Cancel Culture : notre Histoire en danger

Editorial du Millénaire

 

 Le monde de la danse et de la musique connaît une dérive inquiétante depuis quelques semaines. . Deux grandes institutions européennes, l’orchestre symphonique de Vienne et l’Opéra de Paris, sont la cible des défenseurs des minorités. Ibrahim Maalouf s’est fait remarquer pour ses critiques à l’encontre de l’orchestre symphonique, se plaignant de ne pas y voir assez de personnes représentatives des minorités.  Quant à Alexander Neef,directeur de l’Opéra de Paris, ce dernier prône l’abandon d’œuvres du répertoire classique, comme le Lac des Cygnes. Il participe ainsi à la déconstruction de notre culture en imposant une idéologie décolonialiste au sein de la plus belle des institutions françaises.

Depuis des années, la société française s’américanise dans plusieurs secteurs, en particulier dans celui de la culture, conséquence d’un soft power américain encore fort. . De nombreuses idéologies américaines s’importent et s’imposent sur notre territoire. , en particulier la « cancel culture », Cette dernière est une tendance dangereuse issue de l’extrême gauche qui favorise un appauvrissement du répertoire culturel, en censurant ou modifiant l’histoire. Sous couvert de défense de la liberté d’expression et des minorités, cette idéologie de la censure s’oppose publiquement à l’homme blanc hétérosexuel, considéré comme le mal incarné.

Cette idéologie est venue jusque dans notre monde de la culture française, en remplaçant les débats s’apparentant au domaine artistique par des débats ne concernent plus l’art et sa création mais la couleur de peau des artistes. Pour quelle raison doit-on sans cesse établir une comptabilité de couleur de peau, de sexe ou d’origine ethnique ? Les Blancs se plaignent-ils de l’excès de musiciens Noirs présents lors des concerts de jazz ? Les militants d’extrême gauche sont-ils les premiers racistes, en cloisonnant l’Homme dans des cases ? Il faut d’urgence rétablir une défense de valeurs prônant l’universelle dignité de l’être humain. N’en déplaisent à certains, le constat est le suivant : Oui, les Blancs n’ont pas besoin d’une diversité pour atteindre un niveau d’excellence. Et ils n’ont pas à s’excuser de leur compétence dans le secteur culturel. La discrimination positive est pesante et sordide. Jusqu’où s’arrêtera ce nouveau courant de pensée qui supprime et modifie la culture ? Les mélomanes écoutent attentivement la musique et n’en n’ont que faire de l’identité et des valeurs des musiciens !

Et c’est sans protester que le monde de la culture se plie à ce diktat de la bien-pensance. Ce clientélisme déplorable mène à la modification de nos traditions culturelles.   En acceptant les règles de cette idéologie de la censure, le monde de la culture ne fait que se défendre : par peur de recevoir les critiques acerbes, voire violente, des adeptes de la cancel culture, elle préfère se soumettre à leurs injonctions. Par ce clientélisme, la cancel culture et le monde de la culture participent à créer une société intolérante, un gouvernement répressif qui a pour mission de faire taire les personnes pensant différemment. Les antiracistes défendent l’obscurantisme. Pas de doute, nous sommes loin de la démocratie !

Le mode d’action de cette partie de l’extrême-gauche est simple : il commence par refuser et empêcher le dialogue. Ils se sont à nouveau illustrés récemment lors de la polémique autour de la Philharmonique de Vienne créée par Monsieur Ibrahim Maalouf..  Ce dernier a été profondément choqué par le manque de diversité ethnique au sein de l’orchestre.  A la suite de cela, de nombreuses réactions ont surgi et dont la plupart se sont retournées contre l’artiste. La violoniste Madame Zhang-Zhang s’est opposée publiquement à ces propos scandaleux. Cette dernière s’est permise de lui rappeler quelques notions qui lui ont certainement échappées. En effet, le concours de recrutement des orchestres symphoniques professionnels se déroule derrière un paravent. Seule la performance des artistes est évaluée par le jury. Fidèle aux réactions de de l’extrême-gauche, Monsieur Ibrahim Maalouf a estimé, par la suite, que les attaques à son encontre venaient de la fachosphère. De plus, à court d’arguments, il s’est attaqué au passé personnel de la violoniste. Le mode d’action est toujours le même : il consiste à opposer ceux membres du camp du Bien, eux, et ceux du Mal, la fachosphère Votre appartenance à l’un des deux camps déterminent votre liberté d’expression.

