L’essence nouveau fardeau des Français

Editorial du Millénaire

Depuis quelques semaines, une pénurie de gaz naturel et de charbon dope la demande mondiale de pétrole. Face à cela, les pays membres du cartel de l’OPEP restreignent leur production de barils, au grand dam du porte-monnaie des Français. Le prix à la pompe de l’essence SP 95 a atteint 1,657 euro en moyenne, celui du gazole 1,558 euro, et s’approchent dangereusement des records de 2012.

Derrière l’essence, un matraquage fiscal

L’essence est un produit de première nécessité taxé comme un bien de luxe. Comprendre son prix élevé n’est guère compliqué. Par exemple, les stations essence ont dû se défendre en évoquant leur maigre marge d’1 centime au litre sur la vente d’essence aux particuliers. Alors un simple calcul est apparu, 60 % de taxes contre 40 % de prix réel de l’essence.

L’essence et le gazole à la pompe sont en France assujettis à une TVA de 20%, le taux moyen fixé pour la majorité des biens et prestations de service des  non-essentiels. Ainsi le taux appliqué à la TVA sur l’essence et le gazole est plus élevé que ne l’est celui des prestations de campings, de foires et au transport de voyageurs. L’essence se retrouve alors mis à l’échelle des produits non-essentiels ou quasi non-essentiels alors même qu’une grande partie des français a besoin de sa voiture pour se déplacer au travail, faire ses courses ou assurer une vie de famille.

L’essence et le gazole à la pompe sont assujettis à une TVA de 20%, c’est-à-dire le taux moyen fixé pour la majorité des biens et prestations de service non-essentiels. A titre de comparaison, c’est plus que pour les prestations de camping, de foire et au transport de voyageurs. L’essence se retrouve alors mise à l’échelle des produits communs alors même que les Français, dans leur grande majorité, sont tributaires de leur voiture pour leurs déplacements quotidiens.

A cette TVA excessive s’ajoute la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE). Pour plusieurs ménages, différents systèmes d’aide pour le carburant existent tels que les chèques énergie ou encore la prime de transport, la plupart sous condition de ressources. Derrière ces rétributions, se cache en fait une bureaucratie qui ne dit pas son nom. Les entreprises ne peuvent effectivement pas défiscaliser le forfait kilométrique de leurs salariés, alors que cette mesure bénéficierait aux classes moyennes qui subissent de plein fouet ce matraquage fiscal et social. Cette taxe intérieure nationale, qui comprend la décriée taxe carbone, pèse inégalement sur le pouvoir d’achat des Français selon leur véhicule ou leur zone géographique.

Les classes moyennes, une nouvelle fois grandes oubliées

Les classes moyennes, comme souvent, se retrouvent oubliées face à la montée des prix du carburant. Pourtant une grande partie des classe moyenne n’habite pas directement dans la zone d’attraction d’une métropole mais plutôt dans sa banlieue si ce n’est dans la 2ème ou la 3ème couronne des métropoles. Ainsi, les ménages concernés doivent utiliser une voiture pour se rendre au travail s’ils ne veulent pas passer entre 1 h à 2 h matin et soir dans les transports pour se rendre au travail.

La part des carburants dans le budget des ménages moyens est considérable. En effet on estime entre 400 et 500 euros le budget carburant par mois d’un foyer possédant 2 voitures pour aller travailler et devant faire un plein par semaine. Lorsqu’en 2020 le revenu disponible moyen des ménages était de 2859 euros par mois, il apparaît alors difficile pour une famille de boucler le budget carburant à la fin du mois.

Face au poids de la bureaucratie et au poids des taxes, l’Etat n’offre aucune solution viable pour les Français des classes moyennes qui se retrouvent à devoir à nouveau payer la facture.  

Une situation pré-gilets jaunes contre la taxonomie française

Face à ce manque de solution, les classes moyennes se sentant de plus en plus démunies voient le retour d’une situation similaire à celle précédent le mouvement des gilets jaunes. En effet, le carburant avait été le catalyseur des contestations des gilets jaunes à l’automne 2018 refusant une nouvelle augmentation des taxes sur le carburant. En cet automne 2021, la situation ressemble à s’y méprendre à 2018 sauf qu’ici les classes moyennes basses ne revendiquent pas un arrêt de l’augmentation des taxes mais la baisse de celles-ci étant donné le coût qu’elles font supporter à des budgets déjà affaiblis par la crise COVID.

Depuis quelques jours une rumeur du retour des gilets jaunes ne désemplie pas. En effet, des groupes Facebook auraient comme projet de recréer un mouvement de contestation ayant comme objectif in fine de pousser l’Etat à réduire les taxes sur les carburants. Cependant, la position de l’Etat sur la question semble claire et Bruno Le Maire a confirmé ne pas vouloir baisser les taxes sur les carburants en assurant que l’Etat ne se fait pas d’argent sur la tête des Français. Ces déclarations n’ont pas manqué de créer de la colère et de l’indignation chez les ménages français subissant de plein fouet une augmentation du prix des énergies.

La réalité du terrain rattrape désormais le Gouvernement qui ne semblait pas craindre une nouvelle crise sociale à 6 mois du scrutin présidentiel. Toutefois, en accumulant les déclarations contre une baisse des taxes et en faisant preuve d’incompréhension sur la situation des ménages moyens, le Gouvernement semble très proche d’attirer de nouvelles scènes de colères populaires alors qu’en parallèle il n’hésite pas à dépenser des centaines de millions dans des projets secondaires à but purement électoral.

Par Hugo Ragain

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