William Thay et Emeric Guisset dans Les Échos : « La France, malade d’une surdose de socialisme »

La crise sanitaire a montré les limites de notre État providence et de notre gestion bureaucratique qui interdit davantage qu’elle ne protège. Pour William Thay et Emeric Guisset du think tank Le Millénaire, la France souffre d’un excès de socialisme et la crise sanitaire doit être l’occasion d’un sursaut pour changer notre paradigme économique.

 

La France souffre d’un excès de socialisme. Si tous les maux de la France ne sont pas le fruit de réformes socialistes, l’état d’esprit dans lequel est plongé le pays depuis 1981 lui est en revanche grandement imputable, avec notre entrée ratée dans la mondialisation.

De plus, la crise sanitaire, montrant les limites de notre État providence possédant le record de dépenses publiques, doit être l’occasion d’un sursaut pour enfin vaincre cette idéologie pour nous tourner vers un nouvel horizon.

Etat social obèse

Lors de cette crise nous avons payé au prix fort des choix idéologiques privilégiant une gestion sociale à une gestion pragmatique et efficace. Tout d’abord, nous avons pu toucher du doigt les limites de notre arsenal industriel hérité de l’épopée gaullienne. Alors que nos industriels délocalisaient à un rythme important notre appareil productif en raison notamment de l’importance du coût du travail et de la fiscalité, nous avons préféré nous voiler la face. Une attitude de déni allant même jusqu’à faire de ce processus l’opportunité de créé et de mettre en œuvre le concept «d’entreprise sans usine». Chacun aura pu juger de l’utilité de cette innovation quand il manquait de masques, de tests et de respirateurs artificiels dans nos hôpitaux. Ceci relève d’un choix de facilité, celui de privilégier la revalorisation du SMIC plutôt que de favoriser l’innovation, de sacrifier notre compétitivité pour de vieilles lunes socialistes.

Les thèses socialistes d’accroissement du poids de l’État social obèse n’étaient déjà pas valables après les deux chocs pétroliers, mais elles ont été mises en difficulté avec la crise sanitaire. En effet, malgré nos records de dépenses publiques (56,5% du PIB), de prélèvements obligatoires (48,8%) et de dépenses sociales (31%), notre système de santé a été mis à rude épreuve et que notre pays connaîtra plus de 10 millions de pauvres à la fin de l’année. Pouvons-nous encore nous satisfaire d’un système à bout de souffle, avec d’un côté un accroissement continu de la part des dépenses publiques et de l’autre côté une baisse de la quantité et qualité des services publics ?

Bureaucratie tentaculaire

Cette situation est aussi le fruit d’une bureaucratie toujours plus tentaculaire avec une emprise forte sur la vie économique. Nous avons droit à des décisions restreignant davantage les libertés notamment celle d’entreprendre. Les hauts fonctionnaires sont trop souvent persuadés qu’ils ont raison envers et contre tous. Ils symbolisent ainsi la critique portée contre le pouvoir actuel, avec une certaine arrogance illustrée par le manque de considérations venant d’autres horizons comme celle du terrain ou de l’entreprise.

Nous assistons cependant à un retour des solutions magiques à commencer par celui de l’argent gratuit. La socialisation des pertes résultant des choix de confinement, restreint encore davantage nos moyens d’actions alors que nous entrons progressivement vers une optique de relance. En définitive, nous dépensons de l’argent que nous n’avons pas. Seulement la crise de 2008 a démontré que les pays européens avaient dû recourir à des politiques de rigueur avec la crise des dettes souveraines. In fine, ce sont toujours les mêmes contribuables qui sont sollicités au détriment de décisions fortes, certes impopulaires mais qui évitent d’alourdir davantage le fardeau des générations suivantes.

Liberté, protection, nation

Nous entrons dans une nouvelle ère conflictuelle marquée par le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis pour le leadership mondial, et nous devons trouver notre place. Si notre devise nationale reste «liberté, égalité, fraternité», nous devons adopter une nouvelle devise en matière économique reposant sur la liberté, la protection et la nation. Il s’agit de bâtir une nation d’industriel et de savants réconciliant la liberté d’entreprendre et le besoin de protection, qui restaure la compétitivité de nos entreprises et encourage l’innovation tout en protégeant nos acteurs économiques. Pour cela il est nécessaire de changer de paradigme : la politique qui utilise tous les moyens à sa disposition pour aider ses acteurs économiques dans la compétition mondiale dans un intérêt national face à une concurrence parfois faussée et déloyale menée par des États-puissances.

La crise sanitaire a démontré les failles de notre modèle pour faire de la France l’homme malade d’une Europe déclassée par à l’est-asiatique et aux États-Unis. Pour opérer notre mutation vers la nation d’industriels et de savants, nous devons vaincre le socialisme qui tente d’opérer un retour à l’aube de la crise sociale. Il s’agit ainsi de gagner une bataille idéologique avant l’arrivée des «jours heureux». C’est par le travail que nous financerons le coût de cette crise et non avec des remèdes magiques d’un autre temps.

Par William Thay, Président du Millénaire
Emeric Guisset, Secrétaire général adjoint du Millénaire

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