Cette idéologie s’impose de plus en plus comme étant un séparatisme cloisonnant les populations. En reconnaissant les individus par leur appartenance ethnique, sexuelle, voire politique, ces défenseurs des minorités n’ont fait que séparer les populations. A cette séparation s’ajoute un système de valeur : il faut être dans la bonne catégorie sexuelle, ethnique et politique pour pouvoir faire partie du camp du Bien. Autrement, vous êtes relégués au camp du Mal, devant être combattu et tu.  Pourtant, les arts et la culture sont le symbole de la liberté d’expression et de l’ouverture d’esprit. Ils sont les meilleurs remparts contre la barbarie. Le repli identitaire, le refus de l’altérité et la haine de l’Autre sont des phénomènes actuels, perçus comme trop récurrents dans le secteur culturel. Selon l’illustre auteur qu’est Victor Hugo, « l’art civilise par sa puissance propre ».

A vouloir imposer cette nouvelle vision de la culture, ils finiront par petit à petit détruire la nôtre pour la remplacer par une qu’ils jugent plus conforme à leurs préceptes. Certains directeurs de grandes institutions tels que Monsieur Alexander Neef, directeur de l’Opéra de Paris, souhaitent faire changer les mentalités françaises en modifiant la culture, considéréecomme élitiste. Suite à un entretien accordé au Monde, le directeur de l’Opéra de Paris, s’est exprimé sur la place qu’avaient les danseurs issus des minorités dans sa somptueuse institution. « Certaines œuvres vont sans doute disparaître du répertoire. Mais ça ne suffira pas. Supprimer ne sert à rien si on ne tire pas les leçons de l’histoire. » Ces propos ont suscité de nombreuses polémiques. Dans une logique délirante, l’Opéra s’apprête donc à modifier ses décors, son répertoire classique tel que le Lac des Cygnes, Casse-Noisette et la Bayadère, ainsi que ses danseurs et ses costumes dans un ultime but qui est celui de satisfaire la sphère décolonialiste d’extrême gauche. Il est regrettable que les plus belles institutions françaises se laissent formatées par cette idéologie sordide. Il existe une véritable haine envers notre culture, une volonté de la détruire

Dans le contexte actuel, il parait indispensable de résister face à cette idéologie décolonialiste, prônant un soi-disant progressisme, qui  en réalité est le reflet d’un sévère obscurantisme. La culture est la pierre angulaire de l’édifice social. Cette dernière a pour fondements les arts ainsi que la création. Il ne peut y avoir de civilisation sans culture. Il est nécessaire de lutter contre cette culture hégémonique mondialisée qui tente de s’imposer en France. Ce monde de la culture reflète la transmission, la liberté d’expression, les traditions ainsi qu’un savoir-faire. Les arts et le domaine culturel ne doivent pas être muselés. Selon Monsieur Joseph Beys, l’Homme ne pourrait vivre sans art. Ce secteur a pour force de nourrir intellectuellement, moralement et spirituellement l’Homme. Cela signifie que les politiques culturelles ont pour mission de lutter contre le communautarisme qui ne cesse de progresser dans certains domaines artistiques. Ce défi doit être une priorité pour nos plus belles institutions culturelles françaises. La liberté, l’égalité ainsi que la fraternité sont des notions républicaines essentielles qui doivent s’appliquer dans ces lieux. Le domaine culturel chemine vers un idéal universel, combattant les communautarismes ainsi que les replis identitaires.

 Le Président de la République a fait le choix de ne pas combattre cette haine. En effet, Monsieur Emmanuel Macron a déclaré dans une interview diffusée par le média Brut, « Moi, je ne crois pas à ce qu’on appelle la Cancel Culture, je ne crois pas à l’idée qu’on efface ce que l’on est. Par contre, ce qui vrai, c’est qu’il y a toute une part de notre histoire collective qui n’est pas représentée. Il y a toute une part de notre histoire qui parle à notre jeunesse qui est noire, […] maghrébine. Ils ont leurs héros, simplement on ne les a pas reconnus, on ne leur a pas donné une place ». Et de rajouter, il faut « une forme d’appel à la contribution collective et qu’on essaye d’identifier 300 à 500 noms, et que, d’ici au mois de mars, on puisse avoir une espèce de catalogue de 300 ou 500 noms de ces héros, et qu’on puisse ensuite décider d’en faire des rues, des statues… » A travers ces quelques lignes, notre cher Président prouve aux français qu’il fera le nécessaire pour œuvrer à l’ensevelissement de notre culture française. Serait-ce donc la fin de notre roman national ? La réécriture de notre Histoire est en marche !

 

Par Marie-Raphaëlle Billot, analyste au Millénaire

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