ses propos par pure conviction. Il est plus vraisemblable de penser que les élections municipales et le souci de conserver son électorat soit ici en jeu. Dans une ville, où 70% de la population se déclare de confession musulmane et où l’islam radical gagne du terrain, il est tentant de prendre part à ce clientélisme dangereux. Cette méthode est d’autant plus révoltante que le rôle d’un maire est de protéger ses habitants et de défendre les valeurs de la République ; ils sont des acteurs locaux qui ont connaissance des fractures françaises. Face à une société tendue, ils incarnent la concorde et sont le pilier d’une démocratie solide et efficace. Ils ont pour rôle de relever les défis que les citoyens leur ont confiés à travers l’élection municipale. Il est certain que la tâche d’un élu est délicate mais il est essentiel qu’un maire ne cède à aucune facilité.

         Les élus locaux ne sont pas les seuls à blâmer : le gouvernement apporte une mince solution à ce fléau. Le projet de loi contre le séparatisme, s’intitulant « Projet de loi confortant le respect des principes de la République » en discussion actuellement au Parlement, en est l’incarnation. Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, ce projet de loi sera examiné au Sénat à partir du 30 mars. Les mesures apportées sont les suivantes : neutralité du service public, lutte contre les certificats de virginité, la polygamie et les mariages forcés, contrôle renforcé des associations, meilleure transparence des cultes et de leur financement, lutte contre la haine en ligne et l’encadrement de l’instruction en famille. Si ce projet de loi qui vise à réaffirmer les principes républicains est un outil supplémentaire dans notre combat contre l’islamisme, il ne peut pas être la seule réponse à ce fléaux  aux causes multiples, comme les flux migratoires incontrôlés ou la radicalisation dans les universités. Dans un pays, où des quartiers entiers voire des villes entières telles que Trappes sortent du cadre républicain, ce texte apparait donc comme insuffisant pour lutter contre l’islamisme. Et pourtant, lors d’un discours prononcé aux Mureaux, le président de la République avait nommé correctement la situation en évoquant « Le problème, c’est le séparatisme islamiste. Ce projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République (…) Le problème, c’est cette idéologie, qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République ». A travers ces quelques lignes, une lueur d’espoir était enfin apparue, en désignant correctement l’ennemi de la République. On s’aperçoit ici que nommer ne suffisait pas : agir aurait été préférable. 

Edito rédigé par Marie-Raphaëlle Billot

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