L’enjeu de la relocalisation

A partir des années 80, l’économie a connu un phénomène de mondialisation extrêmement rapide, plaçant les entreprises françaises face à des productions et des investisseurs pouvant se situer aux quatre coins du globe. Ceci a été permis par la mise en place d’un état du droit favorable au développement des échanges commerciaux internationaux (sous l’égide du GATT puis de l’OMC) et à la déréglementation des marchés, la diminution continue des coûts de transport et la conteneurisation, enfin le développement des nouvelles technologies de communication et du réseau internet. Les économies sont devenues de plus en plus intégrées, les échanges avec l’extérieur représentant une part croissante du PIB de chaque pays. Une part importante des productions nationales de certains pays développés a été délocalisée dans des pays en développement et notamment en Asie. Pour la France ceci s’est traduit par une perte de poids dans l’économie mondiale : la part des exportations de biens et services dans les exportations mondiales étant passée de 6,3 % en 1990 à environ 3,5 % en 2018.

La mondialisation “heureuse” qui apparaissait dans les années 90 comme l’horizon souhaitable de nos économies a pris fin au début des années 2000 avec l’émergence d’une nouvelle discipline – la géoéconomie, puis plus franchement avec la crise de 2008. On s’aperçoit alors que les promesses du nouveau monde “sans frontière” ne sont pas sans danger car apparaissent de nouvelles stratégies de prédation qui intègrent notamment le volet économique. Cette nouvelle ère a été exacerbée avec la diplomatie américaine depuis 2017. En 30 ans, en Occident, on est donc passé de la mondialisation « heureuse », et parfois naïve, à une mondialisation qui se veut plus raisonnée – voire méfiante. On a surtout compris que nos économies devenues hyperconnectées, avec des chaines de valeur très fragmentées et fortement couplées, si elles sont plus performantes en régime de croisière, sont aussi moins résilientes en cas de perturbations, et sujettes à des turbulences, voire des crises, de plus en plus violentes et fréquentes.

Par Édouard Gérondeau, analyste du Millénaire

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